Combats de coqs, la guerre des Gaules

Guillaume Prevel15 juillet 202116 min

« Un pays qui n’ose interdire la chasse à courre, les combats de coqs ou les courses de taureaux, a-t-il le droit de se prétendre civilisé ? On peut en douter. » Théodore Monod (1902-2000), scientifique, naturaliste, biologiste, explorateur, érudit et humaniste français.

Interdits dans toutes les régions métropolitaines, mis à part dans les Hauts-de-France, les combats de coqs perdurent traditionnellement en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, en Polynésie française et à la Réunion.

Cette maltraitance caractérisée bénéficie encore de nos jours d’une exception à la règle, en vertu de l’article 521-1 du Code pénal, qui permet la perpétuation des combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.

Si partout ailleurs en France métropolitaine, les combats sont interdits, de nombreux combats illégaux et clandestins sont cependant organisés dans d’autres régions françaises.

En 2019, une condamnation pour “création de gallodrome”, “tenue d’une maison de hasard” et “sévices graves ou actes de cruauté envers un animal” a été requise contre deux hommes responsables de combats organisés. Des peines de prison ferme ont été prononcées contre les organisateurs qui généraient plusieurs milliers d’euros de chiffre d’affaires.

Des histoires similaires font régulièrement les titres de journaux régionaux.

Une histoire vieille comme le monde

Les combats de coqs sont pratiqués depuis des millénaires. L’origine de ces combats remonterait à la domestication du coq sauvage (Gallus Gallus) et aurait débuté lors de la sédentarisation des premiers agriculteurs en Asie, lors de l’organisation des premiers élevages de poules.

De l’Asie, les combats auraient été ensuite importés vers l’Europe par l’intermédiaire des Grecs puis des Romains.

Concernant la France et les départements et régions d’outre-mer, les combats de coqs auraient été introduits par les Espagnols dès la fin du 15 ème siècle aux Antilles et importés d’Angleterre au 18ème siècle dans les Hauts-de-France.

Il resterait un peu plus de 500 éleveurs de coqs de combat (coqueleux) en activité dans les Hauts-de-France, contre 15000 dans les années 1920.

L’activité est en plein déclin et de nombreux pays ont interdit cette pratique cruelle depuis bien longtemps, comme par exemple, la Belgique en 1929, et plus récemment les 50 Etats américains en 2007 et les 5 Territoires des Etats-Unis depuis fin 2019 avec la promulgation de la loi “Farm Bill” par Donald Trump.

Des combats à mort

En Martinique, des visites exclusivement touristiques sont organisées en dehors des horaires des combats, et une démonstration “sécurisée” est proposée aux touristes.

Pour cette démonstration, les ergots des coqs sont recouverts d’une protection qui les empêche de se blesser.

On pourrait devant tant d’hypocrisie, paraphraser la tirade de Tartuffe de Molière : “Couvrez cet ergot que je ne saurais voir. Par de pareils objets, les âmes sont blessées. Et cela fait venir des pensées coupables

La réalité est bien plus cruelle bien évidemment, car aux Antilles, on enlève les plumes des coqs, sur le dos, le ventre et les cuisses. Puis la peau est recouverte de tafia (alcool tiré des mélasses de canne à sucre), et le coq est exposé en plein soleil durant des heures pour endurcir la peau et créer une sorte de carapace dure et sensée être insensibilisée.

Enfin, vient l’heure des combats qui relèvent de 3 disciplines :

-La première discipline se présente sous la forme de combats de 6 minutes avec ergots métalliques de 52 mm de long, droit et lisse, qui permettent, selon les coqueleurs, d’obtenir des blessures nettes qui cicatrisent plus rapidement que des blessures causées par des ergots naturels, qui eux arrachent les chairs de l’animal. Ce type de combat se termine régulièrement par la mort d’un des deux coqs au bout de quelques minutes.

-La seconde d’endurance qui peut durer 1H30, avec deux minutes de repos tous les quarts d’heure. Lors de ce type de combat, les coqs ont les ergots émoussés ou recouverts de tissus ou d’un capuchon. Le KO ou l’abandon est la règle la plus courante de cette discipline.

-La troisième discipline est un mixte des deux premières disciplines et se pratique avec l’ergot naturel ou un artificiel.

Il y aurait 9000 combats organisés par an rien que dans les Hauts-de-France, on peut dès lors raisonnablement dire que le nombre de coqs tués lors de ces combats se chiffre en milliers.

Un coq de combat s’il survit à tous ses combats est utilisé 3 ans.

Vers la fin proche d’une pratique archaïque et barbare ?

Si les combats de coqs sont encore pratiqués un peu partout dans le monde, une forte opposition de militants animalistes dénonce les actes de cruauté infligés aux coqs durant le combat, mais aussi durant les phases d’entrainement et d’élevage de ces derniers. Le faible intérêt des nouvelles générations précipite en France la mort programmée des combats de coqs, même si des inconditionnels perpétuent encore cette “tradition” violente et barbare.

Dès les premiers mois de sa vie, le coq est isolé, privé volontairement de toute notion d’espace vital et séparé de ses congénères. Les rares moments où il se trouve en présence de ses semblables, c’est lors des entrainements ou lors des combats organisés, ce qui provoque l’effet recherché par les coqueleurs, un stress chez le coq, qui se sentant menacé devient agressif et attaque son adversaire.

Bien sûr, certains diront que les coqs se battent naturellement entre eux, mais ces combats se font dans le cadre de rapports sociaux qui n’entrainent pas la mort.

La ressemblance avec la corrida ne s’arrête pas simplement à l’article du Code pénal lui permettant de continuer à exister, car tout comme les taureaux de combat qui subissent des mutilations avant de combattre (pratique de l’afeitado chez le taureau, consistant à scier à vif de 5 cm à 10 cm de corne), les coqs sont aussi victimes d’atteintes à leur intégrité physique. En effet, les coqs ont les crêtes, les oreillons et les barbillons coupés très courts afin de ne pas offrir de prise au bec de l’adversaire. Ces mutilations sont pratiquées à vif, tout comme celles des ergots sciés vers l’âge du premier combat, qui se situe vers l’âge de 12 à 14 mois.

Au Parti animaliste nous réclamons l’abolition des combats de coqs en demandant la suppression des alinéas de l’article 521-1 du Code pénal, qui permettent de maintenir localement des aberrations territoriales sous le prétexte fallacieux de la tradition.

Il est impensable que la France fasse encore partie des derniers de peloton en matière de bien-être animal. La France fait partie des 27 derniers pays au monde et des 3 derniers pays Européens (Espagne, Ecosse et France) à laisser sur son sol la pratique des combats de coqs.

Si la fin de la corrida semble paraitre à un horizon plus ou moins lointain, celle des combats de coqs est proche. Beaucoup prédisent d’ailleurs une disparition durant cette décennie, espérons que cela sera bien plus rapide et que cette horreur fera bientôt partie du passé.

Signez cette pétition s’il vous plaît : mesopinions.com/petition/animaux/interdiction-combats-coqs-territoire-france

Site Web | Plus de publications

Conseiller régional Ile-de-France du Parti Animaliste
Correspondant des Hauts de Seine du Parti Animaliste

Il y a un commentaire

  • LOFFREDO WOLF EVELYN

    20 juillet 2021 à 13h57

    Honteux…et tout à fait d’accord avec Théodore Monod….pour le respect de la VIE quelle qu’elle soit….

    Répondre

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Newsletter

Copyright © 2020-2021 Savoir Animal. Tous droits réservés.