Le Conseil d’État examine ce vendredi 11 septembre à 11 h le référé-suspension déposé par One Voice contre l’arrêté du 26 août 2026, qui autorise la mise à mort de 12 000 tourterelles des bois pour la saison 2026-2027, soit 1 440 de plus que la saison précédente. Le ministère chargé de l’Écologie a de surcroît avancé l’ouverture au 30 août, au sortir d’un été d’incendies et de sécheresses. Représentée par Gossement Avocats, notre association demande la suspension immédiate de cette chasse.
L’arrêté, publié le 29 août, porte le quota à 12 000 oiseaux contre 10 560 la saison précédente, avec une ouverture de la chasse depuis le 30 août Le Conseil d’État a été saisi d’un référé-suspension et d’un recours pour excès de pouvoir par notre association.
Des nids brûlés et des oiseaux en phase de migrer
Les tourterelles des bois mènent deux à trois couvées de mai à août, et leurs petits ne s’envolent pas avant trois semaines. Les régions frappées par les incendies de cet été coïncident avec les aires de présence de ces oiseaux : ce sont leurs habitats de reproduction qui ont brûlé. Deux études publiées en 2025 le confirment : la disponibilité en eau est le facteur qui influe le plus sur la densité d’occurrence de l’espèce, et un seul grand incendie, survenu en 2023 dans la région d’Evros en Grèce, a affecté près du quart des habitats favorables identifiés dans la zone étudiée. Espèce migratrice, la tourterelle des bois est essentiellement tuée dans les premières semaines de septembre : avancer l’ouverture de cinq jours ajoute cinq jours de tirs au moment où les oiseaux sont les plus nombreux, et où ils entament leur voyage vers l’Afrique.
Un risque pour la survie de l’espèce
Le comité d’experts sur la gestion adaptative ne recommande pas la chasse de cette espèce : dans son avis du 17 juillet 2026, il retient une évolution de la population française seulement de +3 % depuis 2021. Le reste des données va dans un seul sens. L’UICN classe l’espèce « vulnérable ». Le programme européen PECBMS relève une chute de 88 % des effectifs entre 1980 et 2024, et encore 11 % sur la seule période 2015-2024. En France, les tendances calculées par le Muséum national d’Histoire naturelle donnent une population en baisse de 54,7 % entre 2001 et 2025.
Le Conseil d’État a déjà jugé qu’un quota ne suffisait pas
Le 30 décembre 2021, saisie par One Voice et la LPO, la haute juridiction annulait l’arrêté pour excès de pouvoir (décision n° 443460) : la chasse portait atteinte à l’état de conservation de l’espèce, malgré la présence d’un quota. Cinq ans plus tard, les chiffres sont plus mauvais encore, et le quota plus élevé.
« Le ministère recommence, et il choisit pour cela la fin d’un été de feu, quand les nids viennent de brûler et que les tourterelles des bois prennent la route. Il n’y a rien à réguler, aucun dommage à prévenir : il y a juste un loisir morbide, et un ministère qui une fois encore sert des oiseaux fragiles aux chasseurs sur un plateau. » Muriel Arnal, présidente et fondatrice de One Voice.
Ces tourterelles si jolies ne sont pas tuées pour empêcher une surpopulation, ni pour préserver des cultures. Elles sont cruellement décimées pour un loisir. Vendredi, One Voice sera au Conseil d’État.
Crédit photo : Girault Vincent

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