Ces dernières semaines ont tristement illustré le rôle majeur que l’Etat, en France, joue dans l’organisation de la maltraitance animale et la persistance de ce fléau. Plus que jamais, dans l’hexagone, la maltraitance animale est systémique.
14 juillet 2026, début de matinée, il fait déjà très chaud sur Paris. La capitale et la petite couronne sont placées en vigilance rouge canicule par Météo France. Qu’à cela ne tienne, le défilé s’ébranle avec notamment deux composantes particulièrement appréciées de tous les français : la Garde Républicaine à cheval (plus d’une centaine d’équidés) et les Sapeurs-Pompiers avec leurs chiens… A l’évidence, personne ne s’est posé la question de l’opportunité de la participation de ces animaux au défilé dans des conditions aussi éprouvantes : chaleur écrasante, bitumes et pavés brulants… Le bien-être des animaux attendra manifestement des températures plus clémentes, ou pas !
Cette image représente tout un symbole.
Mais quel symbole accablant : pour la Fête Nationale, les animaux ne seront pas, une fois de plus, à la fête !
Or, en ce début de période estivale, l’Etat a multiplié les exemples de son action déterminante en matière de maltraitance animale, se posant en véritable initiateur de toutes les formes de cette maltraitance envers les animaux. Visant indistinctement animaux domestiques et d’élevage ou encore faune sauvage, l’Etat français, en 2026, semble vouloir reléguer la France au XVIIème siècle, époque où les animaux étaient considérés comme des machines et donc totalement asservis aux caprices de l’homme. La France traine en effet ce lourd passé de maltraitance dont elle ne semble pas vouloir pourtant se départir malgré les progrès des sciences. Les animaux, êtres vivants doués de sensibilité, restent pour l’Etat des objets utilitaires dont on peut donc user et abuser sans vergogne ou encore des meubles « taillables et corvéables à merci ».
Ce 16 juillet 2026, la Commission Mixte paritaire du Parlement se met d’accord sur un texte qui pourrait devenir la Loi d’Urgence Agricole, selon un projet présenté par le Gouvernement.
Pêle-mêle, ce texte tire sur tout ce qui bouge dans le règne animal :
- les loups – espèce protégée – mais présentés comme cause de tous les malheurs des éleveurs de l’hexagone, pourront être exterminés à discrétion ;
- les poules vont pouvoir être entassées dans des poulaillers géants, avec obligation de rendement maximum ;
Il est vrai que ces poulaillers géants viennent de démontrer leur rare efficacité en matière de bien-être animal. A l’occasion de la canicule qui s’est abattue ces derniers jours sur la France, pas moins de 3 millions de poules ont été tuées à cause de la chaleur dans ces poulaillers-usines ! Pas question pour autant de remettre en cause ce modèle mortifère.
Il s’en est fallu de peu que les plages de sable blond des DOM TOM ne deviennent des champs de tirs à ciel ouvert sur chiens errants, selon un amendement voté par des sénateurs et ouvertement soutenu par la Ministre de l’Agriculture.
Enfin, dernier épisode provisoirement, au mépris total des résultats d’une consultation nationale et des avis des scientifiques, on apprend que le Gouvernement s’apprêterait à publier fin juillet un nouvel arrêté, pour la période 2026-2029, organisant le massacre d’animaux sauvages, baptisés dans la terminologie administrative « ESOD », et précédemment qualifiés de nuisibles. La France est le seul pays européen à établir une telle liste de condamnés à mort.
Voilà donc sur un mois, un raccourci de l’action méthodique de l’appareil de l’Etat contre les animaux. Mais, il ne faut pas s’y tromper, ce raccourci est en réalité caractéristique d’une action de fond menée en permanence par les services de l’Etat pour assurer une maltraitance animale extrême dans tout l’hexagone.
Or, la maltraitance n’est jamais qu’une expression de violence.
Il n’existe qu’une seule violence, peu importe le sujet (homme ou animal) sur lequel elle s’exerce.
La violence serait-elle donc le modèle de société promu par l’Etat, en France, en 2026 ?
S’agissant des animaux et du traitement qu’une société soi-disant moderne leur réserve, le paroxysme de violence atteint n’est clairement plus acceptable.

Christophe Gerard
Avocat aux Barreaux de Paris et Bruxelles



