ActualitésPolitique & AnimauxLa course aux parrainages, le Parti animaliste face au verrou “démocratique”

Guillaume Prevel6 janvier 20225 min

“Nous  vivons  dans un monde essentiellement interdépendant, où le sort de chaque être, quel qu’il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s’agit donc pas de ne s’occuper que des animaux, mais de s’occuper aussi des animaux” Matthieu Ricard,  Moine bouddhiste, écrivain, photographe français, Plaidoyer pour les animaux. Vers une bienveillance pour tous.

Un “Filtre” démocratique qui nuit au pluralisme politique

En France, pour pouvoir être élu Président(e), il ne suffit pas seulement de satisfaire aux seules obligations de majorité, d’avoir satisfait aux obligations imposées par le code du service national, de ne pas être privé de ses droits civiques concernant l’éligibilité pour se lancer dans la course à la présidentielle.

En effet, en plus de ces obligations, le candidat désigné par son parti doit recueillir 500 parrainages, accordés par un “corps électoral” composé de plus de 42000 parrains potentiels. Les maires constituent près de 85% des ayants droits à parrainer, et sont très sollicités durant les mois précédents le dépôt des candidatures.

Ce filtre est particulièrement efficace pour écarter de l’élection des candidatures fantaisistes ou peu sérieuses mais il est aussi un système injuste qui favorise les candidats des partis bien implantés sur le territoire national et qui écarte des candidatures de partis émergents ou peu représentés.

La publication par le Conseil constitutionnel en 2017 des signatures d’élus récoltées par chaque candidat a encore élevé les difficultés pour se présenter à l’élection présidentielle, qui ressemble de plus en plus à un rendez-vous de l’entre-soi faussement démocratique.

Les élus qui étaient soumis auparavant aux seules mesures de rétorsion des partis politiques, ont à présent peur d’être punis par les électeurs en fonction du parrainage qu’ils accorderaient. Le parrainage n’est pourtant pas un soutien à un candidat mais l’expression démocratique du pluralisme politique.

La démocratie, on le voit même dans son fonctionnement, est fragile et soumise à un grand nombre de tentations antidémocratiques.

Hélène Thouy, une candidature atypique nécessaire au débat de la campagne présidentielle  

Alors même que 84 % des Français pensent que la cause animale est une cause importante et que 69 % des Français considèrent que les hommes et les femmes politiques ne défendent pas suffisamment les animaux, l’occasion est donnée de porter dans le débat de l’élection présidentielle la question animale.

Pour la première fois de l’histoire politique, un parti animaliste a investi une candidate à l’élection présidentielle. Hélène Thouy, avocate talentueuse portera la voix des sans voix lors de cette élection, afin de l’imposer dans l’agenda politique des 5 prochaines années, et de dénoncer le sort atroce qui est réservé aux animaux dans notre pays.

Si le Parti animaliste et Hélène Thouy ont bien conscience qu’il y a peu de chance pour qu’un candidat animaliste soit élu, le but prioritaire n’est pas là. Un Parti même petit n’a pas nécessairement vocation à conquérir le pouvoir pour imposer ses idées, mais il est là pour influencer les décisions prises par ceux qui gouvernent ou ceux qui ont vocation à gouverner. En montrant le poids électoral qu’il représente, en alertant sur des sujets peu traités ou en portant les attentes des citoyens dans le débat politique, un parti politique fait respirer la démocratie.

Depuis 2016, le Parti animaliste participe à toutes les élections et portent la question animale au cœur du débat politique, les récentes (mais encore timides !) avancées ne sont pas dues au fruit du hasard, mais bel et bien à l’activité politique intense d’un Parti centré sur la cause animale, qui impose par sa seule présence les questions animales dans le débat politique.

Les Français, tous les sondages le démontrent, sont dans l’attente de mesures fortes en matière de bien-être animal et de respect de la vie de la faune sauvage. Les politiques censés représentés les aspirations du peuple, trahissent bien souvent les attentes légitimes des électeurs pour satisfaire des minorités influentes qui ne devraient pas avoir autant de poids dans notre société.

La présence d’Hélène Thouy dans cette campagne présidentielle, sera un puissant souffle démocratique sur ces élections car il permettra à beaucoup de déçus de la politique, d’abstentionnistes, de défenseurs de la cause animale, de se rendre aux urnes pour un vote qui aura toute sa place et tout son sens, un vote pour et pas contre, un vote  portant la voix des sans voix.

2022 année décisive pour la cause animale ?

L’année qui s’ouvre peut d’ores et déjà être décisive pour le sort des animaux, la seule présence d’une candidature animaliste pourrait bousculer tous les états-majors des vieux Parti politique dont le logiciel n’a guère évolué depuis des décennies, même si certains plus pragmatiques ou plus opportunistes commencent à s’intéresser au vote animaliste, afin de grignoter des voix.

La cause animale deviendra à court ou moyen terme incontournable, par son poids politique dans la société, et par le poids économique qu’il représente. Nous pouvons dès cette année accélérer les choses et pousser fort en ce sens en soutenant la candidature d’Hélène Thouy qui est confrontée comme d’autres candidats à l’obstacle antidémocratique des parrainages.

Chaque citoyen ayant à cœur de faire vivre la démocratie, chaque électeur soucieux du sort des animaux peut agir en contactant les élus afin qu’ils parrainent une candidate sérieuse, qui porte une attente sociétale forte, celle de la cause animale.

Vous pouvez agir en rappelant aux maires, aux députés, aux sénateurs, aux conseillers régionaux et départementaux qu’il est de leur devoir de protéger, de défendre et d’encourager le pluralisme politique et de faire vivre la démocratie en parrainant une candidature. Un parrainage n’étant pas un soutien, ils se doivent d’assumer leur rôle de parrains.

Le gouvernement actuel devrait lui protéger ces élus en rétablissant l’anonymat des parrainages, afin de ne plus exposer ce corps électoral, aux violences et au chantage de ceux qui ont un rapport très étrange avec la démocratie et qui font tout pour en combattre les fondements.

Guillaume Prevel
Guillaume Prevel
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Conseiller régional Ile-de-France du Parti animaliste
Correspondant des Hauts de Seine du Parti animaliste

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