ActualitésAnimaux domestiquesRetour des « vachettes en folie » a Errevet (70)

Chantal Girot10 juin 20266 min

L’organisation de ce consternant événement est prévue pour les 29 et 30 août 2026.

Notre association Défense Animal Belfort – D.A.B. s’y était fermement opposée l’année dernière lors de sa première édition.

Cette année, l’information a été donnée assez tôt pour que tout soit mis en œuvre afin de la faire interdire.

Outre notre inquiétude de voir s’installer la tauromachie dans notre région, les mauvais traitements envers les animaux sont au cœur de nos préoccupations.

Nous invitons les associations, les parlementaires, et toutes personnes sensibles à la cause animale et au sort de ces vaches landaises soumises au stress, à la souffrance et à un divertissement forcé, à se joindre à nous et à s’exprimer auprès des organisateurs, des élus et de la préfecture de Haute-Saône.

Merci pour votre soutien.

Nous rendons public le courrier recommandé avec accusé de réception que notre association a fait parvenir au Préfet de Haute-Saône afin de demander l’annulation de cet événement.

“Monsieur le Préfet

Notre association Défense Animal Belfort – D.A.B., spécialisée en droit animalier, a pour objet de défendre les droits de tous les animaux, de leur venir en aide et de lutter contre leur souffrance.

A ce titre, je me permets d’attirer votre attention sur l’organisation d’une course de vaches landaises par le comité des fêtes de la commune d’Errevet (70), les 29 et 30 août 2026 à laquelle nous nous opposons.

Il s’agit d’un événement programmé dans le cadre d’activités inter villages de plusieurs communes de Haute Saône, qui au demeurant serait une démarche à saluer si elle ne mêlait pas à ses festivités la maltraitance animale. Y a-t-il besoin, en effet, d’exploiter des animaux pour le divertissement du public alors que tant d’activités récréatives s’offrent à tous ?

Nous appuyant sur la législation en vigueur, nous avions dénoncé auprès de votre prédécesseur, au mois d’août 2025 le même évènement qui s’était déroulé les 30 et 31 août 2025, à partir des arguments suivants :

– Le long déplacement qui a été imposé aux animaux : le transport de ces vaches par un producteur de spectacles de courses landaises provenant de Saint-Martin de Hynx (40) à Errevet, représente une distance entre les deux départements de 989 kilomètres x 2, ajoutés au confinement, à la fatigue et au stress d’un long voyage.

– L’épidémie de dermatose nodulaire bovine très contagieuse, qui se propageait dans toute la France à ce moment-là, mettant en danger les animaux. Les conditions de confinement imposées aux éleveurs n’ayant pas été respectées, seul importait le divertissement. Un divertissement exigé de ces animaux, face à des humains se livrant à des sauts, des écarts, et jeux divers, forçant la vache à un combat qu’elle n’a pas choisi.

-Le non-respect de l’animal, être vivant et sensible, encordé, les cornes emboulées, soumis à la panique et au bruit de la foule, ainsi que l’isolement de l’animal au milieu d’humains inconnus.

Nous avions par ailleurs évoqué les conditions spécifiques définies par le code pénal concernant les courses de taureaux, article 521-1, non respectées.

Nous avons également rappelé l’exigence de sensibiliser les élèves dans les établissements d’enseignement au respect de l’animal, rendue obligatoire par la loi du 30 novembre 2021, faisant le lien avec la rentrée scolaire qui avait lieu quelques jours après cette fête de village où les enfants étaient présents.

L’événement n’ayant pas été annulé, nous nous sommes rendus sur place le samedi 30 août 2025 afin de constater la situation des animaux.

Nous avons remarqué que la première vache entrant dans l’arène avait le corps lacéré de toutes parts, elle bavait et semblait apeurée, encordée et contrainte de suivre le cordier qui la dirigeait manuellement dans ses déplacements, afin qu’un « torero » se tenant sur la trajectoire puisse sauter par-dessus l’animal à son approche.

D’autres vaches, forcées de sortir du « corral » à l’aide d’une pique, ont été livrées à la surexcitation du public, invité à leur lancer des ballons et des cerceaux dont le but était de viser les cornes. Les vaches affolées courraient dans tous les sens, se figeaient pour reprendre leur souffle, cherchaient une issue lorsqu’elles étaient heurtées par les objets qui parfois parvenaient à entourer leurs cornes.

Les mauvais traitements sont des faits observables, reconnaissables et sanctionnés par la législation selon des critères précis, et les traitements réservés aux animaux dans la course landaise n’échappent pas à ces critères, comme nous l’avons constaté dans le cas présent.

Dans le sport violent et suranné qu’est la course landaise, l’animal est malmené, frappé, moqué, soumis à une situation de stress et sa sensibilité n’est pas prise en considération.

Nous rappelons que la loi interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux (article L214-3 du CRPM).

De plus, l’article R214-85 du CRPM, dispose que “la participation d’animaux à des jeux et attractions pouvant donner lieu à mauvais traitements, dans les foires, fêtes foraines et autres lieux ouverts au public, est interdite sous réserve des dispositions du troisième alinéa de l’article 521-1 du code pénal” (désormais alinéa 11)

Nous rappelons également les dispositions pénales des articles R215-9 du CRPM et R654-1 du code pénal.

Nous rappelons enfin, que le code civil a consacré depuis 2015 à l’article 515-14, le statut de l’animal en qualité d’être vivant doué de sensibilité.

A ce titre, la question se pose de la nécessité d’utiliser des animaux à des fins de divertissements

Nous souhaitons attirer votre attention sur les dispositions de l’alinéa 1 de l’article 521-1 du code pénal :

« Le fait publiquement ou non d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé ou tenu en captivité est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ».

Or, si la vache landaise née de taureaux de corrida n’est pas mise à mort dans l’arène, il n’en demeure pas moins qu’elle est cruellement maltraitée.

En référence à cet alinéa, l’alinéa 11 dispose : Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée.

L’expression « courses de taureaux » utilisée dans le droit français et telle qu’elle apparaît à l’alinéa 11, ne laisse pas apparaitre de distinction entre les courses tauromachiques. Les courses de vaches landaises entrent donc dans la catégorie des courses de taureaux puisqu’il s’agit de femelles issues de taureaux de corrida.

Ainsi, si l’on s’en tient à ce texte de loi dans sa forme, les courses de taureaux représentent un délit dans les départements où elles ne sont pas autorisées et sont soumises à des sanctions pénales.

En conséquence, Monsieur le Préfet, Défense Animal Belfort – D.A.B., au regard des éléments évoqués ci-dessus, sollicite l’annulation des courses de vaches landaises pour les 29 et 30 août prochains à Errevet et leur interdiction définitive dans le département de Haute-Saône.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous voudrez bien porter à notre requête.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le préfet, nos respectueuses salutations. “


Chantal Girot
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Co-fondatrice et Présidente de D.A.B.
Titulaire du D.U de droit animalier de l’Université de Limoges

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