À l’occasion de la Journée mondiale de la baleine, jeudi 19 février 2026, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) souhaite rappeler le rôle joué par les baleines dans la lutte contre le réchauffement climatique et mettre en lumière les menaces qui pèsent sur elles.
Deux sortes de baleines sillonnent les mers et les océans
Les baleines à fanons sont des espèces filtreuses : leur bouche ne contient pas de dents mais des fanons, qui sont de longs filaments semblables à des poils. Les fanons sont faits de kératine, une protéine que l’on retrouve dans les cheveux et les ongles chez les êtres humains. Ils permettent à ces cétacés de filtrer d’immenses quantités d’eau pour retenir de petites proies comme le krill et le zooplancton. La baleine à bosse, la baleine bleue, la baleine franche et le rorqual commun sont des baleines à fanons.
Les baleines à dents se nourrissent d’animaux plus gros, comme des poissons, des calamars et d’autres animaux marins. Il existe 77 espèces de cétacés à dents, dont certaines très connues comme le cachalot et l’orque.
Les baleines sont présentes dans tous les océans du monde, des océans tempérés en passant par les eaux tropicales autour de l’équateur jusqu’aux eaux polaires des océans Arctique et Antarctique. On trouve également des baleines dans de nombreuses mers, comme la mer du Nord et la Méditerranée.
Les baleines, et plus largement les cétacés, sont les plus grands animaux actuellement présents sur Terre. Elles peuvent vivre jusqu’à 200 ans !
Le rôle étonnant des excréments de baleine !
Les baleines font partie intégrante de l’écosystème océanique, et elles contribuent à lutter contre le changement climatique d’une manière plutôt originale… en déféquant !
Les importantes quantités d’excréments produites par ces grands mammifères marins servent d’engrais au phytoplancton qui, à son tour, sert de nourriture au zooplancton. Le phytoplancton et le zooplancton sont deux types de micro-organismes aquatiques qui constituent la base de la chaîne alimentaire océanique, et qui sont essentiels à la santé de la planète. Ils contribuent en effet à capter du carbone de l’atmosphère, réduisant ainsi les gaz à effet de serre.
Le saviez-vous ?
Le phytoplancton produit environ 50 % de l’oxygène que nous respirons et absorbe des milliers de tonnes de dioxyde de carbone.
Le phytoplancton est également une source essentielle de nourriture pour de nombreux autres organismes aquatiques, tels que les petits poissons et les crustacés. Certains types de zooplancton, comme le krill, se nourrissent également de phytoplancton.
Tout comme les plantes, les espèces qui constituent le phytoplancton sont des organismes autotrophes, qui tirent leur énergie de la photosynthèse. C’est là que les excréments de baleine entrent en scène, puisqu’ils servent d’engrais au phytoplancton, lui offrant ainsi les nutriments dont il a besoin pour se développer.
Deux autres services incroyables que les baleines rendent à la planète
Un appui à la biodiversité océanique
Les baleines sont au sommet de la chaîne alimentaire marine. En contrôlant les populations des proies dont elles se nourrissent, elles contribuent à maintenir l’équilibre et la biodiversité des écosystèmes océaniques.
En contribuant à la santé du phytoplancton et du zooplancton, les baleines s’assurent également une source de nourriture qui sert aussi à de nombreux autres animaux marins, tout au long de la chaîne alimentaire.
La capture du carbone
Les baleines jouent un rôle crucial dans la capture du carbone. Elles font partie des plus grands animaux sur Terre et ont aussi une longévité hors du commun. Elles stockent du carbone dans leur organisme, tout comme les arbres stockent du carbone dans leur tronc.
Lorsqu’une baleine meurt, elle coule vers le fond de l’océan, emportant avec elle le carbone stocké dans son organisme. En mourant, elles stockent du carbone au fond de l’océan (et donc en dehors de l’atmosphère) pendant des centaines, voire des milliers d’années. Les carcasses de baleines constituent également une source de nourriture pour les espèces qui vivent en eaux profondes.
Un rôle clé pour la régulation des écosystèmes marins
Lorsqu’elles plongent au fond de l’océan, les baleines remuent les nutriments des profondeurs. Cela permet de favoriser une meilleure circulation des nutriments et de soutenir le phytoplancton à la surface de l’eau, une source de nourriture importante pour de nombreux poissons et crustacés.
Les baleines sont extrêmement importantes pour la santé de notre planète et de nombreux autres animaux !
Un délicat équilibre aujourd’hui en péril
Partout dans le monde, les baleines sont confrontées à de graves menaces dues à l’action de l’homme, de la chasse commerciale aux collisions avec les navires en passant par la pollution sonore sous-marine, l’enchevêtrement dans des équipements de pêche ou encore le changement climatique.
La chasse à la baleine
Les populations de baleines ont drastiquement chuté depuis le développement de la chasse commerciale à la baleine. Entre 1980 et 2001, les populations de petits rorquals et de rorquals communs ont respectivement chuté de 20% et de 85%. La situation des baleines bleues est encore plus catastrophique : leur nombre a chuté de 90% ! Malgré un moratoire mondial, certains pays continuent d’autoriser la chasse commerciale à la baleine.
