ActualitésAnimaux sauvagesRESSAC : reconnaître les individus marins pour mieux les protéger

RESSAC est une jeune association consacrée aux animaux marins et à leurs habitats en Mediterranée. Notre point de départ est simple : pour protéger, il faut d’abord apprendre à regarder les individus. Nous ne voulons pas seulement parler de « biodiversité », de « la mer », de « ressources » ou de « stocks ». Ces mots peuvent être utiles, mais ils peuvent aussi rendre invisibles les êtres qu’ils désignent. Derrière les catégories vivent des individus singuliers, avec leurs comportements, leurs besoins, leurs capacités et leur manière propre d’habiter le monde.

Le premier grand programme scientifique de RESSAC concerne les populations de poulpes. Entre 2026 et 2027, l’association prévoit de construire puis d’éprouver un protocole de suivi reproductible sur le territoire de Toulon Provence Méditerranée : choix des sites, transects, méthodes de comptage, dispositifs standardisés, outils de collecte, formation des bénévoles et tests de terrain. Le suivi est ensuite prévu sur trois années complètes au minimum, de 2027 à 2029, avec une poursuite souhaitable sur quatre ou cinq ans. L’objectif est de produire des données comparables, de les analyser puis de les publier ou de les restituer aux acteurs compétents. La méthode recherchée doit rester aussi peu invasive que possible et respecter les animaux observés.

Dès 2026, l’association travaille à des panneaux d’information sur la pêche et la chasse sous-marine afin de rendre les règles et les bonnes pratiques plus accessibles sur les sites fréquentés. Un déploiement pilote est envisagé au premier semestre 2027. Une Charte RESSAC destinée à la restauration commerciale et collective est également en préparation, avec un premier réseau pilote visé avant l’été 2027. Enfin, une fresque artistique consacrée au poulpe est envisagée entre 2027 et 2028 pour faire entrer la sensibilisation dans l’espace public.

La connaissance scientifique doit pouvoir devenir un levier de protection. À partir de 2030, la frise prévisionnelle envisage un travail de plaidoyer autour de la réglementation du poulpe, fondé sur les données recueillies et sur un travail juridique : périodes de protection, quotas, tailles minimales ou expérimentations locales de zones protégées font partie des pistes à étudier. À plus long terme, RESSAC souhaite aussi examiner la faisabilité d’une carte de pêche et de chasse sous-marine, pensée comme un outil de formation, d’information et de connaissances de la pression réelle exercée sur les animaux.

Au fond, tous ces projets poursuivent le même objectif : ne plus considérer les animaux marins comme une masse indistincte et invisible, mais reconnaître l’individualité de chaque être marin. Un poulpe n’est pas seulement « du poulpe », un poisson n’est pas seulement une unité dans un stock. Chacun perçoit, agit, explore, apprend, se nourrit, se protège et cherche à poursuivre son existence.

Pour RESSAC, cette reconnaissance doit progressivement avoir des conséquences concrètes dans la manière de faire de la science, de sensibiliser le public, de réglementer les pratiques et de prendre des décisions collectives. Observer, documenter, puis agir : c’est le fil conducteur de l’association.

Crédit photo :  Franck Bessière / RESSAC.


Franck Bessière, Président de RESSAC
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