Yakari est un Maine Coon pas tout à fait comme les autres. Avec son petit nez si particulier, qui lui vaut aujourd’hui le surnom d’”Avatar” il attire les regards. Mais derrière cette singularité se cache une histoire bien plus profonde : celle d’un combat commencé dès ses premières semaines de vie. À seulement deux mois et demi, dans son élevage, un coryza sévère se déclare dans sa portée. Sur quatre chatons, l’un ne survit pas. Deux n’ont aucun symptôme. Yakari, lui, est gravement atteint. Il ne mange plus pendant deux jours. Son œil est touché, au point que l’on nous dit qu’il pourrait le perdre. Et pourtant… il s’accroche. Déjà, si petit, il fait preuve d’une force et d’un courage incroyables. Il survit.
À ce moment-là, certains nous conseillent de ne pas le prendre. “Vous devriez en choisir un autre, vous allez être embêtés.” Mais ce choix n’en est pas un, nos cœurs s’étaient choisis.
Lorsque nous allons le chercher, il a à peine trois mois. L’éleveuse nous parle de quelques jours de traitement restants et nous demande de ne pas le mettre en contact avec Voltaire, notre autre chaton, en parfaite santé. Alors nous nous organisons. Nous isolons Yakari dans une pièce, mais hors de question de le laisser seul. Nous installons un duvet au sol et nous nous relayons, jour et nuit, pour être avec lui. Pour qu’il ne soit jamais seul. Pour qu’il se sente aimé, en sécurité. Déjà, un lien unique se crée, il vient contre nous avec son regard curieux : « Tu ne vas pas me laisser hein ? » Non mon grand, on ne te laissera pas, promis.
Quelques jours plus tard, la rencontre avec Voltaire a lieu. Yakari est à l’aise, curieux, joueur. Voltaire, plus réservé, observe. Mais aucune agressivité. Une évidence : ils sont frères. Très vite, un détail nous inquiète. Yakari siffle du nez. Lors de la première visite vétérinaire, on nous dit d’attendre. Peut-être un reste de coryza. Les jours passent. Rien ne change. Nous essayons des inhalations, fabriquons un dispositif maison l’inhalator présentés sur nos réseaux sociaux, consultons plusieurs vétérinaires. Tous sont perplexes. Yakari, lui, vit normalement : il mange (beaucoup), joue, court, dort… comme si de rien n’était. Puis un jour, vers ses 10 mois, une vétérinaire remarque quelque chose :
“Son nez est étrange pour un Maine Coon.” Une radio est faite. Une masse anormale apparaît. Le mot tombe, brutal : cancer. On nous propose un scanner. Son coût est élevé, mais la question ne se pose pas. Yakari est notre famille.
Le jour du scanner, Yakari a 11 mois. Nous sommes terrifiés. On nous prévient qu’avec cette masse, l’anesthésie est risquée. “Il pourrait ne pas se réveiller. Vous pouvez lui dire au revoir.”
Le monde s’arrête. Nous le serrons contre nous. Dans son oreille, je lui murmure :
“Tu te réveilles mon cœur… on revient te chercher, promis.” Nous partons, le cœur en miettes, on nous dit nous donner des nouvelles vers 14h… À 11h le téléphone sonne, je suis persuadée que tout est fini, je décroche en tremblant : « Non nous avons juste oublié de compter cette analyse dans le devis, ça fera 200€ en plus… on le fait ? » Oui, on le fait.
Yakari est vivant, et encore une fois, il s’accroche.

Les résultats tombent quelques jours plus tard : rhinite lymphoplasmocytaire. Le diagnostique laisse perplexe. Une inflammation chronique… sans cause identifiée. On nous dit devoir refaire un scanner dans 1 an et d’essayer des médicaments… Les traitements s’enchaînent : antibiotiques, anti-inflammatoires. Parfois ça va mieux. Puis tout revient. Comme nous le dira notre vétérinaire : “On ne soigne pas la cause, on met des pansements.” Le temps passe. L’incertitude s’installe. L’impuissance aussi. Alors, en janvier 2026, voyant les différents voeux de bonne année, dans un moment suspendu, je regarde Yakari et je lui dis : “Pour cette année mon coeur … moi je veux juste te soigner.” Je décide de partager son histoire sur les réseaux sociaux. Sans attente. Juste l’espoir d’être entendue. Et puis… tout bascule.

