Numéro 6Animaux non domestiquesUn refuge pour les mammifères marins

Frédérique Gilbert17 janvier 20225 min

Un sanctuaire animalier est une installation où les animaux sont amenés à vivre et à être protégés pour le reste de leur vie. Dans certains cas, un établissement peut avoir les caractéristiques à la fois d’un sanctuaire et d’un refuge ; par exemple, certains animaux peuvent être en résidence temporairement jusqu’à ce qu’un meilleur lieu pour l’animal soit proposé, soit les garder à vie parce que c’est la meilleure solution pour eux. Les animaux qui vivent dans un sanctuaire ont la possibilité de se comporter le plus naturellement possible dans un environnement protecteur.

Les sanctuaires et refuges doivent offrir de multiples possibilités pour la stimulation physique et psychologique. Le but de l’enrichissement est de fournir des moyens pour que les animaux adoptent des comportements naturels. Les besoins sociaux des animaux doivent également être une priorité absolue pour former des relations, des troupeaux et des meutes…

En fonction des besoins spécifiques des différentes espèces, les animaux doivent disposer d’un grand espace horizontal et vertical pour explorer, errer, grimper, nager, patauger et se nourrir. Un lieu dans lequel l’animal reste en bonne santé et est suivi par les vétérinaires.

Les sanctuaires éduquent le public de deux manières. Les sanctuaires fournissent un contenu éducatif via leurs sites Web et leurs pages de médias sociaux, et certains sanctuaires proposent des visites au public (en observant de loin, sans déranger les animaux), très intéressant d’observer les comportements naturels.

Une véritable réserve faunique n’a pas comme objectif de gagner de l’argent. Ils doivent réunir des fonds pour s’assurer que les animaux sont soignés, développer les installations et aussi travailler sur la conservation des espèces sauvages.

L’une des missions les plus importantes des sanctuaires, au-delà des soins aux animaux, est d’éduquer le public. Le but ultime de nombreux sanctuaires est de changer la façon dont les humains pensent.

Les Grands Singes ont reçu des programmes de protection dès les années 70 et ils ont profité des refuges.

Les Grands Singes sont différents des Grands Dauphins, et pourtant ils sont assez semblables. Ils vivent dans des environnements différents pourtant ils ont les mêmes problèmes…

Ces deux types de mammifères partagent des comportements similaires comme la vie en communauté. Les Grands Singes et les Grands Dauphins chantent, ont des stratégies de chasse, font des alliances entre groupes, utilisent des outils, ce sont des êtres intelligents avec de la mémoire…

Bien que les Grands Dauphins et les Grands Singes ont évolué dans deux milieux différents, tous deux ont réussi à s’adapter à leur mode de vie.

Nous connaissons mieux l’environnement terrestre des Grands Singes, pourtant l’environnement marin abrite certains des écosystèmes les plus riches en biodiversité de la planète, encore plus riches que les forêts tropicales humides.

Autant les forêts que les mers et océans sont touchés par les pesticides, les micro plastiques, les activités humaines, et la faune par la surpêche, la chasse, le braconnage…

C’est pourquoi les programmes de protection doivent être analogues.

Il est possible de visualiser ainsi : imaginons qu’un grand singe tel l’orang-outang soit réintroduit dans une forêt détériorée… réintroduire un dauphin dans l’océan devrait dès lors soulever quelques questions.

Et nous le savons bien, les animaux élevés à la main ne peuvent pas survivre dans la nature. Les différentes espèces, en particulier les mammifères, apprennent à chasser et à chercher de la nourriture, à se protéger des prédateurs et à interagir avec d’autres individus. Les animaux élevés par les humains n’auront pas ces compétences et ne survivront donc pas.

De plus, la nourriture ne se présente pas de la même manière en milieu naturel et en captivité. Par exemple, les mammifères marins captifs reçoivent du poisson dégelé. La congélation tue toutes les bactéries et virus des aliments. Les animaux qui ont vécu dans des bassins n’ont donc jamais été confrontés à cela et peuvent vite devenir malade dans le milieu naturel.

Les scientifiques travaillent très soigneusement sur les programmes de réintroduction des espèces, ils minimisent tout d’abord les contacts humains avec ces animaux et conçoivent des enclos spéciaux pour assurer leur survie dans la nature. Certaines personnes veulent aller trop vite, dépensent beaucoup d’argent pour réhabiliter des animaux issus de la captivité qui ne sont pas prêts pour la vie sauvage, et ces individus meurent peu de temps après dans la nature.

Les Grands Singes sont étudiés depuis plus longtemps que les dauphins et ont été soumis plus tôt à des programmes de conservation.

Ces refuges peuvent avoir un effet considérable sur les pays où ils sont établis : ils s’occupent des animaux tout en essayant de stabiliser les populations, de renforcer les lois, et d’empêcher le développement de commerce illégal d’animaux sauvages, à minimiser la destruction de leur habitat, de les protéger contre les chasseurs, sensibiliser le public à leur protection…

Quand on compare tout ce qui se fait pour les Grands Dauphins, cela nous aide à mieux comprendre les différentes problématiques et solutions, à mieux visualiser le contexte.

Actuellement pour les mammifères marins, on veut prendre des raccourcis, commencer par la fin, mettre un sparadrap sur les problèmes alors qu’il faut s’inspirer de l’expérience avec les Grands Singes.

Pourtant les Grands Dauphins ne sont pas si différents que les Grands Singes et il est important de s’inspirer des programmes qui ont été menés et des structures d’accueil pour avancer la protection des mammifères marins.

C’est le but de Cetasea.

Cetasea regroupe des scientifiques, des soigneurs et une vétérinaire de mammifères marins.


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Frédérique Gilbert
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Fondatrice de l’association Cetasea

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