L’association Code Animal, seule partie civile dans ce dossier, salue l’arrêt rendu ce jour par la 6ème chambre des appels correctionnels de la cour d’appel d’Amiens, qui confirme la culpabilité de Solovich Dumas, exploitant du cirque itinérant « Cirque de Rome », pour exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques et pour mauvais traitements envers des animaux placés sous sa garde.
Une peine alourdie en appel
Saisie sur appel du jugement du tribunal correctionnel de Laon du 21 mars 2025, la cour d’appel a non seulement confirmé la culpabilité du prévenu sur l’ensemble des faits, mais a plus que doublé la peine d’emprisonnement avec sursis, la portant de 6 à 12 mois, cette peine étant jugée adaptée à la multiplicité des faits commis et à la prise de conscience de leur gravité.
La cour d’appel d’Amiens a également prononcé une nouvelle interdiction, plus large que celle de première instance : Solovich Dumas ne pourra plus, pendant trois ans, exercer une activité de présentation au public d’animaux vivants d’espèces non domestiques dans un établissement de spectacle vivant — en plus de l’interdiction de détenir des animaux sauvages, elle aussi maintenue pour trois ans.
Des faits caractérisés et documentés
Le 11 août 2022, lors d’un contrôle conjoint de l’Office français de la biodiversité (OFB) et de la DDPP de l’Aisne à Laon, les services constataient dans l’établissement de M. Dumas, notamment, :
- 5 tigres et 4 macaques rhésus détenus alors que seuls 4 tigres étaient autorisés, sans aucune autorisation pour les macaques ;
- l’absence de bassin de baignade pour les tigres, en plein mois d’août ;
- des cages de macaques sous-dimensionnées (4,5 m² manquants par cage).
La reconnaissance d’un principe essentiel
Pour Code Animal, cet arrêt est important en ce qu’il rappelle, en citant l’article 515-14 du code civil, que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité, et que le maintien de macaques dans un espace insuffisant, ou la privation pour des tigres d’espace de détente, de baignade et d’eau en permanence, constituent en eux-mêmes des mauvais traitements, indépendamment de toute autre considération.
La réaction de Code Animal
« Cette décision confirme ce que nous dénonçons depuis longtemps : les cirques itinérants ne peuvent matériellement pas offrir aux fauves et aux primates les conditions de détention que la réglementation impose. Le doublement de la peine d’emprisonnement et l’interdiction d’exercer pendant trois ans envoient un signal clair aux professionnels du secteur. »
Code Animal se félicite de la confirmation des dispositions civiles du jugement de première instance.
Pour rappel
Solovich Dumas, déjà condamné neuf fois entre 2008 et 2025 pour des faits divers, exploitait l’établissement itinérant « Cirque de Rome » / « American Monster Show ». Il a déjà été condamné en mars en appel pour des faits similaires.
Crédit photo : Code Animal













