Trouvez-vous encore normal, en 2026, que des chiots soient vendus en étant exposés comme des marchandises ? Pour la Fondation 30 Millions d’Amis,
la réponse est un « non » catégorique. Entre mai et août, les équipes de la Fondation se sont rendues en caméra discrète sur différents salons du chiot aux quatre coins de la France. La vidéo exclusive de cette immersion révèle les travers d’un business bien rodé, qui place malheureusement le profit avant le bien-être animal et la responsabilisation. La Fondation 30 Millions d’Amis appelle le gouvernement à mettre un terme définitif à ces salons commerciaux pour protéger les animaux.
Valenciennes, Fontainebleau, Aix-en-Provence, mêmes constats : des animaux à peine sevrés transportés sur des centaines de kilomètres pour être présentés pendant plusieurs jours sur des stands, exposés aux courants d’air, à la chaleur et au bruit, des visiteurs harponnés dans les allées et encouragés à manipuler les animaux, des offres de paiement échelonné jusqu’à 12 échéances, un non-respect généralisé du délai de réflexion avant l’achat, une absence flagrante de sélection des acheteurs selon leurs mode de vie et leur expérience…
Ces foires et salons sont en effet de véritables temples de la marchandisation qui encouragent l’’achat d’impulsion et exposent les chiots à de véritables risques d’abandons et de maltraitance.
La Fondation demande donc l’interdiction ferme et définitive des salons du chiot et du chaton. Le lien vers la pétition est ici


« Une marchandisation poussée à son paroxysme »
Dans un courrier adressé à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, la présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis Reha Hutin dénonce une « marchandisation poussée à son paroxysme » par de fortes incitations à l’achat.
Les fréquents signalements portant sur ces salons sont confirmés par les constats de la Fondation 30 Millions d’Amis.
« Tout est mis en œuvre pour déclencher des coups de cœur et les incitations à l’achat sont nombreuses. Les visiteurs venus faire la « balade du dimanche » craquent aisément pour des boules de poils qui leur sont mises dans les bras, le tout accompagné de discours faussement responsabilisants qui présentent pourtant l’accueil d’un jeune animal comme une simple formalité à la portée de tous » déplore Reha Hutin.
Des pratiques illégales pour inciter à l’achat
Sur les images diffusées par la Fondation, les exposants usent et abusent de discours destinés à rappeler la responsabilité de chacun dans l’accueil d’un animal et l’engagement que cet acte représente. Cependant, au moment de conclure la vente, la réalité est toute autre : alors qu’un temps de réflexion est désormais obligatoire entre la signature du certificat d’engagement et de connaissance et la remise de l’animal, les acheteurs sont incités à antidater le document et à
repartir avec le chiot sans délai.
Une méconnaissance de la loi qui expose les vendeurs à une amende de 135 euros, laquelle peut être aggravée par une condamnation pour faux et usage de faux, passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende, si le vendeur demande à l’acquéreur de modifier sciemment la date sur le document pour simuler le respect des 7 jours. Des sanctions qui ne sont malheureusement jamais prononcées dans les faits, ce qui permet à ces salons de prospérer en
toute impunité.
Cette course au profit s’accompagne d’une absence manifeste de sensibilisation et de sélection des futurs maîtres, voire parfois d’un certain forcing pour favoriser l’achat. Par ailleurs, le manque de transparence concernant les « races » exposées interpelle et inquiète (maltipoo, morkie, pomsky, pomchi, samsky…) : de nombreux chiots issus de croisements de races sont illégalement présentés comme des chiens de race et vendus à prix d’or, jouant sur la méconnaissance du public et sur des discours parfaitement marketés pour en vanter les mérites.
Une réponse politique insuffisante
Fin juillet, le premier ministre a annoncé un renforcement des contrôles et un durcissement de la réglementation relative aux salons du chiot, une mesure que la Fondation 30 Millions d’Amis juge insuffisante tant ces événements encouragent l’achat d’impulsion et mettent les animaux en danger.
« N’oublions pas qu’un exposant qui parcourt la France entière et paie un stand sur un salon aura toujours pour objectif de vendre ses chiots pour rentabiliser sa participation et repartir les mains vides mais les poches pleines ! Le modèle économique de ce mode de vente sera toujours incompatible avec l’acquisition responsable d’un animal. S’agissant des salons du chiot, l’heure n’est donc plus à l’encadrement mais à l’interdiction ferme et définitive » conclut Lorène Jacquet, responsable des Affaires publiques à la Fondation 30 Millions d’Amis.
Crédit photo : Fondation 30 Millions d’Amis




