Chaque année, plus de 600 000 renards sont tués en France dans un silence quasi total, sans justification scientifique solide ni encadrement cohérent. Face à cette destruction massive, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) engage une procédure juridique unique pour demander à l’État de revoir sa politique et mettre fin à un système aujourd’hui largement contesté. Il est urgent d’obtenir une refonte de la réglementation pour faire cesser ce massacre légal.
Le Renard roux est aujourd’hui l’une des espèces les plus persécutées en France. Tiré, piégé et déterré, il peut être tué toute l’année dans la quasi-totalité des départements métropolitains, sans quota ni suivi officiel des populations. Cette situation, unique en Europe, repose sur un cadre réglementaire dépassé, influencé par des intérêts cynégétiques, et non par l’intérêt général.
Les études sont pourtant claires : tuer les renards ne sert à rien. Les avis de l’ANSES, de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité ou encore du Muséum national d’histoire naturelle démontrent que ces pratiques sont inefficaces, voire contre-productives, notamment sur le plan sanitaire. Au contraire, le renard joue un rôle essentiel dans la régulation des petits rongeurs et l’équilibre des écosystèmes.
En maintenant ce système absurde, l’État méconnait ses obligations en matière de protection de l’environnement et de santé publique. Il autorise et entretient des pratiques contestées et cruelles, largement en décalage avec les connaissances scientifiques actuelles, tout en ignorant les alertes répétées des experts et les attentes majoritaires exprimées par les citoyens.
Dans ce contexte, l’ASPAS demande à l’État d’agir pour d’obtenir un changement réel et durable des pratiques, aujourd’hui injustifiées au regard des enjeux environnementaux et sanitaires. L’ASPAS demande notamment l’arrêt des pratiques les plus cruelles, la fin des destructions systématiques et la mise en place de solutions fondées sur la prévention. Le renard doit être considéré comme un allié, non comme une cible. Cette démarche constitue une première étape. En l’absence de réponse ou en cas de refus, l’association saisira la justice administrative pour faire reconnaître les manquements fautifs de l’État et l’obliger à agir.
« Quand les faits scientifiques sont ignorés, le droit devient un levier indispensable. L’État ne peut plus faire abstraction de la science ni des attentes largement exprimées par les citoyens, et continuer à soutenir des politiques qui ne répondent pas à l’intérêt général. Nous engageons cette action pour faire cesser une politique injustifiable. » Yolaine de la Bigne, porte-parole de l’ASPAS
Ce même jour, mercredi 8 avril, la pétition inter-associative* relative au classement ESOD du Renard roux, portée par un collectif d’associations dont l’ASPAS fait partie, sera examinée à l’Assemblée nationale par la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. La députée Ersilia Soudais a été désignée rapporteuse pour statuer sur la suite à donner à cette pétition. Son inscription à l’ordre du jour témoigne de la montée du sujet dans le débat public et institutionnel, alors que la politique actuelle fait l’objet de critiques croissantes. Cette actualité parlementaire, qui intervient au moment même où l’ASPAS engage une démarche juridique, souligne la convergence des interrogations sur la gestion du renard en France.
* Déclassons la cruauté – Stoppons le massacre injustifié des renards. Cette pétition, signée par plus de 55 000 personnes est portée par plusieurs associations engagées pour la faune sauvage : Focale pour le Sauvage, l’ASPAS, Ferus, One Voice, le Pôle Grands Prédateurs, Aves France, Animal Cross et Faune Alfort, unies pour demander la fin de cette injustice.

ASPAS
Association pour la protection des animaux sauvages










































11 commentaires
LAB
9 avril 2026 à 21h54
L’homme décide de qui doit être régulé, qui le chasseur a le droit de tirer, où il doit vivre quite à raser des centaines d’hectares de forêts et abattre des familles d’animaux vivant là au prétexte qu’elles ne peuvent pas être déplacées.
La joie de sortir un fusil et de tuer, pourquoi ? Un trophée.
Je serais partisan de remettre les jeux du cirque en fonction, avec des lions et des chasseurs…sans arme.
Gorse
12 avril 2026 à 23h29
Totalement d accord
ANDRE
14 avril 2026 à 10h39
Les renards sont utiles notamment pour éradiquer les rats taupiers qui pullulent dans les champs, et contre les tiques..
Ils ont un rôle à jouer dans l’écosystème.
Gaston F.
8 avril 2026 à 12h12
Le renard n’est pas persécuté: il est chassé, selon des règles, des périodes légales, des moyens légaux.
“Ces pratiques sont inefficaces” quels critères, quels objectifs, vous prenez pour juger cette soi-disant inefficacité? Au contraire la régulation du renard permet de maintenir une population raisonnable, acceptable pour l’agriculture et la biodiversité. Le but n’étant en aucun cas l’éradication de l’espèce.
