A travers ce panorama, Ingenium animalis, expert de la donnée animale et gestionnaire du Fichier National d’Identification des chiens, chats et furets propose une lecture inédite et approfondie des dynamiques à l’œuvre dans la filière des animaux de compagnie. Produite par le service Études et Analyses de la donnée, ce panorama est fondé sur l’analyse des principaux flux (identifications, décès, changements de détenteurs et mobilités) issus du Fichier National I-CAD et enrichi par des enquêtes nationales menées auprès des détenteurs particuliers. Elle couvre plus de dix années d’informations (2015–2025).
Depuis la mise en place du Fichier National I-CAD, dont 18,4 millions d’animaux considérés vivants (au 31/12/2025), les chiens et les chats constituent désormais de véritables populations structurées à l’échelle nationale, présentant des dynamiques démographiques et des répartitions territoriales spécifiques.
Ce panorama est disponible en téléchargement ici
« En s’appuyant sur son expertise en analyse des données animales, Ingenium animalis a choisi d’explorer en profondeur la plus vaste base de données européenne », explique Pierre Buisson, Président d’Ingenium animalis. « Le Fichier National I-CAD constitue une ressource essentielle pour éclairer les dynamiques de la filière des animaux de compagnie, en offrant des clés de lecture précises sur ses évolutions. Ces données, d’une richesse exceptionnelle, permettent de décrypter les grandes transformations à l’œuvre : mutations des modes de vie, urbanisation accélérée, évolution du lien humain-animal, ainsi que la montée des enjeux liés au bien-être animal et à la santé publique. »
Ce Panorama s’adresse à l’ensemble des acteurs de la filière – professionnels, institutions et décideurs publics. Il présente un éclairage sur les dynamiques d’identifications de ces 10 dernières années marquées par la crise sanitaire. Source de connaissances, il permet d’appréhender les grandes tendances et renforcer les politiques publiques en faveur de la santé et du bien-être animal.
En voici les principaux enseignements :
Une espérance de vie en progression et des populations d’animaux identifiés toujours importantes
L’espérance de vie des chiens et des chats continue de progresser. Les seuils d’âge « limite » sont désormais établis à 14,5 ans pour les chiens et 15 ans pour les chats, traduisant une amélioration des profils de longévité observés.
Toutefois, les dynamiques démographiques des chiens et des chats diffèrent nettement.
En effet, si le chien bénéficie d’un renouvellement élevé et stable, ainsi que d’une augmentation de son espérance de vie, sa population semble néanmoins entrer dans une phase de décroissance. À l’inverse, la population féline affiche une forte vitalité (+5 % de croissance en 2025), avec une espérance de vie en légère progression.
Les chats représentent 8 millions d’animaux identifiés. Les chiens s’établissent à 9,4 millions d’animaux identifiés.
Taille du chien : des préférences qui bousculent les idées reçues
Contrairement aux idées reçues, les chiens ne se miniaturisent pas malgré une forte médiatisation ces dernières années. Le poids moyen des races les plus identifiées a même augmenté sur 10 ans. Le poids moyen du top 5 de chiens identifiés était de 15,2 kg en 2015 pour bondir à 22.7kg en 2025. Les préférences des détenteurs se portent davantage sur des chiens actifs et réputés pour leurs aptitudes comportementales (Berger Australien, Border Collie, Berger Belge), tout en conservant des profils adaptés aux contraintes urbaines comme le Chihuahua.
Taille de la population globale
Compte-tenu du réajustement de l’espérance de vie, de l’évolution de la proportion d’animaux déclarés comme non-identifiés par les particuliers détenteurs et de la taille des populations de chiens et chats effectivement enregistrés auprès du Fichier National I-CAD, Ingenium animalis a réévalué la taille des populations globales.
Avec un indice de confiance à 95%, Ingenium animalis estime que la population des chats se situerait entre 13,2 et 13,8 millions et celle des chiens entre 10,5 et 10,7 millions de chiens.
