Le centre de recherche du Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives (CEA) à Fontenay-aux-Roses – qui héberge environ 400 macaques – conduit dans l’opacité la plus totale des activités de recherche susceptibles d’avoir des impacts forts en matière de santé publique et d’environnement sur leur territoire.
Le site dispose d’installations classées en confinement biologique de niveau P3 à proximité immédiate des zones d’habitation. Cela signifie que certains agents pathogènes nécessitant des mesures de sécurité renforcées peuvent y être manipulés.
Depuis 2015, nous demandons au CEA de faire la lumière sur ses activités. Face à son silence, nous avons décidé de rendre publiques les informations dont nous disposons.
3 ans de bataille juridique pour demander au CEA qu’il respecte la loi
En France, la loi garantit à toute personne l’accès aux documents produits ou détenus par une administration, sauf exceptions strictement encadrées (secret défense, vie privée, secret industriel…). Une autorité indépendante, la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), veille au respect de ce droit.
En mai 2023, Antidote Europe demande à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) des Hauts-de-Seine plusieurs documents relatifs aux autorisations dont bénéficie le CEA pour la détention, l’importation et l’élevage d’animaux non domestiques sur le site de Fontenay aux- Roses. La DDPP refuse.
L’association saisit alors la CADA. Après plus de deux ans de démarches, les documents sont finalement communiqués en septembre 2025. En plus de nombreuses non-conformités en matière d’hygiène, de formation des personnels et de gestion des médicaments, ils révèlent qu’un arrêté du 23 mai 2024 renouvelle l’agrément autorisant le CEA à importer, élever et utiliser des animaux à des fins de recherche.
Antidote Europe décide d’attaquer cet agrément au motif que le Code de l’Environnement n’est pas respecté. L’avocat de l’association a déposé une requête introductive d’instance au Tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 18 novembre 2025. Les risques environnementaux (pollutions) et sanitaires (contaminations biologiques) sont avérés et les obligations d’information et de participation du public n’ont pas été respectées, alors même que le site du CEA héberge un laboratoire P3.
En effet, certaines expériences impliquent d’infecter les singes avec des virus tels que ceux du SIDA ou de la COVID-19 ou avec des bacilles de la tuberculose ou de la coqueluche. L’élevage rejette ses eaux usées dans le réseau public d’assainissement sans traitement spécifique. Cette situation peut entrainer un risque important de pollution par les traitements vétérinaires, les matières fécales ou encore les cadavres d’animaux compte-tenu du nombre important de primates sur le site (le nombre exact n’étant pas connu).
Plusieurs laboratoires de ce type existent dans le monde et des “fuites” d’agents pathogènes se sont déjà produites. Problème : aucun protocole de sécurité spécifique ne semble avoir été mis en place avec les autorités locales.
Nous avons donc décidé d’informer les populations riveraines
En attendant que la justice se prononce sur la validité de l’agrément, nous refusons l’opacité. Les riverains ont le droit de savoir ce qui se passe à côté de chez eux. En février 2026, nous avons interpellé par courrier et par pétition interposée Madame Anne-Isabelle Etienvre, nouvelle administratrice générale du CEA depuis juillet 2025.
Nous lui demandons de créer une commission locale d’information sur l’expérimentation animale et de publier annuellement un rapport sur les initiatives prises pour le remplacement des expériences sur les animaux. En effet, l’expérimentation animale sur des primates est au cœur de ces recherches et pose aussi de nombreuses questions éthiques. Certaines de nos revendications portent par ailleurs sur le remplacement de ces animaux, le contrôle de leurs conditions de vie, ou encore leur réhabilitation en sanctuaire.
« Des dommages collectifs, à grande échelle » selon le Comité d’éthique du CNRS
En juin 2025, le Comité d’éthique du CNRS publie un avis sur la manipulation d’agents pathogènes à potentiel pandémique, plus particulièrement les expériences dites de « gain de fonction » (expériences qui consistent à modifier génétiquement des virus pour les rendre plus transmissibles ou plus virulents). Le comité appelle à la prudence, au renforcement du dialogue entre scientifiques, décideurs et société civile, et à une meilleure structuration du débat public sur ces recherches à haut risque.
Autant de raisons d’exiger davantage de transparence.
Nous vous invitons à faire relayer cette action et à signer la pétition : https://www.mypetition.org/petition/animaux/meilleure-information-laboratoires-experimentation-animale-cea/275988
Qui sommes-nous ?
Antidote Europe est une association créée en 2004 par des femmes et des hommes de science. Elle s’oppose à l’expérimentation animale pour des raisons rigoureusement scientifiques. L’association a ainsi pour but d’informer sur les dégâts que cette pratique provoque sur la santé humaine et sur l’environnement et promouvoir des méthodes plus fiables, moins dangereuses et plus éthiques.
Découvrir notre action pour plus de transparence au CEA :
https://antidote-europe.eu/des-virus-au-cea




