ActualitésUne femme agressée par le cirque Muller à Anglet : quand s’arrêtera l’impunité ? 

One Voice1 septembre 20264 min

Le 30  août, à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), une femme qui filmait depuis la voie publique les installations du grand cirque Zavatta, exploité par la famille Muller, a été frappée, traînée au sol, puis menacée à plusieurs reprises jusque devant les forces de l’ordre. Elle a porté plainte. One Voice, qui documente les exactions de ce cirque depuis 2016, lui apporte son soutien. Il est temps que l’Etat intervienne, avant qu’un drame ne survienne. 

Les faits se sont déroulés hors de l’enceinte du cirque. Selon le récit de la victime et de témoins, une personne du cirque l’a insultée, lui a jeté des chaussures et des pierres, puis a franchi la barrière pour se jeter sur elle : tête frappée contre le sol, corps traîné à terre, téléphone pris pour cible. Un père de famille présent a lui aussi été agressé. 

Lorsque cette femme a annoncé qu’elle porterait plainte, les menaces ont continué : elle « prendrait pour tout le monde » si les images sortaient. Ses pneus ont été crevés à l’arrivée des forces de l’ordre, et elle a été suivie et menacée jusqu’au garage. Violences, intimidations, menaces, propos misogynes : voilà ce qu’elle a subi pour avoir voulu documenter ce qu’elle voyait.  

Un cirque au-dessus des lois, des autorités qui ferment les yeux 

Cette agression n’est pas une surprise. Notre association suit ce cirque depuis 2016 et en documente les infractions, ville après ville. Plusieurs de nos militants ont fait l’amère expérience de l’agressivité de cette famille : l’un des circassiens a déjà été condamné pour des violences contre une militante, menacée au couteau. Anglet n’est pas un dérapage isolé, c’est une méthode : celle d’un établissement qui compte sur la peur pour que rien ne sorte. Et les autorités lui donnent raison en se taisant. 

L’installation du cirque à Anglet le montre encore. La mairie s’est opposée à sa venue sur un terrain des Servantes de Marie, la congrégation a déposé plainte ; le cirque a finalement obtenu une solution de l’État – le parking de la base navale de l’Adour. Montauban, La Teste-de-Buch, Lormont, Mérignac, Orthez, Serres-Castet… : partout, les mêmes installations passant outre les décisions locales, les mêmes infractions constatées, les mêmes contrôles sans suite. 

Une impunité qui va jusqu’à la détention illégale d’animaux sauvages 

En 2020, One Voice avait obtenu la condamnation de deux membres de la famille Muller pour « exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques » et pour avoir maintenu des animaux dans des conditions sources de souffrance. Une saisie de Jumbo avait été ordonnée avant l’audience : elle a échoué face à la violence opposée par les circassiens, et l’hippopotame leur a été laissé. Depuis, les signalements et les plaintes se succèdent sans effet. En mai 2026, nous révélions l’acquisition de deux autruches, alors que toute acquisition d’animaux sauvages est interdite aux cirques itinérants depuis le 1er décembre 2023 : ni saisie, ni sanction, ni poursuites. Près de cinq ans après la loi du 30 novembre 2021, les décrets qui permettraient de sanctionner ne sont toujours pas publiés. Ce vide, l’État le connaît et ce cirque en vit. 

À Anglet, Jumbo n’est pas visible du public mais reste aux mains de ces dresseurs, après près de quarante ans de remorque de tôle. Les tigres sont installés au bord de la route, sans ombre suffisante, à quelques mètres d’un chantier au marteau-piqueur ; l’un d’eux, un tigre blanc, fait quatre pas et recommence, indéfiniment. Ces stéréotypies sont la marque d’animaux enfermés, déplacés sans répit et maintenus dans une peur constante. Leur place est en refuge. 

« Depuis dix ans, nous documentons ce cirque et l’État regarde ailleurs. Aujourd’hui, on frappe une femme dans la rue parce qu’elle filme. Cette violence, les animaux la subissent chaque jour derrière la tôle – Jumbo depuis près de quarante ans. Combien de temps encore avant que quelqu’un, un humain ou un animal, ne le paye très cher ? », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice. 

Un hippopotame dont des vétérinaires jugent l’état alarmant, des fauves exposés au bitume et au bruit, des témoins frappés et menacés : le drame n’aura rien d’imprévisible. Cette agression est celle de trop.

Nous demandons à l’État la saisie immédiate des animaux détenus illégalement, leur placement en refuge et des sanctions enfin appliquées. Ni les menaces ni les coups ne nous empêcheront de documenter ce que subissent ces animaux et de le dénoncer. 

Photo d’illustration


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