« La bête c’est lui »

Chris Dyn11 juin 20213 min

Bonjour Chantal. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis dans la musique depuis mes 16 ans. J’ai connu quelques succès en tant que chanteuse à la fin des années 60 avec notamment les chansons « Caribou » et « Le prof d’anglais ».

Après un éloignement volontaire du milieu musical je suis revenue dans les années 80 en tant que parolière pour différents artistes.

J’ai aussi écrit quelques livres pour enfant, dont un livre audio qui avait pour héros un animal qui allait inciter un enfant à devenir végétarien, ce qui était précurseur à l’époque.

J’ai pu exprimer à travers ce support mon amour et mon engagement de longue date pour les animaux.

Comment est née l’idée de faire une chanson anti-corrida ?

Quelques années après cette publication j’ai quitté Paris pour le Gard où j’ai découvert toute l’horreur de la tauromachie. J’ai alors tout naturellement commencé à militer et décidé de mettre la musique au service de l’abolition de la corrida. « La bête c’est lui » est née après l’action de Rodhilan en octobre 2011, à laquelle j’ai participé, où 95 militants  avaient sauté dans l’arène afin d’essayer d’arrêter les novilladas* en cours. J’étais assise dans les gradins à côté d’une petite fille blonde. Elle était excitée et ne cessait de demander à son père quand le spectacle allait commencer.

J’ai pensé à ce moment-là « voilà une enfant qui vient voir un autre enfant souffrir et mourir ». C’était terrible ! car c’est terrible de trouver une enfant obscène, et c’est pourtant le sentiment que j’avais, elle était là dans sa robe blanche et moi je la trouvais obscène ! J’avais cette horrible impression d’être à la frontière d’une fête et du royaume de la nausée.

Ce jour-là nous n’avons pu faire annuler la novillada mais depuis ce jour les afficionados de France savent que les taureaux ne sont plus seuls et que « nos larmes sont devenues des armes contre leur barbarie ».

*Corrida où les apprentis torreros torréent de jeunes taureaux


Paroles de La bête c’est lui :

Monsieur le président
Je ne suis qu’une bête
Vous penserez peut-être
Que c’est pas important.

Ils disent que ce soir
Je rentre dans l’arène
Je vais mourir au terme
De mes quatre printemps.

Je n’sais rien de votre art
Je ne suis pas des vôtres
Vous comprendrez le nôtre
Quand vous saurez le voir

Et s’il me faut combattre
Avec ceux de ma race
Celui que je terrasse
Ne porte pas de fard.

Ce qui vous amuse me fait souffrir

Ce qui vous amuse me fait souffrir

Messieurs qu’on nomme “grands”
Faites à votre guise
Mais faut que je vous dise
Si ma mort n’a servi
Qu’à rassurer l’humain
Sur sa toute puissance
C’est qu’il n’a pas conscience
Que la bête c’est lui…

Quand ils auront fini
De trucider mon âme
Avec toutes leurs lames
Et qu’ils auront compris
Qu’à les voir si heureux
Au moment où je tombe
J’en aurais presque honte
Si j’étais fait comme eux

Si j’étais fait comme eux

Ce qui vous amuse me fait souffrir

Ce qui vous amuse me fait souffrir

Faut-il qu’ils soient perdus
Pour apprendre l’enfance
A tuer l’innocence
Faut-il qu’ils continuent
A verser notre sang
Dans les villes de France

Plus ils nous font offense
Plus nous avons d’amis
Qui s’en vont dire aux gens
N’allez pas aux arènes
Ces lieux sont plein de haine
Éloignez vos enfants.

Tenez-vous le pour dit
Que leurs milliers de larmes
Sont devenus les armes
Contre vos barbaries

Contre vos barbaries

Ce qui vous amuse me fait souffrir

Ce qui vous amuse me fait souffrir

Ce qui vous amuse me fait souffrir

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