En quelques mois, des milliers de personnes nous rejoignent. Une communauté de plus de 25 000 personnes. Yakari devient “Avatar”. Un symbole. Un espoir. Une force. Grâce à cette solidarité incroyable, nous pouvons financer un second scanner à Paris. Là-bas, les résultats changent tout. La masse n’est pas une tumeur. Elle est composée de tissus et de cartilage. Mais elle reste… inconnue. Les spécialistes sont formels : ils n’ont jamais vu ça. Des hypothèses sont évoquées, sans certitude. Des vétérinaires du monde entier sont contactés. Personne ne sait dans les réponses obtenues.
Aujourd’hui, deux choix s’offrent à nous :
– Une opération lourde, risquée, sans garantie : ouvrir le crâne de Yakari pour gratter la masse sans savoir si elle va revenir donc associé cette opération à une radiothérapie (qui cause souvent 2 ans après effectué des soucis voire une cécité complète).
– Ou la poursuite des traitements à vie, avec leurs conséquences sur les reins dans un temps plus ou moins proche.
Comment choisir, quand on ne sait pas ce que l’on combat ?
Alors nous faisons le seul choix qui nous semble juste : continuer de partager, observer, chercher, espérer…
Yakari, lui, continue de vivre. Avec une douceur infinie. Une patience incroyable. Une force qui dépasse tout.
Son histoire nous a appris une chose essentielle : aimer un animal différent, en situation de handicap, ce n’est pas juste le câliner, c’est être là, le comprendre, s’adapter et ne jamais lâcher même quand le monde semble vouloir abandonner, c’est être son bouclier contre la méchanceté et l’ignorance.
Si aujourd’hui nous partageons son histoire, c’est en nous disant : peut-être qu’ailleurs, quelqu’un a vu. Quelqu’un sait. Quelqu’un peut aider. C’est pour sensibiliser au handicap animal. C’est pour donner espoir à d’autres familles, à d’autres animaux trop souvent mis de côté.
Chaque partage compte. Chaque regard compte.
Parce que parfois, l’espoir commence simplement par être entendu.
Merci pour Yakari.
Merci pour tous les animaux différents qui méritent d’être entendus.





9 commentaires
Cecile
26 avril 2026 à 20h55
Votre témoignage fait terriblement écho à l’histoire de mon Maine coon. Harley a également eu un coryza sévère, ainsi que ses 4 frères et sœurs, à 6 semaines. Il a ensuite eu un glaucome congénital à 2 mois et demi. verdict: il fallait lui retirer l’œil gauche. A la différence des humains, ce n’est pas soignable chez le chat. L’éleveuse m’a appelée pour me demander si je voulais toujours le prendre malgré le handicap, auquel cas, elle allait le faire opérer. Sinon, elle demanderait à ce qu’il soit euthanasié. Ça m’a arraché le cœur, bien entendu que je le veux toujours, c’était déjà mon petit pirate pour moi! Il a été opéré et elle me l’a remis directement 2 jours après. C’est donc moi qui ait assuré le suivi post op. Il était tout maigrelet, á peine 1.6kg. Et, il respirait mal, éternuait souvent, avec des projections purulentes et il ronflait, littéralement. Le veto l’a traité contre le Coryza à nouveau, mais ça ne passait pas. Il a fini par lui faire une endoscopie pour vérifier s’il n’y avait pas de polypes, mais rien. Et finalement, comme pour Yakari, le diagnostic a été rhinite lymphoplasmocytaire. Il a été d’abord traité avec des corticoïdes á forte dose, puis la dose a été baissée très progressivement sur 3 mois, puis on est passé á un traitement par inhalation avec un petit appareil appelé aerokat. Étonnamment, il accepte ces inhalations 2 fois par jour, le médicament s’appelle Axotide. Il sait que ça l’aide à mieux respirer. Ce n’est pas parfait, il a des haut et des bas, on sait que ce sera un traitement à vie. Mais il est heureux, il mange (beaucoup lui aussi!) il joue, il prend une belle revanche sur la vie! Il a dû être réopéré de l’œil gauche car le premier veto n’avait pas fait l’extraction correctement et il faisait des infections dans la cavité orbitale, c’était affreux. Mais aujourd’hui, il vit merveilleusement bien, il a son inhalation 2x par jour, tous les jours, et un traitement antibiotique quand ses éternuements deviennent purulents (1 fois par an environ). Il a 4 ans et demi, il pèse 9kg, c’est un beau pépère, heureux comme un pacha!