Le suivi de cette espèce est parfaitement assuré: comptage au printemps, suivi des prélèvements, suivi des dégâts sur les élevages…
Quel poids accorder à cette pétition représentant 0.09% de la population? Signée par des experts en faune sauvage? des personnes vivants sur le terrain? je crois pas.
ASPAS, comme OneVoice, comme tant d’autres n’ont que l’émotion, les sentiments pour argumenter leur combat. On ne gère pas la biodiversité avec des sentiments.
Catherine Bevan
8 avril 2026 à 13h57
Dire que la régulation du renard est “efficace”, c’est ignorer la science.
Le renard compense la chasse : plus on en tue, plus il se reproduit. Résultat documenté population stable malgré des milliers de tirs chaque année.
Un renard mange jusqu’à plusieurs milliers de rongeurs par an. Moins de renards = souvent plus de dégâts agricoles, pas moins.
Et pour la biodiversité ? Les études montrent que le déclin des espèces vient surtout de l’agriculture intensive et de la destruction des habitats, pas du renard.
Donc non :
ce n’est pas une régulation efficace à long terme
ce n’est pas la cause principale des problèmes
et oui, c’est scientifiquement contesté
Ce n’est pas une question d’émotion. C’est une question de données.
Gaston F.
8 avril 2026 à 16h51
Catherine, je reprend le terme “efficace” car c’est l’ASPAS qui l’emploi. Je ne pense pas qu’il soit approprié pour la gestion de la biodiversité.
Vous approuvez (peut-être malgré vous) mes propos en disant que la population est stable: c’est le but recherché par les actions de régulation, garder une population cohérente vis à vis des surfaces et des ressources. C’est bien pour cela qu’il se reproduit bien: il a une ressource suffisante pour être en bonne santé, se reproduire correctement. Une surpopulation ne permettrait pas cette dynamique.
Je n’ai jamais dis que le déclin d’une espèce venait des renards ..!? Mais si une espèce (qui fait partie des proies du renard) est menacée, il est bon de veiller à ce qu’une surpopulation de prédateurs ne vienne achever ce déclin.
Tout est dans la nuance, le bon sens : exterminer une espèce est stupide, la protéger envers et contre tout l’est tout autant.
De plus une vérité sur un territoire donné ne l’est pas forcément sur le biotope différent d’un autre territoire.
Les ruraux qui connaissent mieux que quiconque leur territoire sont aussi à écouter.
Rebecca S.
8 avril 2026 à 17h26
Et vous Gaston, vous êtes un scientifique spécialiste en la matière? 🙂
La biodiversité de ne devrait pas être gérée, elle le fait très bien toute seule lorsque que l’être humain ne la dérègle pas! 🙃
Gaston F.
9 avril 2026 à 13h10
Rebecca, il faut relire mes commentaires et me dire à quel moment je me suis présenté comme scientifique… Votre dogme vous a joué un tour!! J’ai juste 30 années d’expérience, d’observation (sur le terrain, pas sur internet).
Les études scientifiques (non partisanes) et l’expérience de terrain devraient se compléter et non se confronter.
Comme vous le dites: la biodiversité sait se gérer dès lors l’intervention humaine ne la perturbe pas ; mais comme 100% du territoire est soumis à la présence humaine….. ça ne marche pas!
activité agricole, forestière, randonneurs, VTTiste, cavaliers, skieurs, motards, réchauffement climatique …tous ont leur part. Il faut réfléchir avec ce que le réel nous impose, pas avec un monde idéalisé. Bien cordialement.
roger
8 avril 2026 à 17h44
dégâts sur l’élevage ? lesquels svp quand il suffit, même pour un poulailler miniature, de le faire en dur et barrières semi-enterrées ? chasse régulée ? mon oeil !!! je vis en ruralité ariégeoise et c’est le far_west sur le sujet ( comme sur d’autres d’ailleurs ). Quand à la cruauté immonde du déterrage, n’en parlons même pas !
Wa
8 avril 2026 à 23h43
En retour, quels critères, quels objectifs sont définis pour les chasser ? Sur quoi se base les chiffres ?
Aucune étude scientifique pour justifier du nombre de renard à tuer !
Plusieurs études ont montré l’inefficacité de ces pratiques
La biodiversité n’a pas besoin de l’homme pour la gérer !!
Lety
9 avril 2026 à 10h22
L’espèce humaine se multiplie de manière complètement déréglée et cause des destructions innommables, c’est par là qu’il faut commencer avant de massacrer les autres espèces dans des conditions effroyables: gazage des terriers, assassinat de bébés. Comment peut-on encore autoriser une telle barbarie ???