A l’occasion de la Journée mondiale contre l’abandon des animaux de compagnie qui aura lieu le samedi 27 juin prochain, l’association Solidarité Peuple Animal dresse un état des lieux de l’abandon des chats et des chiens en France. Une situation qui n’a pas évolué depuis des années, voire s’est aggravée…
335 258 chiens et chats abandonnés en 2025
En 2025, 335 258 chats et chiens ont été pris en charge par les refuges, associations et fourrières, confirmant une nouvelle fois que plus de 300 000 animaux sont abandonnés directement, issus de maltraitance, de saisies ou trouvés errants, chaque année en France.
Les chats, premières victimes des abandons
Ce sont les chats qui paient le plus lourd tribut de ce fléau qui se renouvelle chaque année dans notre pays. 285 981 sont recueillis par les salariés et bénévoles des associations de protection animale. Parmi eux, 45 274 sont des chats errants que les associations ont trappés, identifiés et stérilisés avant de les relâcher sur le site où ils ont été trouvés.
« Les chats errants pris en charge deviennent des chats libres : ils sont identifiés, stérilisés puis relâchés sur leur territoire. Les plus sociables peuvent être proposés à l’adoption, mais l’objectif principal reste de stabiliser les populations et limiter leur reproduction par la stérilisation », précise Katia Renard, Présidente de Solidarité Peuple Animal.
Pour la présidente de l’association qui a créé la Journée mondiale contre l’abandon, les prises en charge des chats errants par les associations ne sont que la partie émergée de l’iceberg de l’errance féline. Dans toute la France, dans toutes les communes, des colonies de chats errants prolifèrent sans que les communes ne prennent le problème à bras le corps.
« Beaucoup d’associations de protection animale travaillent sans le soutien de la commune sur laquelle elles mettent en place le dispositif CSR (Capture, Stérilisation, Relâcher). Pourtant, mettre en place un dispositif chats libres fait partie des obligations prévues par la loi (L.211-27 CRPM + Arrêté 2025 art. 29) et doit précéder obligatoirement la mise en fourrière. Or, ce n’est généralement pas fait. »
Aujourd’hui, le nombre exact de chats errants reste inconnu. Les estimations évoquent plusieurs millions d’individus mais aucune donnée nationale fiable ne permet de mesurer précisément l’ampleur du phénomène.
« Il n’y a pas d’O’Malley (le chat de gouttière des Aristochats) heureux dans la rue. L’errance, c’est la faim, la soif, les maladies, les bagarres, les accidents et une espérance de vie très réduite. La majorité des chatons n’atteignent pas six mois et les adultes vont rarement au-delà de 2 ou 3 ans », complète la présidente de Solidarité Peuple Animal.
Deux profils canins majoritaires
En 2025, 49 277 chiens ont été pris en charge. Les refuges signalent une forte surreprésentation des molossoïdes et des chiens de type malinois, souvent majoritaires dans les structures d’accueil.
« Ces chiens sont souvent victimes d’achats impulsifs, parfois liés à des phénomènes de mode ou de maîtres insuffisamment préparés à leurs besoins, précise Katia Renard. Ils figurent parmi les profils les plus touchés par la maltraitance et les plus difficiles à replacer une fois abandonnés. »
Une saisonnalité des abandons juste pour les chats
Contrairement à une idée reçue, le pic estival des abandons concerne principalement les chats. Les prises en charge passent de 14 447 en mai à 23 984 en juin (+66 %), avant d’atteindre un maximum de 29 465 en juillet. Elles restent ensuite élevées jusqu’en octobre avant de diminuer à partir de novembre. Cette saisonnalité coïncide avec les périodes de reproduction des chats et l’arrivée des portées non désirées dans les structures d’accueil. « Ces chiffres montrent que la maîtrise de la fertilité, par la stérilisation des mâles et des femelles, demeure le levier le plus efficace pour réduire durablement les abandons », souligne Katia Renard.
Des causes identifiées et récurrentes
Aujourd’hui, les principales causes identifiées d’entrées des animaux dans les structures d’accueil, sont :
- les portées non désirées ;
- les achats impulsifs ;
- les comportements jugés incompatibles avec le mode de vie du foyer ;
- les accidents de la vie (déménagement, séparation, chômage, décès) ;
- les difficultés économiques ;
- les départs en vacances mal anticipés ;
- la maltraitance et le défaut d’identification.
« Nous manquons de données objectives des motifs d’entrée des animaux en structure, explique la présidente de Solidarité Peuple Animal, mais dans un très proche avenir ces données devront être mentionnées dans la BNO* (la base nationale des opérateurs) et nous permettre une analyse plus fine des motifs d’abandon. Ce que l’on peut toutefois affirmer c’est qu’à ce jour, nous ne disposons d’aucune donnée objective qui permette d’affirmer que l’abandon des chats et des chiens est spécifique d’une région, d’une activité professionnelle, d’un niveau social ou culturel, d’un âge (et du maître et de l’animal) ou même d’une race (en dehors des malinois et molossoïdes peut-être)… »
Quels leviers pour lutter contre l’abandon ?
En matière d’abandon, les années se suivent et se ressemblent en France. Les chiffres trahissent peu ou prou un phénomène important et récurrent sans que l’on voie une solution pour que les courbes aillent enfin dans un sens descendant.
Pourtant, la présidente de Solidarité Peuple Animal affirme que les solutions existent mais que l’une ne doit pas être privilégiée plus qu’une autre car les causes sont multifactorielles. « La stérilisation est un levier essentiel, mais elle doit s’accompagner d’une meilleure identification des animaux, d’un soutien accru aux communes pour la gestion des chats errants, d’une sensibilisation des propriétaires et d’un renforcement de la lutte contre les trafics et la maltraitance. Les solutions existent ; elles nécessitent désormais une volonté collective. »
Une grande collecte nationale pour aider
Méthodologie
Solidarité Peuple Animal a travaillé à partir des chiffres I-Cad et la méthodologie a été précisée à Ingenium Animalis.
Ont été pris en compte dans le calcul :
- Les 1res identifications réalisées par les associations animales, les refuges et les mairies
- Les cessions de détenteurs particuliers vers les associations animales, les refuges, les fourrières et les fourrières refuges
- Les transferts (ou cessions) d’animaux des fourrières et des fourrières refuges vers les refuges, les refuges-fourrières et les associations animales
- Les identifications des chats errants par les associations, les refuges, les fourrières et les fourrières-refuges.
Ils ne prennent pas en compte :
- Les animaux décédés en arrivant en fourrière
- Les chats et chiens rendus aux animaleries et éleveurs.
A propos de Solidarité-Peuple-Animal
Solidarité-Peuple-Animal est une association créée en 2018 pour aider les petites associations de protection animale. Elle fournit aide matérielle, alimentaire et professionnelle, et compte près de 700 associations. Membre de l’Observatoire des carnivores domestiques, elle suit la situation des animaux de compagnie. En 2019, elle a lancé la Journée mondiale contre l’abandon des animaux pour promouvoir l’adoption responsable.
* Cette base est prévue par le règlement européen 2016/429 relatif aux maladies animales transmissibles, communément appelé « Loi de Santé Animale (LSA) » entré en vigueur le 21/04/2021

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