Numéro 3Politique & AnimauxQuestions à Monsieur Dimitri Houbron, rapporteur de la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale

Savoir Animal15 avril 20213 min

Dimitri Houblon, député de la 17e circonscription du Nord est l’un des trois rapporteurs de la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale. Cette proposition a été votée en 1ere lecture par l’Assemblée nationale le 29 janvier dernier. Dimitri Houbron attend le passage de la proposition de loi devant le Sénat, pour continuer à faire avancer la protection des animaux en France.   

Bonjour Monsieur Houbron, pourriez-vous s’il vous plait vous présenter aux lecteurs de Savoir Animal ?

Bonjour, je m’appelle Dimitri Houbron. J’ai 30 ans et je suis député de la 17e circonscription du Nord. Je fais partie du groupe Agir Ensemble à l’Assemblée nationale.

Pourquoi avez-vous accepté d’être rapporteur de cette proposition de loi ?

Ayant travaillé étroitement avec l’association Animal Cross sur la question de la  zoophilie, j’ai pu déposer une proposition de loi abordant ces sujets. Après les annonces de Barbara Pompili j’ai poussé pour que la majorité porte une loi sur cette question fondamentale de la maltraitance animale. Lorsqu’on m’a proposé d’être co-rapporteur de cette loi, je l’ai accepté avec beaucoup de plaisir mais surtout d’humilité face à la tâche.

Vous avez insisté sur le gros problème de la zoophilie, selon vous, pourquoi vos collègues n’ont pas voté ce texte dans son écriture initiale ?

J’aimerais d’abord dire combien je suis heureux de voir que ce sujet fut abordé sérieusement avec de vraies avancées. Je préfère voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. J’aurais aimé qu’on aille plus loin, que mes amendements soient votés. Je pense que des raisons du refus de mes collègues venaient principalement de la technicité de ce que nous proposions. Juridiquement les outils étaient puissants mais sans doute peu compréhensibles pour des non juristes…

Pensez-vous que les sénateurs vont aller plus loin ?

Je ne saurais pas le dire. J’espère que sur la partie zoophilie les sénateurs seront plus audacieux. Je travaille d’ailleurs avec eux pour faire aboutir mes propositions au Sénat. J’ai quelques craintes en revanche sur des choses qui pourraient être supprimées par les sénateurs comme l’interdiction de la vente en animalerie par exemple…

Ne pensez-vous pas qu’implicitement les abandons d’animaux vont être remplacés par des euthanasies ? Je pense notamment aux articles 3 bis et 4 de la proposition de loi

Je garde un peu d’espoir dans l’humanité mais je ne suis pas naïf au point de croire que des dérives ne risquent pas d’arriver. En réalité, l’acte d’euthanasie ne doit être que l’ultime recours et je pense que c’est aux vétérinaires de veiller au respect de cette règle éthique. Si des personnes en viennent à tuer leur animal, nous avons fait le choix d’augmenter les peines également. Par conséquent, un tribunal viendra sanctionner ces actes à la hauteur de leur barbarie.

On vous a vu récemment avec Stanislas Broniszewski du collectif AVA, êtes-vous prêt à initier un grand changement juridique en matière de chasse à courre ?

J’ai fait partie des premiers parlementaires signataires du RIP visant notamment à interdire les chasses dites traditionnelles dont la chasse à courre. J’ai plusieurs fois pu échanger et me rendre sur place avec des AVA et récemment avec des chasseurs à courre. La priorité est d’apaiser les tensions lors des chasses qui me laissent craindre le pire. Ce débat doit avoir lieu et je me battrai pour qu’il ait lieu. En revanche, chacun doit se respecter dans ses convictions. Je vois une forme de lâcheté dans les politiques qui refusent de débattre sur le sujet… c’est nôtre rôle de trancher des sujets sociaux aussi importants.

Dimitri Houblon, Député du Nord (17e)

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