Depuis le 4 octobre, les chasseurs ariégeois pouvaient abattre jusqu’à 670 perdrix grises des Pyrénées. Par une ordonnance du 14 octobre, la juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, saisi par One Voice, a suspendu l’arrêté préfectoral. La saison était à mi-parcours : jusqu’au 25 octobre, les perdrix qui ont survécu ont quelques jours de répit.
Pendant dix jours, sur les pentes du Piémont et de la Haute-Chaîne, des compagnies de perdrix ont été levées par les chiens, pourchassées, tirées en vol, à raison de deux oiseaux par jour et par chasseur. Combien sont tombées net, combien sont allées agoniser plus loin, touchées par des plombs mal ajustés ? Personne ne le dira. Ce qui est sûr, c’est que rien de cela ne répondait à une nécessité. Ces perdrix ont été tuées pour un loisir.
Un arrêté déjà annulé, reconduit malgré tout
Le 12 novembre 2025, le même tribunal avait annulé un arrêté équivalent pris pour la saison 2024-2025. La préfecture l’a pourtant reconduit, et la juge en a tenu compte au titre de l’urgence. Elle relève surtout qu’aucune estimation précise de la population n’existe, et que les données des chasseurs contredisent celles de l’Observatoire des galliformes de montagne, sur lesquelles le préfet ne s’est pas appuyé. L’erreur de fait et la méconnaissance de la directive Oiseaux créent, selon elle, un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté.
On ne laisse pas compter les oiseaux à ceux qui veulent les tuer
Faire dire aux chasseurs combien il reste de perdrix pour fixer combien ils pourront en abattre : c’est cette logique que la justice vient d’écarter. La perdrix grise des Pyrénées, classée « quasi menacée », ne vit qu’en altitude et sort d’un été de canicules et de sécheresses. Quand personne ne sait combien d’oiseaux il reste, la seule réponse tenable est de cesser de tirer.
« Pendant dix jours, des perdrix ont été pourchassées, terrorisées, abattues pour le plaisir de ceux qui tiennent le fusil. Un arrêté équivalent avait déjà été annulé, et la préfecture l’a reconduit en se fiant aux chiffres des chasseurs plutôt qu’à ceux des scientifiques. Nous attaquerons chaque arrêté, département après département », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.
Représentée par le cabinet Gossement Avocats, One Voice reste mobilisée : la suspension vaut jusqu’à ce que le tribunal se prononce sur le fond. Au-delà de l’Ariège, c’est la chasse des galliformes de montagne et des lièvres variables, partout où ces animaux luttent déjà pour survivre, que nous continuons de contester.

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