Elevages de visons, vision d’horreur

Guillaume Prevel26 novembre 20204 min

La cruauté envers les animaux et même déjà l’indifférence envers leur souffrance est à mon avis l’un des péchés les plus lourds de l’humanité. Il est la base de la perversité humaine. Si l’homme crée tant de souffrance, quel droit a-t-il de se plaindre de ses propres souffrances ?

Romain Rolland, prix Nobel de Littérature (1866-1944)

Un massacre de masse, dans l’indifférence générale.

Début novembre 2020, les autorités danoises annonçaient par l’intermédiaire de sa Première ministre, Mette Frederiksen, l’abattage immédiat de près de 18 millions de visons, afin de mettre un terme à une mutation observée du Covid-19 chez le vison, qui « mettrait » en péril l’efficacité du futur vaccin.

« Le virus muté via les visons peut créer le risque que le futur vaccin ne fonctionne pas comme il doit […] Il est nécessaire d’abattre tous les visons » justifie la Première ministre danoise lors d’une conférence de presse.

Le sort en est jeté, entre 17 et 18 millions de vies innocentes vont être arrachées brutalement à cette terre qui ne fut que douleurs et privations pour elles. En quelques jours à peine, c’est comme si l’équivalent de la population du Danemark et de la Belgique réunis, disparaissaient de la planète après une décision arbitraire. 

Le 22 Novembre 2020, la France emboitait le pas et autorisait, par la voix de la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, l’abattage de 1000 visons, dont certains venaient d’être diagnostiqués positifs au Covid-19 dans une ferme d’exploitation à Champrond-en-Gâtine (Eure-et-Loir).

 « Le principe de précaution est simple, a répété Barbara Pompili lundi 23 novembre sur France Info, quand il y a un vison qui est touché par le virus, on abat l’élevage ». On appréciera la violence et la froideur du propos de la ministre de la transition écologique !

Des analyses sont en cours dans deux autres exploitations en France, dont les résultats devraient être connus incessamment sous peu. Un quatrième élevage ayant été considéré d’ores et déjà comme « indemne » de toute contamination.

Ailleurs en Europe, d’autres abattages de masse, se sont déroulés, comme aux Pays-Bas (1 million), en Espagne (100.000) ou encore en Grèce (2000).

La Covid-19 fait des ravages et les animaux en sont les principales victimes une nouvelle fois.

Un modèle d’élevage propice aux zoonoses.

En 2017, l’association One Voice révélait l’horreur de six des onze derniers élevages encore en activité à l’époque en France. En 2018,  l’association L214 éthique et animaux révélait à son tour des images tout aussi choquantes d’un élevage qui a depuis fermé. Les vidéos tournées dans ces enfers concentrationnaires montraient la promiscuité et les conditions déplorables dans lesquelles survivaient les visons. Cages trop petites, surpopulation menant immanquablement à des conflits entre animaux, blessures, cannibalismes, cadavres de visons laissés momifiés sur place, bébés agonisant ou morts. Toute l’atrocité des élevages étaient mises sur la place publique.

Malgré toutes ces révélations, la France est de nouveau en retard, alors que de nombreux pays stoppent définitivement l’exploitation des visons. La Bosnie-Herzégovine a fermé sa dernière exploitation en juillet 2020, les Pays-Bas vont fermer leurs exploitations en 2021 et la Finlande s’engage à fermer ses 700 fermes prochainement.

La crise du Covid-19, a révélé au grand jour, le fait que les élevages intensifs étaient propices à la propagation des virus. Il est grand temps d’en finir avec ces élevages, qui sont des lieux de souffrances et de mort.

Au Parti Animaliste, nous demandons la fermeture définitive de la ferme à fourrure de Champrond-en-Gâtine (Eure-et-Loir). Les victimes innocentes de cet abattage arbitraire doivent être les dernières. Le cheptel de cet élevage ne doit pas être renouvelé. Nous demandons au gouvernement, au vu de la crise sanitaire actuelle, d’accélérer le calendrier de fermeture des 4 dernières fermes à fourrure de France, en accompagnant les acteurs de la filière dans leur reconversion. Le calendrier annoncé mardi 29 septembre 2020 par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili pour une fin de l’élevage de visons d’ici 2025 est trop lointain.

La souffrance animale, les risques sanitaires, la protection environnementale et l’attente des français en matière de bien-être animal doivent être entendus.

L’ heure n’est plus aux effets d’annonce, ni aux tergiversations, il faut agir et vite.

Pour aller plus loin : One Voice a lancé sur son site, une pétition réclamant la fermeture des 4 derniers élevages de visons, soutenons-la, partageons la, pour en finir avec ces élevages de la honte : https://www.stop-fourrure.fr/

Correspondant des Hauts de Seine du Parti Animaliste

6 commentaires

  • Elisabeth JAULIN

    27 novembre 2020 à 10h22

    à faire fermer et tout de suite pas en 2025!!!!!!

  • Torabian

    27 novembre 2020 à 0h19

    C’est la barbarie!

  • Longuet

    26 novembre 2020 à 20h19

    Pas de mots à la hauteur de cette horreur. Juste honte d’appartenir à la pire espèce qui peuple la terre.

  • Pierre Mazaheri

    26 novembre 2020 à 18h35

    Une cruauté sans nom, une barbarie qui nous salit tous. Merci Guillaume pour cette belle synthèse d’une réalité bien moche. C’est tout de suite qu’il faut stopper cette horreur.

  • Marcangeli

    26 novembre 2020 à 16h59

    Stop la fourrure c’est d’un monde passé
    Nous sommes ignobles de traiter les animaux de la sorte, il nous valent cent fois , l’être humain est la pire des espèces sur cette terre.
    Essayons de changer en bien .

  • Vulin

    26 novembre 2020 à 14h26

    Marre de cette cruauté et de cette exploitation animale

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