ConsommationActualitésCochons castrés à vif, mutilés, laissés pour morts : L214 porte plainte contre un élevage du Morbihan

L214 Ethique & Animaux23 avril 2026110 min

Des images filmées fin février 2026 dans la maternité collective de Kerfornan, à Kergrist dans le Morbihan, révèlent des infractions graves : castration sans anesthésie, claquage de porcelets, mutilations illégales pratiquées en routine, cadavres en décomposition laissés au milieu des vivants, truies gravement blessées, laissées sans soins dans des enclos recouverts de lisier. Cet élevage de taille XXL lié à la coopérative Eureden compte 1000 truies reproductrices.

L214 dépose une plainte pour sévices graves et mauvais traitements auprès de la procureure du tribunal judiciaire de Lorient et demande l’intervention immédiate des services vétérinaires. L’association interpelle également Eureden pour qu’elle s’engage sur le Pig Minimum Standards.

Dans cet élevage XXL les images montrent des porcelets castrés sans qu’aucun anesthésiant leur soit administré, une pratique interdite en France depuis 2022. La loi impose une anesthésie locale et une analgésie avant l’acte. Ce que révèlent les images constitue donc une infraction pénale caractérisée, passible de poursuites pour sévices graves au titre de l’article L.521-1 du Code pénal.

Les queues des cochons, porcelets et truies sont coupées et les dents des porcelets sont meulées de façon systématique. Ces pratiques sont interdites en routine par les réglementations française et européenne : elles ne peuvent être réalisées qu’en dernier recours, après modification des conditions d’élevage.

Les truies vivent la moitié de leur temps dans des cages à peine plus grandes que leur corps. Les enclos collectifs sont recouverts de lisier. Aucun matériau manipulable (paille, foin, sciure de bois…) n’est mis à disposition, ni pour les truies en maternité, ni pour les truies gestantes, qu’elles soient en cage ou en groupe : il s’agit là encore d’une violation de la directive européenne. Les truies gestantes sont maintenues sans accès à l’eau fraîche. Elles mordent les barreaux de leur cage, signe de stéréotypie. Une truie présente un prolapsus extrême et est laissée en cage sans soins dans cet environnement insalubre.

De nombreux porcelets sont à l’agonie, certains écrasés par leur mère, dont les mouvements sont restreints par la cage. Les porcelets jugés trop faibles pour permettre une rentabilité économique sont tués sur place par claquage. Ils sont attrapés par les pattes arrière et leur tête est violemment frappée sur le sol bétonné.
Des porcelets morts gisent dans les enclos, parfois en décomposition avancée. Des seaux de cadavres traînent dans les couloirs et des cadavres sont stockés à l’air libre à l’extérieur, en violation des règles d’équarrissage.

L214 dépose une plainte pour sévices graves et mauvais traitements auprès de la procureure du tribunal judiciaire de Lorient et demande l’intervention immédiate des services vétérinaires du Morbihan.

→ Liste des infractions

Mutilés et laissés pour morts : enquête dans un élevage de cochons en Bretagne

Eureden, coopérative bretonne née de la fusion de Triskalia et Cecab, conseille cet élevage et commercialise sa production. Elle se présente comme un acteur engagé pour le « bien-être animal », en contradiction avec la réalité de ses élevages de cochons montrée par les images de l’enquête. Le discours engagé du groupe contraste également avec son absence d’engagement pour mettre fin aux pires pratiques d’élevage sur les poulets, alors que ses concurrents LDC et Terrena se sont engagés en ce sens.

Connue du grand public à travers ses marques d’aucy, Paysan Breton et Aubret, Eureden, avec 485 éleveurs adhérents et plus de 1,3 million de cochons commercialisés par an, a une responsabilité majeure dans le maintien d’un système à l’origine de souffrance quotidienne et intense des animaux. L214 demande à Eureden de s’engager publiquement sur le Pig Minimum Standards : respect de la réglementation, abandon des cages individuelles pour les truies, fin des mutilations, dont la castration chirurgicale, accès à des matériaux manipulables.

Pour Sébastien Arsac, porte-parole de L214 : « Des porcelets castrés à vif, des truies qui passent des semaines enfermées dans des cages, des corps qui pourrissent dans les enclos. Eureden se présente comme engagé dans le « bien-être animal », mais en réalité pratique ce qu’on fait de pire en matière d’élevage ! Nous demandons à la coopérative de s’engager sur le Pig Minimum Standards, et à l’État d’intervenir immédiatement dans cet élevage pour faire cesser ces graves infractions. »


Ces images rappellent l’urgence d’une réorientation profonde de notre modèle alimentaire. En France, 23 millions de cochons sont tués chaque année. 95 % d’entre eux n’ont jamais accès à l’extérieur, vivent sur du béton et subissent des mutilations dès les premiers jours de leur vie. La porcherie de Kerfornan est représentative du système de l’élevage intensif.

Réduire de moitié ce nombre, c’est épargner à plus de 11 millions de cochons une vie dans ces conditions. C’est aussi sortir les éleveurs de la course à la productivité, réduire les risques sanitaires liés à la surdensité et aux antibiotiques, et libérer des terres pour une agriculture plus résiliente. C’est l’objectif du Sauvetage du siècle, porté par L214 : 20 mesures concrètes pour réduire de moitié le nombre d’animaux tués pour l’alimentation française d’ici 2030.

L214 Ethique & Animaux
Site Web |  Autres articles

Il y a un commentaire

  • Boehm

    23 avril 2026 à 11h48

    Franchement dégueulasse ! Comment peut on faire des actes barbare de la sortie ! Ils méritent la prison à vie ces salauds

    Répondre

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.