Votre chat est heureux, il vous aime, il est aimé et il le sait, c’est le plus beau des cadeaux! Il aura un traitement à vie, oui, mais ça ne l’empêchera pas de vivre! Vous avez un magnifique avatar, comme j’ai un merveilleux petit pirate! Ça se fête!
Je vous souhaite beaucoup de bonheur avec votre petit amour de chat!
Sylviane Dubois
26 avril 2026 à 17h53
Votre histoire me touche beaucoup. Nous avons une adorable Maine Coon prénommée Tara (affectueusement appelée Karaté Coon) porteuse de la cardiopathie congénitale des Maine Coon, ce dont l’éleveuse s’est bien gardée de nous prévenir. Elle avait 5 mois quand nous l’avons eue. Elle va avoir 5 ans dans un mois. Notre vétérinaire qui la suit nous a prévenus qu’elle risquait la mort subite. On surveille régulièrement son coeur,. Elle ne fait pas d’efforts intempestifs et elle s’auto-regule. Nous avons quand-même peur des que quelque chose est différent dans son comportement. Pour l’instant, elle va bien et nous espérons que cela dure le plus longtemps possible.
Claire
26 avril 2026 à 16h58
Bonjour,
Je me permets de vous écrire car votre histoire avec Yakari m’a beaucoup touchée. Ma chatte Ragdoll a eu quelque chose qui ressemble beaucoup à ce que vous décrivez. Quand je l’ai adoptée, on m’avait simplement dit qu’elle avait “un rhume”. Je ne savais pas alors que le problème était plus sérieux.
Avec le temps, sa respiration est devenue très difficile, comme si elle n’arrivait plus à respirer correctement. On m’a parlé de coryza, et elle a reçu plusieurs traitements à base de cortisone. Mais à un moment, j’ai eu le sentiment qu’on ne savait pas vraiment ce qu’elle avait, et j’ai demandé à aller plus loin dans les examens.
Je l’ai donc emmenée dans une clinique vétérinaire à Alençon, où ils ont fait un scanner et des examens plus poussés. Ils ont vu que l’intérieur de son nez était très inflammé, rouge, gonflé, avec beaucoup de tension. Finalement, on m’a parlé d’une rhinite lymphoplasmocytaire. Ce n’était pas une tumeur, ni un cancer.
Le traitement qui l’a énormément aidée a été les inhalations/nébulisations. Je la mettais dans une cage, je couvrais la cage, et j’utilisais un appareil avec un produit prescrit par les vétérinaires. J’ai fait cela très sérieusement pendant environ deux mois, puis nous avons réduit progressivement. Aujourd’hui, elle va très bien. Elle aura trois ans en juillet, et elle n’a plus ce problème.
Je comprends tellement votre inquiétude. J’ai moi-même annulé des déplacements et des conférences pour rester auprès d’elle. Quand on aime son animal, on ferait tout pour lui éviter la souffrance.
