ActualitésAnimaux sauvagesL’envers de la chasse

Eddine Ariztegui4 octobre 202144 min

L’imposture : l’élevage et l’agrainage

Des millions d’animaux élevés et lâchés dans la nature chaque année pour y être chassés : une pratique parfaitement légale et un coup de maître réussi par le lobby des chasseurs, certains élevages étant subventionnés.

Dès les années 70, le nombre de sangliers à chasser a diminué. Les chasseurs ont alors obtenu, par un mélange génétique (cochon et laie), un hybride appelé cochonglier qui se reproduit beaucoup plus rapidement que le sanglier. Animaux d’élevage, ils ont depuis été massivement lâchés dans la nature pour repeupler les forêts, permettant aux chasseurs d’exercer leur activité.

Des consignes sont également données d’épargner les laies reproductrices.

La pratique de l’agrainage réalisée par les chasseurs produit 2 effets :

Promouvoir la reproduction des sangliers : avec de la nourriture toute l’année, ils sont alors plus enclins à se reproduire.

Attirer les sangliers vers les lisières de forêts, dans le but de les chasser plus facilement : généralement proches de parcelles agricoles et d’habitations, en résultent des accidents de la route ou le saccage desdites parcelles.

Le lobby de la chasse tient à maintenir la population de sangliers, et autres animaux, suffisamment élevée pour pérenniser l’activité ; faisant passer le chasseur pour l’acteur indispensable au monde agricole.

Un lobby infiltré dans les arcanes de la politique

Malgré un sondage[1] indiquant que 81% des Français n’étaient pas favorables à la chasse, ce lobby a pu faire réduire de moitié, ces dernières années, le prix du permis de chasse, rétablir l’autorisation des silencieux sur les fusils de chasse (en 2018, après 32 années de suspension et en dépit de nombreux accidents) et les chasses présidentielles. Notons également que la France compte plus de 64 espèces d’oiseaux chassables alors que la moyenne européenne est de 24.

Des consultations publiques demandent l’avis des citoyens pour autoriser ou étendre la période de chasse. Un rapport de la CNDP[2] dénonçait que le Bureau de la chasse soit en charge des consultations les plus clivantes du ministère et de la synthèse de celles-ci, et recommandait le recours à un tiers impartial !

Il convient aussi de dénoncer la position de juges et parties des chasseurs, souvent sollicités par les préfets, pour calculer le nombre d’animaux en vue d’organiser des battues auxquelles eux-mêmes, ou leurs collègues chasseurs, participent.

Doit-on interdire la chasse de loisir ? 

La chasse de loisir est totalement inutile à notre société. Elle génère de grandes souffrances animales et a des conséquences néfastes pour les cultures du fait des lâchés d’animaux.

La chasse de loisir et toutes les chasses cruelles doivent être proscrites. Parmi celles-ci nous retrouvons la vénerie sous terre, la chasse à courre, la chasse au moyen de pièges (tendelles, matoles, collets…) ou encore la chasse à la glu dont la Commission européenne a demandé l’interdiction à la France.

Qu’en est-il de la chasse de régulation ?

Nous devons ouvrir le débat sur la nécessité de réguler les animaux sauvages et mettre en œuvre, au préalable, plusieurs actions :

▪ Des lois interdisant l’élevage et le lâchage des animaux.

▪ Des lois interdisant la pratique de l’agrainage (nourris toute l’année, les animaux se reproduisent plus souvent).

 ▪ Le décompte des animaux par des scientifiques indépendants, sans lien avec les chasseurs.

▪ Réorienter les millions d’euros de subventions allouées aux chasseurs vers des protections pour les parcelles agricoles.

Une fois ces actions mises en place, il deviendrait alors possible de définir, scientifiquement et de manière non faussée, s’il est nécessaire de réguler des animaux par espèce, et comment les réguler. Nous pourrions nous inspirer des méthodes non létales pratiquées dans d’autres pays.

Qu’en est-il à Montpellier ?

Nous avons résilié les conventions d’autorisation de chasse sur les terrains municipaux. Les menaces actuelles de ravages de sangliers, mises en avant par les lobbyistes locaux, sont déconnectées des mesures que nous mettons en place pour dénoncer la chasse de loisir, pratiquée dans le cadre de ces conventions.

Le rôle des élus au pouvoir est de protéger la population qui a le droit de profiter de la nature sans mettre sa vie en péril. Par cette mesure nous y répondons. Plus de 400 Français sont morts ces dernières années à cause de la chasse. Quel autre loisir serait toléré avec un tel bilan ?


[1] Ipsos, 2018.

[2] Commission nationale du débat public.



Elu du Parti animaliste

4 commentaires

  • Roberta Giovannini

    10 octobre 2021 à 23h44

    Love animals

    Répondre

  • dede

    6 octobre 2021 à 9h06

    bravo mr ariztegui pour votre courage ,s’affronter a ce lobby n’est jamais facile , en ce qui concerne les sangliers ils ont crées un problème majeur et maintenant ils se posent comme étant la solution , comment leur faire comprendre que la nature n’a pas besoin d’eux , surtout pas d’eux; la nature n’a besoin de personne.

    Répondre

  • Pingback: L’envers de la chasse ⋆ | Michelle, l'amie des animaux

  • Soulie Marie-France

    5 octobre 2021 à 16h49

    La parcelle de terrain boisé humide, 4 ha, que m’a légué Maman va devenir réserve naturelle. Chasse interdite, en espérant que cela sera respecté.

    Répondre

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