Education des adultesNuméro 4Questions à Séverine Nadaud, maître de conférences en charge du 1er DU de droit animalier en France

Savoir Animal15 juillet 20215 min

Le DU de droit animalier de Limoges n’est pas un DU comme les autres, puisqu’il a été créé par le père fondateur du droit animalier qui n’est qu’autre que le directeur de la 1ere Revue animalière, la Revue Semestrielle de Droit Animalier, Jean-Pierre Marguénaud. Après Lucille Boisseau-Sowinski, c’est Sévérine Nadaud qui en a repris les rênes. Pour Savoir Animal, Sévérine Nadaud a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Madame Nadaud, vous êtes la responsable du DU de droit animalier de Limoges, créé et mené en partenariat avec la Fondation 30 millions d’amis, pourquoi avez-vous acceptez de remplacer Lucille Boisseau-Sowinski, par amour des animaux ?

Lorsque Lucille Boisseau-Sowinski m’a demandé dans un premier temps de l’assister puis dans un second temps de prendre sa suite à la direction du DU de droit animalier, j’étais très honorée de la confiance qu’elle me témoignait et j’ai accepté sans hésitation. J’enseigne dans ce DU depuis sa création et j’écris régulièrement dans la RSDA depuis 2010. Je ne suis pas une spécialiste du droit animalier aussi connue et reconnue que ne le sont Lucille ou Jean-Pierre mais nous avons régulièrement collaboré sur divers projets dont le Code de l’animal et depuis plus de 10 ans maintenant mes travaux de recherche portent plus particulièrement sur la protection des animaux sauvages par le droit international, européen et national de l’environnement. C’est donc par passion pour les animaux et le droit animalier que j’ai dit oui !

Quels sont les objectifs du DU de Limoges ?

Les objectifs du DU de droit animalier de Limoges sont multiples. Il s’agit d’apporter à un public très divers une formation spécialisée dans cette nouvelle branche du droit qui est trop peu diffusée et enseignée dans nos facultés de droit comme discipline à part entière, contrairement à ce que l’on peut voir dans de nombreuses universités étrangères. Il fallait donc véritablement combler ce vide. Au-delà d’apporter des connaissances nouvelles, il s’agit également de former les participants à développer une véritable capacité de réflexion et d’être force de proposition de ce que sera le droit animalier de demain. Pour valider leur DU, ils doivent en effet proposer une réforme visant à améliorer le droit animalier sur un point précis et cet exercice de droit prospectif est particulièrement apprécié car très concret, pratique et formateur. Enfin, je dirais qu’au-delà des aspects liés à l’enseignement, le DU permet de mettre en lumière l’expertise des chercheurs limougeauds en matière de droit animalier.

Une question qui revient souvent de la part des lecteurs : est-ce que le DU de Limoges s’adresse uniquement aux juristes ?

C’est un DU essentiellement composé d’enseignements juridiques. Donc à l’évidence un juriste sera beaucoup plus à l’aise pour suivre cette formation qu’un non-juriste. Cependant, chaque promotion du DU a accueilli des non-juristes (vétérinaires, membres des œuvres de protection animale, d’associations, etc) et leur présence n’en a été que profitable et enrichissante tant pour les participants juristes que pour les enseignants du DU également. Notre DU est mené en partenariat avec la Fondation 30 millions d’amis et il était important que ce DU s’ouvre aussi aux acteurs de terrain quels qu’ils soient. Pour pouvoir candidater au DU, il suffit de pouvoir attester d’un niveau L2 en droit ou dans une autre discipline. Les candidatures sont chaque année plus nombreuses et la sélection est parfois difficile car notre capacité d’accueil est assez limitée (une vingtaine de places). La pandémie de covid-19 ne nous a pas non plus aidé cette année : nous avons dû reporter une de nos sessions de formation et supprimer ainsi un des appels à candidatures. Cela a été très frustrant pour les candidats comme pour nous.

11e promotion déjà… votre collaboration avec certains membres du DU est très étroite depuis des années. Je pense notamment à votre collaboration à la Revue Semestrielle de Droit Animalier. Par conséquent, je peux me permettre de vous poser une question qui oblige à prendre du recul… quelles sont les conclusions positives voire négatives à tirer de l’implication de l’équipe de Limoges dans le droit animalier en France ?

Suite au report dû à la pandémie, la prochaine promotion sera en fait notre 10ème promotion. Je suis ravie de pouvoir accueillir les futurs participants sur le campus de Brive-la-Gaillarde dès le 30 aout 2021. Ce qui est très positif c’est que le DU de droit animalier a fait des émules et qu’aujourd’hui des enseignants de ce DU venant d’autres universités que celle de Limoges ont eux aussi créé un diplôme similaire tout en continuant à enseigner dans notre formation : je pense par exemple à Olivier Le Bot à Aix-Marseille ou à François-Xavier Roux-Demare à Brest. Notre université a donc servi de locomotive et je souhaite que ce déploiement continue car il n’y a pas lieu d’y voir ici une quelconque concurrence. Le nombre de candidatures ne faiblit pas, il a même augmenté depuis la création de ces autres diplômes. Je crois très sincèrement que ce réseau des DU de droit animalier permettra de faire progresser le droit positif car les praticiens du droit que nous formons (magistrats, avocats, notaires, etc) tout comme les autres professionnels feront avancer les choses sur le terrain. Pour ce qui concerne les aspects négatifs, je n’en vois aucun. Je vous avoue que je suis quelqu’un de très optimiste dans la vie et que je n’ai pas pour habitude de m’appesantir sur ce que l’on aurait pu faire ou mieux faire. Ce que je vois c’est que ce nous avons accompli grâce au départ à l’idée lumineuse de Lucille et Jean-Pierre est considérable pour le droit animalier. Les anciens étudiants du DU, qui sont désormais plus de 250, ont créé leurs propres associations qui vont elles-aussi participer à la diffusion et la progression du droit animalier, je pense à l’IRIDDA (Institut de Recherche, d’Information et de Développement du Droit Animalier) et à l’APRAD (Association de Protection des Animaux par le Droit). Les enseignants du DU continuent dans leur domaine de recherche à publier des articles et ouvrages, organiser des colloques, bref à accroitre les connaissances en droit animalier et on ne peut que s’en féliciter. En un mot, vive le droit animalier !

DU de droit animalier : fdse.unilim.fr/article937.html

Séverine Nadaud, maitre de conférence à l’Université de Limoges
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La rédaction - Savoir Animal

Il y a un commentaire

  • Sabine

    16 juillet 2021 à 19h37

    Est-ce possible de suivre ce DU à distance ? Je suis d’une autre région.

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