Les débuts du collectif Abolissons la Vénerie Aujourd’hui (AVA)

Rodolphe Tréfier15 octobre 20203 min

Photo : Cédric Porcia  

L’histoire d’AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui) commence dès les premiers mois de l’année 2017 dans la région de Compiègne. La création d’AVA est la conséquence des nombreux incidents qui opposent depuis toujours les équipages de chasse à courre à la population qui était à l’époque démunie face aux puissants veneurs qui n’hésitaient pas à rentrer dans les jardins pour tuer l’animal à bout de souffle.

Au-delà de la souffrance révoltante que cette pratique inutile inflige aux animaux traqués jusqu’à l’épuisement, les raisons de s’y opposer sont nombreuses comme par exemple le danger sur les routes lors des traversées, les invasions des villages par plusieurs dizaines de 4×4 roulant à vive allure ou tout simplement l’attitude exécrable des veneurs vis-à-vis des riverains et usagers de la forêt.

C’est donc rapidement que les fondateurs se retrouvent entourés chaque mois par toujours plus d’abolitionnistes souhaitant s’organiser pour entrer en résistance face à ce jeu d’un autre temps. Pour commencer, AVA a fondé son action sur les initiatives des habitants locaux comme des pétitions, de la vigilance de voisinage, des arrêtés municipaux, des opérations de tractage, etc… Le rôle d’AVA a été de les appuyer, de les synthétiser dans un projet concret. Rapidement des personnes opposées à ce loisir d’un autre temps, se sont organisées pour suivre les chasses à courre et les filmer dans le but de montrer au plus grand nombre et au-delà des habitants des forêts que ce genre de barbarie existait toujours à notre époque.

AVA a pu diffuser des images mettant en lumière la cruauté de la vénerie comme par exemple le 21 octobre 2017 avec ce cerf tué dans la descente de garage d’un couple de retraité à Lacroix-Saint-Ouen ou alors la noyade d’un cerf le 6 janvier 2018 à Choisy-Au-Bac.

Les veneurs répondront par la violence à cette mobilisation pendant qu’AVA continuera de s’appuyer sur une charte très stricte.

Cette première saison se terminera le 31 mars 2018 par un rassemblement de plus de 1000 personnes à Compiègne pour réclamer l’abolition de la chasse à courre.

Suite à cette première saison, des antennes AVA se sont créées dans toute la France. La chasse à courre est aujourd’hui dans le débat public un des sujet central du bien-être animal, plusieurs parlementaires soutiennent des propositions de loi demandant son  abolition et le collectif AVA participe à la mise en place du Référendum d’Initiative Partagé pour les animaux. Jusqu’à l’abolition les AVA promettent de parcourir les forêts de toute la France avec leurs caméras Go Pro.

AVA France