Animaux sauvagesNuméro 1La photographie en plaidoyer des animaux libres

Maryline Bertrand15 octobre 20204 min

Lorsque Laurent Baheux photographie la faune d’Afrique, c’est comme un voyage dans l’espace et dans le temps. On y découvre des lieux et des animaux que l’on croirait sortis d’une autre époque, celle des débuts de la colonisation du continent noir par les blancs et de la migration à grande échelle des plus gros mammifères du monde.

Son approche est une véritable quête, une recherche quasi mystique des icônes de la savane dans le paradis perdu des brousses africaines. Le lion est le mammifère d’Afrique qui le fascine le plus. Il l’aborde comme le faisait les photographes humanistes, en saisissant des scènes et des moments simples du quotidien. Laurent explique que son attrait pour le roi des animaux est d’abord esthétique : c’est un animal majestueux, massif et bien proportionné, souple et agile. Sa crinière lui donne une présence et une prestance que ne possède aucun autre mammifère. Ce qui intéresse le plus le photographe, c’est la rencontre intime avec le lion et chacune des espèces qu’il croise : qui sont-elles en tant qu’individus ? Que ressentent-elles? «Nous sommes tous uniques et c’est cette individualité, cette personnalité, que je cherche à capter et à transmettre en images», raconte le photographe.

Le noir et blanc est l’essence même de la photographie

Laurent prolonge sa démarche en ne photographiant qu’en noir et blanc ; un choix intuitif et assumé datant de ses débuts de photographe dans la presse écrite. Pour lui, le noir et blanc est l’essence même de la photographie, c’est à dire une écriture composée d’ombre et de lumière. Le noir et blanc fait partie de l’histoire de la photographie et également partie de la sienne puisqu’il a tout appris en autodidacte au labo argentique monochrome. Avec le noir et blanc, il se concentre plus facilement sur les formes et sur la composition. Ce choix lui permet de libérer le spectateur de l’attirance superficielle qu’exerce la couleur, pour un retour à l’essentiel, une vision en profondeur. Le résultat de cette démarche s’exprime dans d’impressionnantes images qui révèlent bien plus que la silhouette de ces animaux. Ce face-à-face change le regard et peut éveiller les consciences.

Militer pour des espaces réservés aux autres espèces

De retour en France après ses longs séjours en terres africaines, Laurent poursuit cette quête autrement, en militant pour l’arrêt des animaux en captivité dans nos cirques, nos parcs et nos zoos. Selon lui, ce que vivent ces animaux est comparable à ce que pourrait subir un être humain dans les mêmes conditions ; l’enfermement est une torture physique et mentale pour les animaux comme les hommes.

« En raison du confinement, nous avons vécu enfermé pendant quelques mois et ainsi touché du doigt cette privation d’espace et de liberté, génératrice de stress, d’angoisse et parfois d’agressivité et de dépression. Or, pour les animaux captifs ; la prison est pour la vie. Il est vrai que les zoos et les parcs ont évolué sous la pression du public et les attentes d’un divertissement renouvelé. On agrandit un peu les enclos, on cache le béton au profit de la végétation, on invente des séjours « immersifs » pour avoir l’impression d’être dans le pays des bêtes, parfois même on les nourrit ; mais c’est surtout pour le confort et le plaisir des visiteurs que ces aménagements sont faits, et non pour ceux des animaux».

Pour lui, la seule chose qu’il est utile et urgente de faire est de laisser la place aux autres espèces c’est-à-dire de délimiter des territoires où aucune vie humaine ne viendrait interférer car partout où l’homme avance, la nature recule. Il existe des exemples de zones laissées exclusivement à la vie sauvage et c’est l’unique option qui permette la préservation.

Rhinos quartetKenya 2013 Laurent Baheux
Rhinos quartetKenya 2013 Laurent Baheux
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Pour Laurent Baheux

2 commentaires

  • Valérie Leblanc

    16 octobre 2020 à 16h40

    Superbe , passionné….
    Merci

    • Maryline Bertrand

      22 octobre 2020 à 10h34

      Merci Valérie. Il n’y a pas d’émotions sans passion

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