Condition animaleActualités“Transition écologique”, quand le ministère renvoie la protection animale un siècle en arrière 

One Voice13 avril 20264 min

Lors d’une audition au Sénat, le ministre délégué à la transition écologique a multiplié les annonces consternantes, remettant en cause des avancées majeures du droit français et européen en matière de protection animale. Cirques, chasse, captivité des cétacés : une série d’annonces qui marquent une rupture assumée avec les engagements écologiques. 

Une réunion qui met le feu aux poudres… En audition ce mardi 07 avril devant la commission des affaires économiques du Sénat, Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la transition écologique, a multiplié les déclarations d’intention s’asseyant littéralement sur la législation française et européenne pour servir des lobbys hors-la-loi.  

Les animaux sauvages ne sont pas près de sortir des cirques. Les loups vont être allégrement décimés. Les chasses les plus cruelles et les plus illégales, sont plébiscitées sous couvert du sempiternel respect des traditions. Quant aux deux orques de Marineland, elles rejoindraient le delphinarium le plus maltraitant d’Europe. Un beau palmarès pour ce ministère créé en 2007 pour assurer la transition écologique de la France ! 

Notre pays va sous peu, être pointé pour sa gestion complètement rétrograde de dossiers pourtant décriés par le grand public, et pas seulement à Paris comme le laisse entendre Mathieu Lefèvre.   

Pire, le ministère de la transition écologique s’inscrit en faux vis-à-vis de la justice, des lois de notre pays et de la réglementation européenne.  

Cirques : un retour en arrière sur l’interdiction de l’itinérance des animaux sauvages 

La loi de 2021 a instauré qu’à partir du 1er décembre 2028, l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants sera interdite en France. Pour ne pas offenser un monde circassien qui fait peur, faisant fi de toutes procédures et réglementations, Monsieur le ministre se dit prêt aujourd’hui à travailler à un nouvel arrêté pour assouplir l’application et permettre sous certaines conditions l’itinérance. Donc perpétuer l’enfermement dans des camions et la vie de misère des animaux sauvages à rebours de nos voisins. Nous attaquerons cet arrêté aussi cynique qu’il serait illégal devant le Conseil d’Etat. 

Chasses traditionnelles : la complaisance envers des pratiques cruelles 

Si la défense des chasses traditionnelles n’est pas nouvelle, Mathieu Lefèvre est prêt à contenter une poignée de chasseurs attachés à des pratiques d’une extrême cruauté : pour la chasse au filet dans le Sud-Ouest. Dernière chasse traditionnelle encore en cours, les autres ayant disparu grâce à notre mobilisation sans relâche devant le Conseil d’Etat et la Cour européenne de justice. Pire, il se montre même prêt à porter atteinte à la Directive oiseaux, qui protège les oiseaux en Europe, si fragile patrimoine des générations futures. 

Notre recours déposé pour les palombes devant le Conseil d’Etat et la mobilisation de la Commission européenne nous permettent d’espérer encore une fois que les oiseaux seront protégés d’un ministère qui est, rappelons-le, celui de l’Ecologie, pas celui des Loisirs. Oui, les sadiques chasses traditionnelles aux oiseaux de nos campagnes ne sont que cela : le loisir d’irréductibles qui font la pluie et le beau temps dans les ministères. Même combat concernant la chasse en enclos et l’engrillagement de la nature, combattus pour tous les partis politiques au moment de nos révélations après une longue enquête sous couverture. L’application de la loi contre l’engrillagement qui avait suivi devra attendre.   

Des loups bientôt à nouveau en voie de disparition  

Le ministre prétend que la simplification du régime de tirs aurait vocation à protéger les élevages : il omet qu’à l’inverse des mesures de protection, dont l’efficacité est établie de longue date, tuer des loups accroit les attaques   C’est la science qui le dit. 

Contrairement à ce qu’il veut nous faire croire, reprenant les mensonges des chasseurs, l’état de conservation des loups en France n’est pas favorable : ils sont classés “vulnérables” par l’Union internationale pour la conservation de la nature et leurs effectifs n’ont pas atteint le seuil de viabilité de 2500 loups. Avec un taux d’abattages de 23%, la volonté de faire disparaître une espèce utile et importante pour le pays ne fait aucun doute.  

Marineland : l’État se défausse de ses responsabilités 

Coup de grâce avec le dossier Marineland. L’Etat se désengage de sa responsabilité pour l’avenir des deux orques encore détenues à Nice, arguant l’impossible ingérence auprès de leur propriétaire, Parques Reunidos. Pourtant, leur transfert est soumis à autorisation et demande de permis entre pays. Rappelons qu’en novembre 2024, le gouvernement français s’était opposé au transfert des orques au Japon. Et en avril 2025, l’Espagne avait refusé le transfert de Wikie et Keijo vers Loro Parque estimant les conditions trop mauvaises dans ce delphinarium à Tenerife. Preuve que les Etats ont leur mot à dire sur le devenir d’animaux d’espèces sauvages, protégés par une réglementation internationale.  Alors pourquoi ne pas assumer que l’Etat n’a que faire de ces animaux emblématiques après nous avoir faire croire le contraire pendant des mois ?  

One Voice dénonce cette attaque frontale contre les animaux sauvages. Notre association continuera comme nous le faisons déjà à attaquer chaque arrêté devant le Conseil d’Etat.


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