La France est confrontée à une saison des incendies de forêt particulièrement alarmante. Avec près de 11 000 incendies recensés par l’Agence de la protection civile et plus de 115 000 hectares touchés par les flammes, la superficie brûlée à la mi-juillet avait déjà dépassé la superficie totale brûlée au cours de la saison précédente.
La saison des feux de forêt en France s’allonge, s’étendant de la période habituelle de juillet-août à juin-octobre en raison du changement climatique. La sécheresse de l’air et des sols fait que la végétation reste hautement inflammable pendant des périodes plus longues.
Conséquences pour la biodiversité : des milliers d’hectares ont été détruits par le feu, et d’innombrables animaux sauvages ont péri en silence. Ce sont souvent les victimes invisibles de ces catastrophes. La mortalité massive chez les insectes, les reptiles, les amphibiens, les oiseaux et les mammifères, petits et grands, représente une perte écologique considérable, souvent négligée et, dans de nombreux cas, irréversible.
« Les chiffres concernant les hectares brûlés et les animaux blessés ici en France donnent le vertige. Depuis fin mai, une vague de chaleur inhabituellement précoce et implacable — avec des températures dépassant les 40 °C, la sécheresse et, désormais, une saison des feux de forêt particulièrement violente — a poussé les centres de sauvetage de la faune sauvage du pays à leurs limites », déclare Aurore Morin, chargée de campagnes chez IFAW.
De nombreux animaux sont directement tués par les flammes. D’autres meurent par manque de nourriture, d’eau ou d’abri suite à la destruction de leurs habitats. Les animaux fuyant les incendies peuvent également subir des blessures, devenir plus vulnérables à la prédation ou être tués lors de collisions avec des véhicules. Dans certains cas, la faune déplacée peut entrer en conflit avec les humains lorsqu’elle cherche refuge dans des zones peuplées.
Les centres de sauvetage de la faune sauvage français accueillent actuellement principalement des animaux victimes des chaleurs extrêmes et relativement peu d’animaux victimes directes des feux de forêt. Malheureusement, de nombreux animaux sont incapables d’échapper aux flammes et ne peuvent donc pas être sauvés. La plupart des animaux actuellement admis sont des victimes de la canicule, bien que certains aient pu être indirectement affectés par les incendies après avoir réussi à s’échapper des zones touchées.
« Des faons s’effondrant au milieu de la route, des martinets épuisés, des hérissons déshydratés : les centres sont débordés, et derrière chaque chiffre se cache un animal en véritable détresse. Cela nous rappelle cruellement les conséquences que le changement climatique a déjà sur la faune sauvage, non pas de l’autre côté de la planète, mais directement dans notre pays », ajoute Aurore Morin.

IFAW
Le Fonds international pour la protection des animaux est une organisation mondiale à but non lucratif qui aide les animaux et les hommes à cohabiter harmonieusement.





















































































