Alors que le Salon international de l’Agriculture (SIA), à Paris, bat son plein, le Comité de liaison biterrois pour l’abolition de la corrida (COLBAC) dénonce le maintien, pour la quatrième année consécutive, de démonstrations de « toreo de salon » au sein de l’événement.
Depuis 2023, des toreros réalisent au Salon des démonstrations de gestuelle de la corrida (avec cape et cornes, mais sans animaux) et se tiennent à la disposition du public et des médias. Par sa notoriété et sa forte médiatisation, le SIA offre une visibilité nationale et internationale à la corrida, une situation que nous jugeons inadmissible.
Une direction désormais pleinement informée
En 2025, le COLBAC a engagé une campagne pour demander la fin de cette promotion de la corrida dans un événement dédié à l’agriculture.
Après une large mobilisation citoyenne, la directrice du Salon, Madame Valérie Le Roy, a pris contact avec notre association. Un rendez-vous officiel s’est tenu le 2 avril 2025 au siège du Comexposium, en présence du COLBAC et de CAP – Convergence Animaux Politique.
À cette occasion, nous avons remis un dossier complet et argumenté démontrant notamment :
- la réalité de la souffrance infligée aux taureaux à des fins de spectacle ;
- le fait que la corrida relève juridiquement d’« actes de cruauté et sévices graves envers un animal » selon l’article 521-1 du Code pénal ;
- que l’élevage du taureau de corrida a pour finalité les spectacles tauromachiques et non la production alimentaire ;
- que les démonstrations au SIA relèvent d’animations soumises à autorisation (selon le règlement) et peuvent donc être refusées par l’organisateur.
Pour Sophie Maffre-Baugé, présidente du COLBAC : « La corrida n’est pas une activité comme les autres : c’est une pratique pénalement répréhensible. Elle n’a pas sa place au SIA. »
Un maintien assumé malgré nos alertes
Dans un esprit de dialogue, nous avions accepté de ne pas médiatiser nos échanges dans l’attente de la décision du SIA, Madame Valérie Le Roy nous ayant indiqué que le sujet serait examiné lors d’une réunion du comité de pilotage.
En juillet 2025, la direction du Salon a finalement confirmé le maintien des démonstrations.
Pour le COLBAC, la situation est désormais claire : la direction du SIA ne peut plus dire qu’elle ne savait pas. Elle choisit de maintenir la promotion de la corrida – qualifiée d’ « actes de cruauté et sévices graves » par le Code pénal – en toute connaissance de cause.
Les toreros ont d’ores et déjà annoncé leur présence dans la semaine.
Une incohérence avec les engagements du salon
La SIA affirme pourtant promouvoir le bien-être animal à travers sa charte “SIA’ttitude”.
Cette position est profondément contradictoire. La mise en scène symbolique de la corrida- même sans animal- participe à la banalisation d’un spectacle fondé sur des actes de violence délibérément infligés à un bovin.
Cette interrogations sur l’indépendance du salon
Le président du SIA, Jérôme Despey, est également président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, vice-président de la FNSEA et proche de Robert Margé, éleveur de taureaux près de Béziers et organisateur de corridas.
Dans ce contexte, le COLBAC s’interroge sur l’indépendance du Salon et dénonce une décision qui sert, de fait, les intérêts du milieu taurin.
Le COLBAC appelle à la mobilisation
Face à ce choix assumé de la direction du Salon, le COLBAC appelle les citoyens, les organisations el les responsables publics à interpeller les organisateurs du Salon international de l’Agriculture afin que cesse la promotion de la corrida dans cet événement majeur du monde agricole.

Sophie Maffre-Baugé
Présidente de l'association Colbac










