ActualitésDans un restaurant, Stéphane Lamart rachète 300 euros une langouste rouge méditerranéenne vivante et lui rend sa liberté

La scène aurait pu se terminer dans une casserole. Elle s’est finalement achevée dans la Méditerranée, par une remise en liberté.

Alors qu’il se trouvait dans un établissement de Roquebrune-Cap-Martin, Stéphane Lamart, président-fondateur de l’Association Stéphane Lamart “Pour la défense des droits des animaux”, a assisté à une scène aussi insolite que bouleversante pour celui qui consacre sa vie à la protection animale depuis plus de 26 ans.

Comme cela se pratique dans certains restaurants, une serveuse vient présenter à table la pêche du jour. Sur le plateau figurent plusieurs poissons morts. Mais, au milieu d’eux, une langouste est encore bien vivante.

Ses antennes bougent. L’animal réagit. Pourtant, il est présenté comme un simple produit de consommation, avec son prix au poids : environ 300 euros pour cette langouste d’environ un kilogramme.

Pour Stéphane Lamart, végétarien (sans viande ni poisson) et engagé depuis plus de 26 ans dans la défense des animaux, le choc est immédiat :

« Mon sang n’a fait qu’un tour. Devant moi, il n’y avait pas un produit ou une marchandise, mais un animal vivant. Elle bougeait ses antennes. Elle était là, devant nous, et on nous la présentait comme on aurait présenté un objet avec une étiquette et un prix. J’ai trouvé cette scène terriblement violente symboliquement. »

Depuis plusieurs années, Stéphane Lamart milite notamment contre les souffrances infligées aux crustacés et contre les pratiques consistant à les plonger vivants dans l’eau bouillante.

Face à cette langouste condamnée à finir dans l’assiette d’un client, il prend alors une décision pour le moins inhabituelle : il l’achète. Non pas pour la manger, mais pour la sauver 300 euros pour une vie.

La langouste est ensuite ramenée au bord de la Méditerranée et relâchée vivante dans son milieu naturel, lui offrant ainsi une seconde chance.

« Certains trouveront peut-être insensé de dépenser 300 euros pour sauver une langouste. Pour moi, ce qui est insensé, c’est de considérer qu’une vie ne vaut rien dès lors que l’animal est destiné à notre assiette. Cette langouste était vivante. J’avais la possibilité de changer son destin. Je l’ai fait ! »

Cette histoire, aussi singulière soit-elle, porte pour l’Association Stéphane Lamart un message plus large : les crustacés ne doivent plus être considérés comme de simples produits alimentaires dépourvus de toute sensibilité.

« Lorsque j’ai vu cette langouste bouger devant moi, j’ai pensé à ce que représente notre regard sur l’animal : nous décidons de sa valeur, nous fixons son prix et nous décidons du moment où sa vie doit s’arrêter. Hier soir,  j’ai simplement décidé que, pour elle, ce ne serait pas la fin. »

Ce geste n’est d’ailleurs pas une première pour Stéphane Lamart, qui avait déjà acheté à Menton des crustacés vivants afin de les soustraire à leur mise à mort et de les remettre en liberté.

À travers cette histoire, l’association Stéphane Lamart souhaite interpeller les consommateurs : derrière le homard ou la langouste présenté sur un étal, dans un vivier ou sur un plateau, il y a d’abord un animal vivant.

Et pour cette langouste de Roquebrune-Cap-Martin, le menu du jour aura finalement eu une conclusion inattendue : retour à la mer.


Association Stéphane Lamart
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