Je voulais simplement vous dire de garder espoir. Avant d’envisager une opération lourde et douloureuse, peut-être pourriez-vous demander encore un autre avis spécialisé, par exemple dans une grande clinique vétérinaire comme celle d’Alençon. Pour nous, ils ont été très compétents, et c’était aussi moins coûteux que Paris.
Je ne suis pas vétérinaire, bien sûr, mais mon expérience m’a appris qu’il faut parfois chercher un autre regard médical, éviter autant que possible les traitements répétés à la cortisone sans diagnostic clair, et surtout entourer son animal d’amour, de patience et d’attention.
J’espère sincèrement que Yakari ira mieux. Je crois qu’il peut encore vous surprendre, comme ma chatte nous a surpris. Je vous envoie beaucoup de courage, et beaucoup d’amour pour Yakari❤️❤️❤️.
KORBOSLI
26 avril 2026 à 15h42
Bonjour,
Votre histoire m’a beaucoup ému j’aimerais vous aider mon mari et moi sommes énergéticien si en peut vous aider à titre gracieux envoyer moi un message je vous promets rien mais je vais tout faire pour l’aider et soigner,
Gratitude ❤️🙏🙏
Decob
26 avril 2026 à 15h01
Si pas cancer et qil ne souffre pas, laissez-le vivre, aimez le, c’est un merveilleux traitement. Et quand le jour sera venu, s’il souffre et perd des forces, alors aidez le à s’endormir pour toujours, en douceur, près de vous. Et qui sait, peut-être que jour on retrouve nos animaux qon a tant aimes.
Jenkinson
26 avril 2026 à 9h16
Bonjour ,
L’histoire de Avatar m’a touchée beaucoup et quelle chance a t’il d’être tombé sur vous.
Je ferai circuler cette histoire à toutes mes amies qui aimes les animaux.
Merci pour cette belle histoire 😉🥰🦁 et tout l’amour que vous avez pour lui 💜
Cordier
26 avril 2026 à 8h33
Tissu et cartilage, laissez le vivre tranquillement, pas besoin de traitement puisque pas de cancer ni autre, juste une malformation. Il Est très beau. Il peut vivre ainsi, ça ne Lui pose aucun souci. Aimez le tout simplement. Il aura une très belle vie avec un petit minois différent, c’est tout.
Baradat
26 avril 2026 à 7h00
Votre histoire nous a émus aux larmes. Nous n’avons malheureusement aucune solution à vous apporter mais nous voulons vous dire à quel point votre courage et votre amour indéfectibles, autant à Yakari qu’à vous, nous inspirent une profonde admiration.
Bravo, bravo ! Ne lâchez rien !😘
Marlene
25 avril 2026 à 23h16
Je vous comprends tellement, j’avais un cavalier king charles New Marlow , mon bébé d’amour . Il était très gravement malade , énorme souffle au coeur , une syringomyélie et un cancer de la mâchoire du haut côté gauche . Quand le diagnostic est tombé, je me suis effondrée , vivre sans lui m’était insupportable alors j’ai pris la décision de le faire opérer dans une superbe clinique a Strasbourg . Ils ont pratiqué une maxilectomie , suivi de 4 séance de chimio , scanner tout les 6 mois et j’ai eu la chance de lui prolongé la vie de 4 année. Le 1er juin 2025 il avait du mal a respirer , son coeur n’avait plus de place pour accomplir ses fonction alors je me suis mise sur le canapé, l’es pris dans mes bras et lui est dit qu’il pouvait s’endormir et tout doucement,en le berçant il c’est endormi , serein et paisible . Je ne peux pas dormir sans son doudou dans mes bras et sa photo prêt de moi . C’était l’amour de ma vie . Il a été incinéré et reste à la maison avec moi . Il me reste ses 2 soeurs , heureusement mais l’amour que j’avais pour mon bébé d’amour restera a vie dans mon cœur ❤️ er qui sait , peut être qu’un jour je le retrouve… soyez courageuse et donnez , donnez pleins d’amour a nos compagnons qui nous le rende au centuple . Très cordialement Nana