Les zones rurales restent davantage associées à des chiens actifs ou d’utilité, tandis que les espaces urbains et périurbains concentrent des chiens familiaux ou de petit format.
Une évolution nette dans le profil des détenteurs ces dix dernières années
La comparaison des enquêtes menées en 2016 et 2026 révèle une évolution nette des profils de détenteurs de chiens et de chats en France. Trois tendances majeures se dégagent : une urbanisation croissante et une vie davantage en habitat collectif, une féminisation ainsi qu’un rajeunissement des propriétaires.
Les femmes restent majoritaires parmi les détenteurs, aussi bien chez les propriétaires de chats (58 %) que de chiens (56 %). Du côté des chats, le profil des détenteurs a fortement évolué : plus jeunes, souvent multi-possesseurs, avec 36 % des détenteurs âgés de moins de 34 ans. Une dynamique portée par l’essor de la « pet parentalité ». Cette population se concentre davantage en zones urbaines – en particulier en Île-de-France, où le nombre de chats a doublé en dix ans – avec une progression marquée de l’habitat en appartement (35 %, +14 points) et la part d’inactifs (33 %, +7 points).
Côté chiens, le profil diffère : toujours majoritairement féminin (56 %), mais davantage ancré chez les actifs, notamment les 35-49 ans. Les propriétaires vivent principalement en maison individuelle (75 %), en province (54 %) ou en zone rurale (28 %).
Une belle avancée dans l’identification des chats en France
Si les écarts entre chiens et chats persistent, le chat bénéficie d’une croissance plus soutenue depuis 2010 en matière d’identification signe d’une responsabilisation globalement élevée des détenteurs. Si une marge de progression reste conséquente pour le chat, 70% des détenteurs de chats déclarent avoir fait identifier leur animal soit 21 points de plus en 10 ans. En 2019, le nombre de nouvelles identifications félines a même dépassé celui des identifications de chiens.
Pour es détenteurs de chiens, 91 % déclarent l’avoir fait (+3 points en 10 ans). Un taux élevé en raison d’une filière historiquement structurée, avec un encadrement réglementaire ancien et des pratiques d’identification mieux intégrées dès les premières étapes de la détention. Ces évolutions s’expliquent principalement par les dynamiques d’adoption. Toutefois, la crise sanitaire de 2020–2021 a constitué une rupture conjoncturelle marquante. Elle a entraîné un pic des identifications, particulièrement chez les chats, avant un retour progressif à des niveaux plus cohérents avec la tendance de fond.
82% des Français déclarent connaître l’obligation d’identification des chiens et des chats. Parmi les motivations principales, la sécurité arrive en tête — notamment pour retrouver un animal en cas de perte ou de fugue — ainsi que la protection et la réassurance, en particulier sur la question de la propriété. Et contrairement aux idées reçues, le coût n’apparaît pas comme un frein majeur. Le principal obstacle réside davantage dans une compréhension encore insuffisante de l’utilité réelle de l’identification, tant pour l’animal que pour son détenteur.
Une répartition géographique homogène entre les territoires
Les déménagements des détenteurs, dont la fréquence varie selon les espèces et les territoires, contribuent à redistribuer les populations animales et à transformer la géographie de la détention. Cette mobilité est particulièrement marquée dans les zones les plus densément peuplées, comme les grands bassins urbains, les vallées ou les littoraux.
Sur la période 2020–2025, la mobilité apparaît plus polarisée chez les détenteurs de chiens, traduisant une recomposition territoriale des lieux de résidence. Ces changements de localisation restent globalement moins fréquents chez les détenteurs de chats mais ils sont particulièrement visibles dans les métropoles. À titre d’exemple, la population féline a doublé à Paris en dix ans.
Les données révèlent un éclairage sur les logiques d’acquisition
La filière canine repose sur un cadre professionnel et réglementaire plus ancien, et donc mieux intégré, la filière féline demeure largement informelle, avec l’absence de cadre professionnel structurant lors de la naissance et de la première cession.
