ActualitésAnimaux domestiquesChevaux frappés, affamés et présumé étouffés : le gérant de Lucky Horse devant la justice le 4 novembre

Association Stéphane Lamart30 septembre 20266 min

Placé en garde à vue puis sous contrôle judiciaire, le gérant du centre Lucky Horse de Mazan comparaîtra le 4 novembre prochain à 14 heures. L’Association Stéphane LAMART, constituée partie civile, dénonce des témoignages faisant état de méthodes d’une extrême violence envers des animaux. Plusieurs animaux ont déjà fait l’objet de retraits judiciaires.

L’Association Stéphane LAMART « Pour la défense des droits des animaux » sera partie civile dans l’affaire concernant le centre d’équihomologie Lucky Horse / Isofaculté, situé à Mazan (Vaucluse), dont le gérant doit comparaître devant la justice le mercredi 4 novembre prochain à 14 heures.

Dans le cadre de cette affaire, le gérant a été placé en garde à vue puis sous contrôle judiciaire.

Il est notamment poursuivi, selon les informations communiquées à l’association, pour des faits d’actes de cruauté et de mauvais traitements envers des animaux, ainsi que pour des faits relevant de l’exercice illégal de la médecine.

L’Association Stéphane LAMART a décidé de porter plainte et de se constituer partie civile après avoir reçu plusieurs signalements et témoignages écrits particulièrement préoccupants concernant les conditions de détention des animaux et les méthodes qui auraient été pratiquées au sein de la structure.

Un premier retrait judiciaire est intervenu le 17 juin 2026.

Six équidés ont alors été retirés de la structure et confiés à l‘association Les Chevaux de l’Éden une jument suitée, soit la jument et son poulain, deux autres équidés ainsi que deux poneys Shetland.

À leur arrivée, plusieurs animaux présentaient un état de santé et un état corporel particulièrement préoccupants. Parmi eux, un poney avait été évalué par les services de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) à une note d’état corporel de seulement 0,25 sur 5.

Plusieurs des animaux nécessitaient une prise en charge vétérinaire importante et quatre équidés ont dû être hospitalisés.

De nouveaux retraits sont intervenus les 16 et 17 septembre 2026. Un bouc ainsi que plusieurs équidés ont notamment été pris en charge. L’état d’une jument ne permettant pas son transport dans les conditions habituelles le 16 septembre, son évacuation a dû être différée au lendemain : elle a finalement été transportée le 17 septembre au moyen d’une ambulance adaptée.

Ces retraits judiciaires et l’état dans lequel certains animaux ont été pris en charge constituent des éléments particulièrement préoccupants dans cette affaire.

Les témoignages écrits recueillis décrivent notamment des chevaux qui auraient été volontairement privés de nourriture pendant plusieurs jours afin de les affaiblir et de faciliter leur manipulation.

Certains auraient été attachés à des arbres avec une chaîne entourant leur nez, susceptible de se resserrer lorsque l’animal tirait, parfois jusqu’à provoquer des blessures et des saignements.

Des témoins évoquent également l’utilisation de bâtons rigides, de barres d’obstacles et d’autres objets pour frapper ou percuter les chevaux lorsqu’ils ne répondaient pas suffisamment aux exercices qui leur étaient imposés.

Le cas d‘Olympe figure parmi les signalements les plus préoccupants transmis à l’Association Stéphane LAMART. Le cheval aurait notamment subi une pendaison suivie d’une réanimation, des privations de nourriture et d’abreuvement à visée prétendument « éducative », des coups, des entraves ainsi qu’un enfermement dans l’obscurité.

Une ponette gestante aurait également avorté après une période de privation de nourriture, avant d’être remise au travail peu après, malgré les contractions et sans examen vétérinaire.

Les signalements font également état de castrations qui auraient été pratiquées au moyen d’élastiques, notamment sur un bouc.

Plus graves encore sont les témoignages concernant la mort de plusieurs chevaux.

L’un des témoins affirme avoir assisté aux derniers instants d’un cheval prénommé Indigo, gravement blessé et incapable de se relever.

Selon son récit, après une première tentative infructueuse, l’animal aurait été déplacé dans un endroit isolé. Le témoin affirme avoir vu le gérant maintenir un sac plastique autour des naseaux du cheval jusqu’à ce que celui-ci cesse de bouger.

Le cadavre aurait ensuite été laissé sous une bâche avant d’être enterré sous des oliviers.

Un autre cheval, Karnak, âgé et malade, aurait également été mis à mort avant d’être enterré sur la propriété. Selon le témoignage recueilli, il aurait été demandé aux personnes présentes de déclarer que l’animal était parti « à la retraite ».

Plusieurs autres chevaux présentés comme ayant quitté la structure pour leur retraite seraient, selon les témoignages recueillis, morts sur place et enterrés sur le terrain.

D’autres signalements font état d’animaux laissés sans soins vétérinaires, de blessures non traitées, d’infestations parasitaires, de diarrhées persistantes, de sabots insuffisamment entretenus et de conditions d’hébergement susceptibles d’occasionner des souffrances.

Des chevreaux seraient notamment décédés après un coup de chaleur sans prise en charge vétérinaire, avant que leurs dépouilles ne soient placées dans une zone de compost.

« Les témoignages qui sont parvenus à l’Association Stéphane LAMART sont extrêmement graves, éprouvants et décrivent des faits parfois difficiles à concevoir tant ils sont violents. Face à la gravité des éléments qui nous ont été transmis, nous avons décidé de porter plainte et de nous constituer partie civile dans cette affaire. Une enquête judiciaire a depuis été menée.

On nous parle de chevaux volontairement privés de nourriture pour les affaiblir, attachés avec des chaînes, frappés et, pour certains, qui auraient été étouffés avec des sacs plastiques avant d’être enterrés. Un cheval aurait même subi une pendaison suivie d’une réanimation. Nous avons également été alertés sur des cas de castration qui auraient été pratiquées au moyen d’élastiques.

Mais au-delà des témoignages, il y a désormais l’état dans lequel certains animaux ont été retirés de la structure. Le 17 juin, six équidés ont fait l’objet d’un retrait judiciaire. Quatre ont dû être hospitalisés et l’un des poneys présentait une note d’état corporel évaluée à seulement 0,25 sur 5. En septembre, de nouveaux animaux ont été retirés et l’état d’une jument a nécessité son transport en ambulance.

Aucun acte de maltraitance envers un animal ne doit rester impuni, quel que soit l’animal concerné. Les animaux ont des droits et notre association est là pour les faire respecter et les défendre devant la justice. Le procès du 4 novembre devra permettre de faire toute la lumière sur cette affaire et de comprendre ce qui s’est réellement passé derrière les murs de cette structure. », déclare Stéphane LAMART, président-fondateur de l’association.

L’Association Stéphane LAMART entend suivre cette procédure jusqu’à son terme et faire valoir devant la juridiction les intérêts des animaux victimes.

Elle souhaite que l’audience permette de déterminer les circonstances exactes dans lesquelles les animaux ont été détenus, traités et, pour certains, sont décédés, ainsi que d’établir les responsabilités de chacun.

Photo d’illustration


Association Stéphane Lamart
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