Des faisanes au dos déplumé, des perdrix enfermées par paires dans des compartiments minuscules, des oiseaux qui se jettent sans relâche contre le plafond de leur cage. One Voice révèle des images tournées dans cinq élevages français, pour fournir les chasseurs en « gibier ». L’association relance une campagne pour que cesse l’élevage d’animaux destinés à être tués à la chasse.
Dans ces élevages, esséminés sur tout le territoire national, les oiseaux reproducteurs passent leur vie dans des cages métalliques surélevées. Les images que dévoile notre association sont abjectes. Leurs pattes ne touchent que le grillage, jamais la terre ni l’herbe. Ils font les cents pas, se projettent contre les parois, se blessent à la tête et aux yeux. Les faisanes, enfermées en nombre avec un mâle, ont le dos à vif à force d’être montées sans pouvoir lui échapper. Pour limiter les coups de bec que provoque cette promiscuité, on leur perce le bec sans anesthésie afin d’y fixer un « protège-bec ». Une pratique extrêmement douloureuse pour l’oiseau qui perd souvent connaissance. La nuit, un éclairage intense reste allumé pour forcer la ponte. Les cages sont exposées au soleil : en période de canicule, en quête d’air, certains oiseaux passent la tête par l’ouverture destinée à la collecte des œufs et y restent coincés jusqu’à en mourir. Sur les cages, des cadavres que personne ne retire ; à proximité, des pièges à prédateurs appâtés avec des faisans et des perdrix morts.
Un « repeuplement » qui finit au bout d’un fusil
Chaque année, partout en France, 19 millions de faisans et de perdrix sont élevés pour la chasse ; une très grande part des animaux tués à la chasse sort de ces élevages industriels. Les poussins grandissent par milliers dans des hangars, jusqu’à cinquante par mètre carré, puis dans des volières surpeuplées, avant d’être entassés dans des caisses et transportés pendant des heures.
Ils sont lâchés à l’ouverture puis tout au long de la saison, souvent quelques heures avant l’arrivée des chasseurs. Les fédérations parlent de repeuplement, parfois avec le soutien d’argent public. La plupart des oiseaux sont tués presque aussitôt ; ceux qui échappent aux tirs, incapables de se nourrir seuls ou de fuir un prédateur, meurent en quelques jours ou quelques semaines.
Ce ne sont pas des dérives, c’est le système
D’un élevage à l’autre, les vidéos montrent les mêmes pratiques. Aucune cage grillagée, aucun protège-bec ne peut offrir une existence digne à des oiseaux qui, en liberté, vivent en petits groupes familiaux et grattent le sol pour se nourrir. Sans parler de l’impact environnemental de tels élevages, où les animaux sont qui plus est bourrés d’antibiotique. Ni des conséquences sur la survie à long terme de ces espèces. Il ne reste par exemple que 500 000 faisans sauvages sur notre territoire.
Notre association documente cette filière depuis 2019 et avait déjà porté plainte en 2020 contre un élevage de la Drôme.
« On fait naître ces oiseaux en cage, on les mutile, on les entasse, puis on les lâche quelques heures avant les fusils, et on appelle cela du repeuplement. C’est un loisir d’une cruauté indicible, alimenté par une production industrielle que l’État laisse prospérer. » Muriel Arnal, présidente de One Voice.
L’arrêt des élevages d’animaux pour la chasse sera également une des revendications de One Voice lors de sa mobilisation nationale « Pas de fusils sur les cendres » des 24, 25 et 31 octobre :
- Bar-le-Duc (55) – samedi 24 octobre, place de la Rochelle, de 14h à 16h : stand, happening et tractage.
- Metz (57) – Samedi 24 octobre, rue Winston Churchill, de 14 h à 17 h : stand, happening et tractage.
- Neydans (74) – Samedi 24 octobre, rue du Jura, Magasin alimentation bio Marcel&fils, de 10h à 13h
- Toulouse (31) – samedi 24 octobre, square C. de Gaulle, de 10 h 30 à 13 h 30 : stand d’information, couplé à une mobilisation pour les ours.
- La Rochelle (17) – samedi 24 octobre, place des petits bancs, de 14h30 à 17h30 : stand, happening et tractage.
- Nice (06) – dimanche 25 octobre, place Masséna, de 14 h 30 à 16 h 30 : stand, happening et tractage.
- Montpellier (34) – Samedi 31 octobre, parc de la Comédie, de 11h à 13h : stand, happening et tractage.
- Bordeaux (33) – Dimanche 25 octobre, place Pey-Berland, de 10 h à 18 h : stand et tractage, dans le cadre de la journée associative.
- Fréjus (83) – Dimanche 25 octobre, rond-point de la Libération, près de la plage des Sablettes, de 10 h à 12 h : stand, happening et tractage.

One Voice
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