Numéro 25SolidaritéLa Louve : « Chasser les talents, protéger le vivant » : quand la chasseuse de tête se met au service de la cause animale

Mathilde Archer15 octobre 20265 min

Après plus de 12 ans à exercer en tant que chasseuse de tête dans plusieurs cabinets spécialisés, j’ai souhaité mettre mon expertise au service de la cause animale, qui me tient à cœur depuis toujours. C’est ainsi qu’est née La Louve : un cabinet de chasse de tête généraliste qui reverse 5% du chiffre d’affaires de chaque mission à des refuges et associations pour la cause animale.

J’ai grandi dans un environnement où l’exploitation animale faisait partie du quotidien, sans que personne autour de moi n’y trouve à redire.

Pour moi, manger les animaux n’a jamais été normal. J’ai toujours trouvé ça inacceptable, et c’était inné chez moi : personne dans mon entourage ne partageait cette opinion. Le père de ma meilleure amie était vétérinaire, et recueillait chez lui une véritable arche de Noé. J’ai passé énormément de temps à m’occuper d’eux avec elle, et cela m’a donné un amour extrêmement fort pour les animaux : j’ai vu à quel point ils étaient sensibles, attachants, et combien leur amour est inconditionnel.

C’est ainsi qu’est né mon engagement pour la cause animale.

Petite ironie : moi qui suis une militante convaincue contre la chasse, j’ai fini par devenir… chasseuse. De têtes, heureusement, pas d’animaux ! C’est même devenu mon clin d’œil et le slogan de La Louve : « Chasser les talents, protéger le vivant ».

La vie a fait que je suis devenue chasseuse de tête après des études de psychologie. J’ai fait un stage avec Jean-Michel Beigbeder, qui avait créé l’un des premiers cabinets de chasse de tête en France. Il m’a énormément appris et m’a transmis la passion de ce métier.

J’ai construit toute ma carrière depuis dans la chasse de tête et la recherche de profils rares, en passant par plusieurs cabinets parisiens, chacun avec ses spécificités et ses spécialités. Jusqu’à mon dernier cabinet, où j’ai évolué jusqu’à devenir directrice du pôle chasse de tête.

Mais je ne me sentais plus alignée, entre autres car le cabinet a souhaité accompagner un client en lien avec le monde de la chasse, que je ne pouvais pas accepter éthiquement.  J’ai préféré partir plutôt que de transiger sur mes valeurs. Et je dois dire que ce moment n’a fait qu’accélérer un projet que j’avais déjà en tête depuis un moment : celui d’ouvrir ma propre structure.

Je voulais pouvoir vraiment choisir le type d’entreprises avec lesquelles je travaille : des entreprises qui n’exploitent pas les animaux, ni directement ni indirectement, mais aussi des entreprises éthiques au niveau humain. Au fil de ma carrière, j’ai rencontré beaucoup de personnes brisées par le système de management actuel, et il me semblait important de proposer mes services à des entreprises éthiques, à la fois pour l’humain et pour l’animal.

J’ai un temps hésité à ouvrir mon propre refuge pour animaux abandonnés ou maltraités. Mais en me renseignant, je me suis rendu compte de la difficulté financière que rencontrent la plupart des refuges. Je me suis dit qu’il fallait d’abord consolider ces structures et aider les personnes qui y font un travail extraordinaire, plutôt que d’en créer une de plus. Peut-être que dans dix ou quinze ans, j’ouvrirai mon propre refuge. En attendant, je préfère les aider.

C’est là que l’idée de La Louve a germé : reverser une partie de mon chiffre d’affaires à ces refuges, pour leur permettre de subvenir à leurs besoins, ou simplement leur donner un coup de pouce quand ils traversent une période difficile.

Je sais qu’à mon échelle, je ne vais pas changer la face du monde. C’est une goutte d’eau dans l’océan : je peux donner un coup de pouce de temps en temps, éviter le pire à une association.

J’ai déjà noué plusieurs partenariats avec des refuges et associations. Quelques exemples de refuges et associations partenaires : L’Arche de Villemomble, le refuge GroinGroin, le refuge La Belle Vie, le refuge Les 3 Dindes, le refuge L’Arche de Ringo et l’Association Végétarienne de France.

Le but, c’est d’en ajouter encore quelques-uns. Mais je tiens à ce que ce soient de vrais refuges qui en aient vraiment besoin, plutôt que de multiplier les partenariats pour la forme.

Au quotidien, La Louve accompagne des entreprises, associations et structures publiques sur des recrutements exigeants, souvent des profils rares ou des postes de direction, en s’appuyant sur un réseau que j’ai construit patiemment et sur cette expertise de l’approche directe acquise au fil des années. Je présente chaque candidature moi-même, avec le souci de ne jamais réduire une personne uniquement à son CV.

Je veux aussi convaincre d’autres entrepreneurs et d’autres entreprises, dans d’autres secteurs, de me suivre. Le but, c’est de montrer que oui, même quand les temps sont durs, on peut reverser une partie de son chiffre d’affaires tout en continuant à vivre de son activité, et ainsi aider un maximum de refuges et d’associations qui font un travail exceptionnel.

Mon objectif est simple : faire grandir La Louve tout en gardant cette cohérence entre mon métier et mes valeurs. Continuer à accompagner des entreprises qui ont du sens, élargir le cercle des refuges et associations soutenus, et prouver, mission après mission, qu’on peut être exigeant sur les résultats sans jamais transiger sur ce en quoi on croit.


Mathilde Archer
Site Web | Autres articles

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.