« Le plus bel hommage que l’on puisse rendre après un drame est d’en tirer les leçons pour qu’il ne se reproduise plus »
À la suite du drame de Neko, la SNCF a fait évoluer ses procédures. Désormais, lorsqu’un animal est signalé sous un train, son départ peut être retardé de 20 minutes, afin de tenter de le localiser et de le faire sortir.
L’affaire de la petite chatte Gina montre que ce protocole, bien qu’amélioré, atteint rapidement ses limites.
Les agents présents en gare ne sont pas des spécialistes de la capture animale. Ils doivent intervenir dans un environnement où la sécurité ferroviaire impose des règles extrêmement strictes.
Malgré leur professionnalisme, ils disposent souvent de peu de temps, de peu de matériel spécifique et ne peuvent prendre aucun risque pour leur propre sécurité ou celle des voyageurs.
Il ne s’agit donc pas d’opposer la sécurité ferroviaire à la protection animale. Les deux doivent rester des priorités absolues.
C’est pourquoi une nouvelle étape pourrait être franchie avec la création d’unités d’intervention animale ferroviaire dans les principales gares françaises.
Composées d’agents spécialement formés à la sécurité ferroviaire et à la capture des animaux, ces équipes disposeraient d’équipements adaptés : caméras d’inspection, lecteurs de puces électroniques, filets, cages de capture, perches spécialisées et autres matériels permettant de localiser rapidement un animal réfugié sous une rame et d’augmenter les chances de le récupérer sans mettre quiconque en danger.
Leur intervention serait déclenchée immédiatement après le signalement de l’animal, selon un protocole national clair et harmonisé.
Dans les situations les plus complexes, lorsqu’un animal demeure inaccessible malgré plusieurs tentatives, un vétérinaire d’astreinte pourrait être sollicité afin d’évaluer, en ultime recours, la possibilité d’une sédation à distance, lorsque celle-ci est techniquement possible et ne présente pas de risque supplémentaire.
Une telle organisation offrirait plusieurs avantages : augmenter les chances de sauver les animaux, réduire les improvisations, rassurer les voyageurs et limiter les perturbations du trafic grâce à des interventions plus rapides, mieux coordonnées et confiées à des personnels spécialisés.
Naturellement, toutes les situations ne pourront pas connaître une issue heureuse. Certaines contraintes de sécurité demeureront incontournables. Mais entre l’absence de moyens spécialisés et l’intervention d’équipes formées et équipées, la différence peut être considérable.
Cette évolution pourrait d’abord être expérimentée pendant un an dans plusieurs grandes gares françaises afin d’évaluer objectivement son efficacité, son coût, son impact sur la circulation ferroviaire et le nombre d’animaux effectivement sauvés.
Un chat transporté dans une gare est soumis à un stress important. S’il parvient à s’échapper, son premier réflexe est souvent de courir vers un endroit sombre et inaccessible, comme le dessous d’un train.
C’est pourquoi l’utilisation d’une cage ou d’un sac de transport robuste, parfaitement fermé et vérifié avant chaque déplacement, ne doit jamais être considérée comme une simple précaution, mais comme une obligation de prudence. Quelques secondes d’inattention ou une fermeture défectueuse peuvent suffire à provoquer un drame.
La prévention, la responsabilité et le sauvetage ne s’opposent pas ; ils sont les trois piliers d’une politique moderne de protection animale.
Enfin, je souhaite adresser mes pensées les plus sincères aux propriétaires de Gina.
Perdre un animal est toujours une épreuve. Savoir qu’il a trouvé la mort dans de telles circonstances est une souffrance d’une extrême violence. J’espère que ce drame, comme celui de Neko avant lui, permettra de poursuivre l’amélioration des procédures afin que de telles tragédies deviennent toujours plus rares.
À la famille de Gina, j’adresse mes plus sincères condoléances et tout mon soutien.
Faire progresser la protection animale ne consiste pas à rechercher seulement des coupables, mais à tirer les enseignements de chaque drame pour éviter qu’il ne se reproduise.
Si cette réflexion permet, demain, de sauver ne serait-ce qu’une seule vie, alors les drames de Neko et de Gina auront contribué à changer les choses.

Guillaume Prevel
Conseiller régional Ile-de-France du Parti animaliste
Correspondant des Hauts de Seine du Parti animaliste





























