L’impact du changement climatique sur les baleines
Moins de nourriture disponible
Le plancton est l’un des premiers organismes à ressentir les effets des changements de température. Le zooplancton se nourrit souvent de phytoplancton, qui survit mieux à des températures plus fraîches. Le réchauffement des océans peut priver le zooplancton de sa principale source de nourriture, entraînant ainsi sa disparition. La sécheresse est également connue pour tuer le phytoplancton et réduire la nourriture disponible pour le zooplancton.
Le changement climatique influence la répartition des saumons en raison de l’augmentation des inondations en hiver, de la diminution du débit des cours d’eau, de l’augmentation des températures et de l’évolution des conditions océaniques. Les orques ont besoin de ces saumons pour survivre. La modification de la répartition de la nourriture peut obliger les baleines à plonger plus longtemps, plus profondément et plus fréquemment pour trouver de la nourriture. Cela les met en danger, accroît leur stress et leur épuisement et leur fait perdre de l’énergie.
Effets accrus de la pollution
Ces polluants peuvent avoir un impact sur le système immunitaire des baleines et sur la capacité des femelles à se reproduire. Pour des espèces comme la baleine franche de l’Atlantique nord, qui ne compte plus que 70 femelles en âge de se reproduire, chaque femelle est importante pour la survie de l’espèce.
Baisse de la salinité et acidification des océans
La fonte des glaces entraîne une baisse de la salinité de l’eau de mer, car la glace qui fond n’est pas de l’eau salée. Ce phénomène a des répercussions sur l’habitat des baleines, qui sont des espèces d’eau salée, et sur leurs proies.
L’acidification des océans a également un impact sur les baleines. L’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère entraîne l’acidification de l’eau de mer, ce qui affecte non seulement la présence et la répartition des proies comme le saumon, mais aussi la capacité des baleines à communiquer par le son. Les baleines utilisent les sons pour chasser, se diriger, et elles peuvent communiquer sur des centaines de kilomètres. Or, l’acidification modifie la façon dont les sons sont absorbés dans l’eau.
L’impact de la pollution sonore sous-marine
Modification radicale du comportement des baleines
Le bruit se propage très efficacement sous l’eau. Les fréquences créées par les navires chevauchent les fréquences créées par les baleines et d’autres espèces marines, et cela provoque un vacarme constant qui interfère avec la capacité de ces animaux à communiquer, à se reproduire, à se nourrir, à éviter les prédateurs, à localiser leurs proies et à migrer.
Cela modifie radicalement la façon dont les baleines se comportent. Elles peuvent abandonner un habitat, être désorientées, s’échouer sur les plages, migrer dans les rivières, ou même manger ce qu’il ne faut pas.
Hausse importante de leur niveau de stress
La pollution sonore sous-marine est une source de stress physique considérable pour les baleines et peut parfois entraîner leur mort.
Les émissions sonores des navires sont particulièrement stressantes, car une grande partie se situe dans une gamme de basses fréquences, entre 20 et 200 Hz, utilisées par les baleines pour communiquer entre elles. Elles couvrent ainsi leurs vocalises !
Moindre capacité à se reproduire
Si vous ne pouvez pas localiser un partenaire potentiel à cause du bruit, c’est un gros problème, en particulier pour les espèces menacées dont le taux de reproduction est déjà faible. Au cours des 80 dernières années, par exemple, la distance à laquelle les baleines bleues peuvent s’entendre les unes les autres est passée de plus de 1 600 kilomètres à seulement 160 kilomètres aujourd’hui.
L’impact de la vitesse des navires
Le risque d’une rencontre mortelle due à la collision d’un navire avec une baleine est directement lié à la vitesse des navires. Le nombre croissant de navires qui sillonnent l’océan (200 000 par an rien qu’en mer Méditerranée !) perturbe la vie sous-marine et met en péril la survie de ces animaux.
Afin que les animaux marins puissent vivre dans des mers plus sûres, IFAW a identifié une solution réaliste et efficace : réduire la vitesse des navires.
L’initiative « Vitesses Bleues » vise à plafonner la vitesse des navires existants à 75 % de leur vitesse de conception. En Europe, on estime qu’une telle mesure se traduirait par une réduction de vitesse de 5 à 10% en moyenne, selon le type de navire.
Cette modeste concession entraînerait une diminution du risque de collision avec des baleines, de la pollution sonore sous-marine et des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du transport maritime, qui réaliserait du même coup des économies de carburant !
Assurer la survie des baleines est un enjeu majeur : si la mer se vide, si plus aucune baleine ne tombe au fond de l’océan, le changement climatique va s’accentuer !
Près de 3 millions de baleines ont été tuées pendant l’ère de la chasse industrielle du XIXème siècle.
La baleine bleue a été décimée à environ 90%.
On ne compte plus qu’environ 370 baleines noires de l’Atlantique Nord.

IFAW
Le Fonds international pour la protection des animaux est une organisation mondiale à but non lucratif qui aide les animaux et les hommes à cohabiter harmonieusement.



































