Les détenteurs de chiens se montrent plus enclins à parcourir de longues distances pour acquérir leur animal, traduisant une démarche intentionnelle et élargie sur le plan géographique. À l’inverse, l’acquisition d’un chat reste majoritairement locale (moins de 50 km), relevant davantage d’une logique d’opportunité.
Des inégalités territoriales marquées pour les acteurs de terrain
La donnée d’identification devient un levier stratégique de pilotage éclairé, pour les vétérinaires, les professionnels comme les municipalités, au service de l’intérêt général. L’analyse des données montrent certaines disparités selon les territoires.
La cartographie des 420 fourrières
La cartographie des 420 fourrières actives en 2025 montre une couverture territoriale globalement homogène. Toutefois, des disparités apparaissent : certaines régions très peuplées présentent des structures dispersées, tandis que d’autres concentrent les prises en charge sur peu de sites. La répartition des fourrières reflète ainsi davantage l’organisation des collectivités que la démographie animale.
Les refuges et associations de protection animale jouent un rôle essentiel dans l’absorption des flux d’animaux.
Leur couverture sur le territoire est étendue. L’activité des refuges n’est pas uniquement corrélée à la taille des populations animales locales, mais dépend fortement des dynamiques territoriales, partenariats locaux et pratiques de prise en charge.
L’activité vétérinaire constitue un autre indicateur clé des tensions de la filière. Certains départements affichent une charge particulièrement élevée, dépassant 1 400 animaux par vétérinaire, tandis que d’autres bénéficient d’une pression nettement plus faible, autour de 600 animaux par praticien.
Méthodologie
Le Panorama des animaux de compagnie en France repose principalement sur l’exploitation et l’analyse des données issues du Fichier National d’Identification des chiens, chats et furets (I-CAD), géré par Ingenium animalis dans le cadre d’une délégation du ministère chargé de l’Agriculture. L’estimation de la taille de la population animale vivante repose sur l’analyse des déclarations de décès enregistrées dans le Fichier National I-CAD. La population “identifiée” correspond aux animaux enregistrés dans le fichier le Fichier National I-CAD et considérés comme vivants au 31/12/2025. L’analyse des profils des détenteurs est issue d’enquêtes nationales menées en 2016 et 2026 (enquête IFOP menée en février 2026 auprès de 5 206 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et possédant un chien et/ou un chat, dont 5 006 personnes interrogées en métropole et 200 dans les DROM-COM / enquête TNS Sofres menée en septembre 2016 auprès d’un échantillon de 1012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et possédant un chien et/ou un chat interrogées.
A propos d’Ingenium animalis
Leader français de la donnée des animaux de compagnie, Ingenium animalis collecte, traite et analyse la donnée de plus de 46 millions d’animaux. Co-fondé par le syndicat professionnel des vétérinaires et la Centrale Canine*, Ingenium animalis est depuis plus de 20 ans au cœur de la valorisation de la donnée animale. Ingenium animalis intervient notamment au travers de délégations de service public, telle que la gestion du Fichier National d’Identification des chiens, chats, furets (I-CAD) assurée pour le ministère chargé de l’Agriculture, ou dans le cadre de prestations d’assistance à maitrise d’ouvrage pour le développement de logiciels de gestion sécurisée de la donnée pour des acteurs de la filière. Opérateurs de service client, experts informatiques et de la donnée, chefs de projets… ce sont près de 80 personnes qui chaque jour traitent et analysent les données en toute fiabilité et sécurité – motivées par une mission d’intérêt général au service de la sécurité, de la santé et de la protection animale. En 2022, Ingenium animalis a réalisé un chiffre d’affaires de 9,7 millions d’euros.
* Nombre total d’animaux (chiens, chats, furets) enregistrés dans le Fichier National I-CAD depuis 2001
**Syndicat National des Vétérinaires Libéraux (SNVEL) et par la Société Centrale Canine (SCC)

Ingenium Animalis
Expert de la donnée animale



