Le juge des référés du Conseil d’État a rejeté ce vendredi 11 septembre la demande de suspension déposée par One Voice contre l’arrêté du 26 août 2026, qui autorise la mise à mort de 12 000 tourterelles des bois. La voie est libre pour les chasseurs qui en ont déjà abattu près de 8000 en 12 jours… Notre recours pour excès de pouvoir, lui, reste d’actualité : c’est l’annulation de cet arrêté que nous demandons, comme nous l’avions obtenue en 2021. Le Conseil d’Etat statuera alors sur sa légalité.
Près de 8 000 tourterelles tuées avant même l’audience
Le fond reste entier. L’arrêté, publié le 29 août et applicable dès le 30, porte le quota de 10 560 à 12 000 oiseaux et avait avancé de cinq jours l’ouverture : cinq jours de tirs de plus, au pic de la migration.
En douze jours d’ouverture, 1 113 chasseurs ont tué 7 995 tourterelles des bois. Ils se sont jetés sur leurs fusils pour en abattre le plus possible avant que le juge ne statue, ne laissant aucune raison de sauver celles qui n’ont pas encore été tuées. Ces oiseaux avaient mené leurs couvées dans des habitats brûlés par les incendies et la sècheresse de l’été, et entamaient leur migration vers l’Afrique, au moment où ils sont les plus nombreux et les plus faciles à tuer.
À l’audience, le déclin français n’a pas été contesté
Personne n’a soutenu qu’il y avait davantage de tourterelles des bois en France. La défense de cette chasse a consisté à déplacer la focale à l’échelle européenne, comme si la disparition de l’espèce dans notre pays était un détail. Les données n’ont pas bougé : l’UICN classe l’espèce « vulnérable », le programme européen PECBMS relève une chute de 88 % des effectifs entre 1980 et 2024, le Muséum national d’Histoire naturelle une baisse de 54,7 % en France entre 2001 et 2025, et le comité d’experts sur la gestion adaptative ne recommande pas cette chasse. Le 30 décembre 2021, le Conseil d’État annulait un arrêté semblable (n° 443460) : un quota ne suffit pas. C’est sur ce terrain que nous poursuivons.
« Douze jours ont suffi pour en tuer près de huit mille. Voilà ce que vaut un quota : l’Etat n’a jamais défendu ces oiseaux, il a organisé leur mise à mort, et les chasseurs ont couru pour les exécuter avant la décision du juge. Qu’est-ce qui justifie ce massacre ? Rien si ce n’est un abjecte loisir. » Muriel Arnal, présidente et fondatrice de One Voice.
One Voice remercie les scientifiques qui ont éclairé cette procédure de leur avis, et le cabinet Gossement Avocats, qui a remué ciel et terre pour ces oiseaux. Les tourterelles des bois ne sont tuées ni pour empêcher une surpopulation, ni pour préserver des cultures mais pour l’activité aussi écœurante que scandaleuse d’un millier d’individus. Nous continuerons notre combat pour l’interdiction de cette chasse.
Crédit photo : Girault Vincent

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