La photographie de la faune sauvage
La photographie de la faune sauvage est finalement née d’une envie très simple : aller à la rencontre du vivant, observer, apprendre et tenter de saisir ces moments où l’animal apparaît. L’apprentissage se construit progressivement au fil des recherches, des lectures, des rencontres et, bien sûr, des nombreuses sorties en pleine nature, dans les Cévennes, l’Aubrac, le Cantal et l’Aveyron.
Observer avant de photographier
Avant de photographier un animal sauvage, il faut apprendre à observer, comprendre ses habitudes, son environnement, ses lieux de passage, de repos ou quels indices peuvent révéler sa présence. Cette démarche demande du temps et de la patience. Réussir une belle prise d’image ne repose pas que sur la technique. Saisir un instant dans un environnement, c’est respecter cet environnement. La discrétion, la distance et la connaissance de l’espèce observée sont essentielles pour ne pas perturber.
Une passion pour la faune sauvage
La plupart des rencontres sont le fruit de longues heures d’attente. Il faut souvent revenir au même endroit avant de pouvoir espérer photographier. Une rencontre avec un couple de chevêches d’Athéna a été particulièrement marquante dans mon parcours. Une semaine de recherche après avoir entendu leur chant m’a finalement permis de découvrir ces oiseaux installés sur une poutre dans une ancienne grange. L’émotion ressentie en les découvrant alors que je débutais dans la photographie a été si intense qu’à partir de ce moment-là, j’ai consacré tout mon temps libre à l’observation de la faune sauvage.
Lire un territoire
Avec le temps, photographier les animaux sauvages conduit naturellement à apprendre à lire les territoires. Un paysage n’est pas seulement un décor. Il raconte la présence des espèces qui y vivent. Un cours d’eau, une haie, une zone humide, un bois, une prairie ou une ancienne bâtisse peuvent devenir autant de lieux de passage ou de refuge. La lecture d’un territoire permet de mieux comprendre les animaux que l’on cherche à photographier. Elle transforme progressivement le regard porté sur les paysages familiers.
La photographie devient le prolongement d’une démarche de connaissance du vivant
Il s’agit de restituer une atmosphère, un environnement, une attitude. Restituer une ambiance, une lumière, une saison, parfois une émotion. Montrer la faune dans le monde qui est le sien. Les images sont des témoignages. Elles gardent la trace d’une rencontre, d’un comportement. Et derrière une image, il y a de longues heures d’étude, d’observation, de repérage, de pose de caméras à déclenchement automatique pour vérifier si le lieu choisi est réellement fréquenté. C’est l’ensemble de la démarche qui est réellement passionnant et stimulant.
La photographie comme outil de transmission
Cette approche a donné lieu à différentes expositions, notamment à Castanet en 2024, à Villefranche-de-Rouergue en 2025 et à Rieupeyroux en 2026. Cette volonté de transmission s’est également exprimée à travers une animation destinée aux enfants de mon village. Sensibiliser les plus jeunes au vivant en se rendant directement dans leur école pour leur apprendre à observer leur environnement, leur montrer le matériel utilisé, leur montrer mes photos et vidéos sur la faune sauvage pour faire passer un message de protection nécessaire du vivant.
Protéger le vivant
Observer la faune, c’est prendre conscience de sa vulnérabilité. Les animaux sauvages doivent composer avec de nombreux bouleversements. Les territoires sont de plus en plus morcelés, les routes constituent un danger pour de nombreuses espèces, le dérèglement climatique modifie les milieux – sécheresses, incendies – tandis que la pression humaine se fait toujours davantage sentir.
Des actions concrètes
Dans ce contexte alarmant, mieux connaître les animaux permet aussi de mieux comprendre leurs besoins et de mieux les protéger. Je prend du temps pour réaliser des apports d’eau dans des zones stratégiques tout l’été, je discute et crée des partenariats avec des agriculteurs qui deviennent sensibles à force d’échanges et de sensibilisation à la préservation des terriers de blaireaux et de renards, je m’investie concrètement auprès de différentes associations de protection de la nature comme rapatrier vers les centres de soins des animaux blessés, pose de nichoirs en forêt pour les rapaces tels que la chouette hulotte et la chouette effraie, suivi des populations de grand-duc pour évaluer la réussite ou l’échec de la reproduction ainsi que l’évolution du régime alimentaire. La liste est longue des bonnes raisons d’être sur le terrain.
Nous faisons partie du vivant
Prendre conscience de ce lien, c’est aussi comprendre la nécessité de préserver la nature sauvage et les espaces qui permettent encore aux espèces de vivre. Photographier la faune sauvage et partager ces images peut ainsi contribuer à cette prise de conscience, faire connaître, transmettre une émotion et donner envie de préserver espaces et animaux.
Conclusion
Avec la photo, chaque rencontre laisse une trace et nourrit le regard porté sur le monde sauvage. C’est peut-être là que réside l’essentiel : continuer à regarder avec curiosité, émerveillement et respect.





