Notre histoire : une étincelle née du terrain
Tout a commencé lorsqu’un couple de passionnés d’animaux est venu en aide à un éleveur de Cruseilles. Sa ferme était envahie par des chats qu’il nourrissait avec cœur, mais qui se reproduisaient sans cesse et subissaient une triste fin, victimes de la prédation des renards. Ne pouvant plus faire face aux coûts financiers de la nourriture, cet éleveur a lancé un appel à l’aide.
Grâce au soutien d’une association du secteur d’Annecy, une quinzaine de chats et chattes ont pu être pris en charge. Des portées ont été accueillies avec leur maman dans des familles d’accueil afin d’être sevrées en toute sécurité. Cette prise en charge, riche en apprentissages et en émotions, a donné au couple l’envie irrépressible de continuer d’agir et d’offrir une vie meilleure à ces petites créatures. Face à l’ampleur de la demande, ils ont décidé de sauter le pas : en février 2020, entourés d’autres passionnés, ils ont fondé Animatou 74, une association à but non lucratif régie par la loi de 1901.
Une aventure 100 % bénévole
Chez Animatou 74, il n’y a aucun salarié et nous ne disposons pas de structure physique en dur (comme un refuge traditionnel). Notre modèle repose intégralement sur le dévouement d’une chaîne humaine :
- Les bénévoles de terrain : sur le pont pour les trappages, le nourrissage des chats libres et les urgences.
- Les équipes administratives : qui gèrent le suivi des dossiers, la communication et la gestion au quotidien.
- Les bénévoles chargés du pôle adoption : qui veillent à ce que chaque chat trouve le foyer idéal.
- Nos familles d’accueil : le maillon essentiel qui ouvre sa maison pour recueillir, sociabiliser, soigner et choyer ces chats avant leur adoption.
Tout ce travail demande une énergie considérable et s’exécute entièrement sur notre temps personnel, en parallèle de nos vies professionnelles et familiales. Bien que cette mission soit profondément gratifiante, elle est malgré tout chronophage et requiert beaucoup d’énergie.
Mairies et associations : travailler main dans la main
Il est essentiel de rappeler que la gestion de la faune errante est une responsabilité partagée. Selon la loi (article L. 211-27 du Code rural et de la pêche maritime), le maire a la responsabilité d’assurer la salubrité publique sur le territoire de sa commune, ce qui inclut la gestion de la population des chats sans maître.
À ce titre, nous tenons à remercier chaleureusement l’ensemble des communes qui collaborent avec nous comme avec d’autres associations pour mettre en place des campagnes de stérilisation et de protection. C’est main dans la main que nous faisons avancer les choses dans le bon sens !
L’identification : une protection vitale pour nos compagnons
En France, l’identification des chats (puce électronique ou tatouage) est obligatoire (sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 750 €). Pourtant, de nombreux propriétaires ne sautent pas le pas, et certains vétérinaires nous rapportent même une réticence de la part de leur clientèle.
L’identification réserve pourtant des dénouements magnifiques : il n’est pas rare de voir des familles retrouver leur animal perdu depuis plus de 3 ans grâce à une simple puce !
Dans un registre plus sombre, lorsque nous retrouvons un chat décédé au bord de la route, l’identification est le seul moyen d’en informer sa famille. Cela permet aux propriétaires de mettre un point final à leur attente, d’arrêter de chercher en vain et de pouvoir faire leur deuil. Trop souvent encore, les chats décédés sur la voie publique sont jetés sans contrôle dans un trou par les services municipaux. Un lecteur de puce coûte entre 20 € et 30 € : un investissement minime pour une commune, mais qui change tout pour une famille dans la peine. De plus, soulignons qu’abandonner des corps dans des champs ou carrières n’est absolument pas adapté d’un point de vue environnemental et sanitaire.
Coûts vétérinaires et fiscalité : pour un cercle vertueux
Les soins vétérinaires représentent un budget immense pour les associations et les particuliers. Actuellement, les actes vétérinaires subissent le taux normal de TVA.
Un passage à une TVA réduite à 5,5 % pour les actes essentiels (l’identification et la stérilisation) constituerait une avancée majeure pour :
- Lutter efficacement contre la misère féline en rendant la stérilisation accessible au plus grand nombre.
- Éviter les portées sauvages et non désirées.
- Réduire les coûts supportés par les collectivités locales pour la gestion des proliférations.
Même si cela représenterait une recette fiscale en moins pour l’État à court terme, ce coût serait plus que compensé par les économies réalisées par les mairies et les collectivités. Moins de chats errants, c’est un budget mieux maîtrisé et un bien-être animal renforcé : un vrai cercle vertueux !
Les empreintes de coussinets dans nos cœurs : témoignage d’une famille d’accueil
Accueillir un animal chez soi, c’est lui offrir un tremplin vers le bonheur et vivre des moments forts qui marquent une vie de bénévole. Comme le résume si bien l’une de nos familles d’accueil :
« Beaucoup de chats ont croisé ma route, mais certains m’ont plus marquée que d’autres. Particulièrement les chats adultes ayant un passé difficile, qui sont parfois restés longtemps chez moi. Leur départ pour un autre foyer est toujours un moment délicat, même si l’on sait que c’est pour leur offrir une belle vie par la suite.
Je me souviens notamment de Charlie. Il vivait dans une ferme et était nourri avec des croûtes de fromage ; il était atrocement maigre. Une fois arrivé à la maison, il s’est petit à petit requinqué. En me rendant compte qu’il avait des problèmes de dents, je l’ai emmené chez le vétérinaire. Il s’est avéré qu’il en avait déjà perdu beaucoup, et le vétérinaire a dû lui retirer celles qui lui restaient car sa bouche était complètement infectée. Charlie est resté un moment avec nous : il sortait dehors avec mes autres chats et faisait sa petite vie tranquille. On me répétait que ce chat ne serait sûrement jamais sociable… Et puis un jour, il est passé à côté de moi, j’ai posé ma main sur son dos, et ça a été le déclic : il s’est mis à ronronner et à me faire plein de câlins. Il a fini par être adopté et coule aujourd’hui des jours heureux dans sa famille.
Mais celui qui m’a le plus marquée, c’est mon petit Woody. Il avait été percuté par une voiture lors d’un accident de la circulation. Quand je l’ai trappé, il avait une patte abîmée. Il a mis un peu de temps à s’apprivoiser, mais au vu de ses réactions, nous pensions qu’il avait déjà appartenu à quelqu’un. Ce n’était pas un chat “très joli”, je le reconnais, et c’est pour cela qu’il a mis 14 mois à être adopté. Mais c’était un vrai amour, d’une tendresse et d’une gentillesse infinies. Aujourd’hui encore, quand je pense à sa présence dans nos vies et à son départ, j’en ai les larmes aux yeux. Heureusement, il a été adopté par quelqu’un qui a su parfaitement le mettre à l’aise dans sa nouvelle vie, même si cela l’a un peu chamboulé au début.
Ce sont ce genre d’histoires qui me touchent le plus : des chats au parcours difficile, voire très sombre, que l’on arrive à remettre sur pied pour leur faire goûter à la douceur humaine avant qu’ils ne trouvent enfin un foyer aimant. »





