ActualitésAnimaux sauvagesOne Voice attaque l’arrêté ordonnant une battue contre un loup dans la Margeride

One Voice25 septembre 20263 min

Jusqu’au 8 octobre, lieutenants de louveterie et chasseurs sont autorisés à pourchasser et abattre un loup, « mâle ou femelle, jeune ou adulte », autour de six communes de Lozère et de Haute-Loire. Les préfectures invoquent des attaques de troupeaux. Mais la battue ne vise aucun loup en particulier : celui qui sera tué n’aura peut-être jamais approché une brebis. One Voice attaque l’arrêté. 

L’arrêté du 23 septembre pris par les préfectures de Lozère et Haute-Loire, prévoit des battues administratives et des tirs de nuit, autour des communes de Saint-Alban-sur-Limagnole, Fontans et Lajo en Lozère, Saugues, Chanaleilles et Thoras en Haute-Loire. Rien à voir avec un tir de défense, où le tireur se tient près du troupeau et ne peut tirer que sur un loup en train d’attaquer. Ici, les chasseurs fouillent les forêts et les prés-bois pour débusquer un loup et le mettre à mort là où ils le trouvent. Pendant quinze jours, de jour comme de nuit, il est traqué sur son propre territoire, là où l’on ne recense plus qu’un seul couple de loups. 

L’arrêté fait état de 56 attaques depuis janvier sur neuf communes de Margeride, pour 242 animaux tués ou blessés. Toutes sont classées « prédation loup non exclu » : la responsabilité d’un loup n’est pas écartée, elle n’est jamais établie. Et la battue ne cherche pas de coupable, n’importe quel loup fera l’affaire. Sur les 59 éleveurs ovins du secteur, 26 seulement sont engagés dans une démarche de protection de leurs troupeaux ; le texte laisse aux autres douze mois pour s’équiper. On sait où mène cette logique. Le 16 juillet, Pomme était abattue par un tir de défense à La Bréole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, alors que les données de son collier GPS démontrent qu’elle n’était pas responsable de l’attaque invoquée. Si un tir de défense a tué une louve qui n’avait rien fait, que fera une battue ? 

La population de loups en France est estimée à 1 082 individus, quand les scientifiques situent le seuil de viabilité entre 2 500 et 5 000. En multipliant les tirs, l’État organise la disparition d’une espèce qui n’est pas encore sauvée. One Voice demande l’interdiction de ces battues et une protection des troupeaux obligatoire, financée par l’État. Son avocate prépare le recours, au fond : un arrêté valable quinze jours échappe au référé, et le juge ne statuera pas avant plusieurs mois. En Haute-Marne, un « tir de prélèvement » autorisé le 1er avril avait coûté la vie à un loup dès la nuit du 13 au 14 avril. Si l’illégalité est reconnue, elle le sera sur un loup déjà mort. 

« Ce n’est pas un tir, c’est une battue. On va traquer et tuer un loup au hasard pour satisfaire des syndicats d’éleveurs extrémistes qui accusent les loups trop souvent à tort, et des chasseurs trop heureux de partir à la chasse au loup. L’État sait que la justice ne pourra pas l’arrêter à temps. Jusqu’au 8 octobre, il ne nous reste qu’un espoir : que les loups soient plus malins que ceux qui les traquent, mais nous savons que tout est orchestré pour qu’ils n’aient aucune chance face à ces fanatiques », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.


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