Numéro 9Culture contemporaineL’éthique animale au cœur de nos vies. Une quête de sens dans un monde en pleine mutation

Sarah Amel Delage17 octobre 20224 min

Après des études universitaires – double cursus Histoire-archéologie/Allemand, Licence d’allemand, Cours de traduction, Communication interculturelle – et l’obtention d’un Diplôme d’Ecrivain public, j’ai choisi d’allier un service d’aide à la rédaction (pour des clients souhaitant témoigner de leur histoire familiale, expériences de vie personnelles et voyages) à une activité d’auteur-conférencière à mon compte axée à la fois sur l’évolution des pratiques alimentaires, de l’éthique animale et de l’antispécisme à travers les siècles, les enjeux du véganisme contemporain, et sur les très nombreuses perceptions sensibles de l’animal dans les domaines sociologique, philosophique, spirituel, littéraire et artistique. Depuis plusieurs années, je donne des conférences agrémentées d’images, de textes, d’animations sonores et visuelles pour divers prestataires – médiathèques, associations ou privés.

Pleinement engagée dans des activités associatives écologistes (organisation de randonnées au cœur d’écosystèmes préservés, journées châtaignes-pommes) et animalistes (organisation de journées d’informations gratuites sur l’éthique animale depuis 2017, démarches bénévoles avec l’association One Voice, fondée en 1995 sous le parrainage de Théodore Monod) au cœur du terroir berrichon où je réside, j’ai pu constater une certaine prise de conscience progressive et des changements de comportements face à des traditions d’ordre alimentaire et environnemental, bien que ce soit encore relativement marginal. Et cela m’a fortement encouragée à poursuivre ces combats contre l’obscurantisme et l’exploitation inacceptable, inique et injustifiée d’êtres sentients. Mue par mon hypersensibilité, j’ai recueilli des chatons abandonnés et je suis souvent amenée à nourrir des chats errants. Quels êtres exceptionnels et surprenants, que l’on ne connaît jamais véritablement !

En 2016, je publiais un premier ouvrage intitulé Le végétarisme de l’Antiquité à nos jours. Volume I : Réflexions des penseurs grecs et romains. C’est après avoir effectué cette passionnante étude de neuf mois que je suis devenue végétalienne. Durant l’Antiquité grecque et romaine, de brillants esprits furent végétariens, souvent végétaliens. Ceci en fonction de principes éthiques, moraux, religieux, spirituels, philosophiques, diététiques, curatifs, dans une recherche d’harmonie du corps et de l’esprit. Qu’ils fussent savants, scientifiques, médecins ou philosophes, hommes de lettres, poètes, initiés, mystiques, prédicateurs, historiens et même hommes politiques, ils furent animés d’une compassion commune pour les animaux et œuvrèrent pour la défense de ces êtres vivants sacrifiés à la consommation humaine en ne les mangeant pas, en refusant de les exploiter et en encourageant chacun à les exclure de son assiette.

Les philosophes ont étudié les questions morales relatives à la mort des animaux lorsque celle-ci a une fin autre que vitale ou de légitime défense, donc lorsqu’elle ne présente aucune nécessité. Ils défendaient l’idée suivante : chaque être vivant a droit à la vie, au respect, à la bienveillance et possède une conscience, une sensibilité, une intelligence, une capacité à raisonner, à réfléchir, à analyser, à éprouver douleurs et souffrances, amour et altruisme, à nouer des liens et à s’organiser en sociétés. Parmi eux, cinq philosophes précurseurs se sont soulevés contre le meurtre et la consommation d’êtres  « animés » pour différents motifs : Pythagore au VIe siècle avant J.-C., Empédocle au Ve siècle avant J.-C., Théophraste au IIIe siècle avant J.-C., Plutarque au Ier siècle avant J.-C. et Porphyre au IVe siècle de notre ère, croyaient en la métempsycose et pensaient que les hommes se réincarnent en animaux au moment de leur mort. Ils refusaient les sacrifices sanglants d’animaux domestiques et sauvages ; ils critiquaient la chasse, symbole de barbarie, au nom de la justice et par respect du caractère sacré de la vie. Ils voyaient l’abstinence de nourritures carnées comme un symbole de sobriété, d’ascèse voire de tempérance et de maîtrise de soi. Leur combat s’inscrivait dans une quête commune : la purification du corps et de l’âme.

Cet ouvrage, fruit d’une recherche documentaire, est une synthèse des écrits et réflexions de vingt-cinq érudits de l’Antiquité étayant notre sujet d’étude : le rapport de l’homme avec les animaux et ce dans le cadre de son alimentation. Les différentes citations mises en lumière sont protéiformes. Ce sont des témoignages directs, des propos rapportés par des disciples, des doxographes et des biographes, des récits fictionnels ou des commentaires rédigés par des penseurs contemporains. Les mots-clés accompagnés d’un astérisque sont définis dans le glossaire, classés par ordre alphabétique, noms communs puis noms propres. Les textes que nous avons choisis sont une invitation à nous interroger quant à notre place sur Terre et à l’impact de nos actions, mais aussi à nous remettre en question en ce qui concerne nos modes d’alimentation et la manière dont nous traitons les animaux.

Suite à ma participation régulière aux Vegan Place parisiennes, j’ai été invitée à donner une conférence sur cet ouvrage à la Veggie Pride édition 2016. Ma toute première prise de parole en public ! Au fil du temps, divers articles ont été publiés dans des revues et sites internet spécialisés, et des exemplaires ont été acquis par des médiathèques. Il reste actuellement peu d’exemplaires à la vente… cependant une réédition est prévue, augmentée.

Mon second ouvrage publié en 2018, une Anthologie de poèmes et d’œuvres d’art du monde. Animaux et Cause animale. Volume 1, est un bestiaire richement illustré révélant la subtilité des 146 textes choisis qui mettent en lumière la fascination, la compassion et l’émerveillement qu’ont eus les poètes envers les animaux au cours des siècles, ainsi que l’esthétique des différentes représentations de l’animal dans l’art occidental et oriental, de toute époque, de tout style. Chaque œuvre d’art est le pendant fidèle du poème correspondant. Découvrez des poèmes sensibles réalistes, abstraits, humoristiques, lyriques, parfois au ton tragique, du XVe siècle à nos jours qui présentent à la fois les animaux observés dans leur milieu naturel, dépeints complices avec les humains, maltraités/consommés par ces derniers, et à la fois inaccessibles car idéalisés ou présentés comme des métaphores.

Préface du Professeur Jean-Claude NOUËT, président de La Fondation Droit Animal Ethique & Sciences. Le second volume de cette Anthologie sera très bientôt publié. A suivre… !

Contact pour tout renseignement et pour recevoir les bons de commande des livres mentionnés : sarahameldelage@gmail.com


Sarah Amel Delage
Autres articles

Ecrivain public - Biographe
Auteur et conférencière engagée en éthique animale

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