ActualitésAnimaux domestiquesGestion des arènes de Béziers : l’aveu d’un échec. Le COLBAC réagit aux propos de Robert Ménard

Sophie Maffre-Baugé8 février 20263 min

Échec de la gestion des arènes de Béziers par BETARRA, hypothèse d’une organisation des corridas en régie municipale : le COLBAC réagit aux propos de Robert Ménard dans  l’interview qu’il a accordée au Midi Libre, ce samedi 7 février 2026.

Les arènes de Béziers pourraient et devraient accueillir une programmation culturelle variée, bénéfique à l’économie locale et attractive pour l’ensemble de la population biterroise. Or, le maire en a confié la gestion à BETARRA, entreprise privée organisatrice de corridas. Cette gestion est un échec, les comptes de BETARRA étant toujours déficitaires. BETARRA ne parvient pas à développer ni à diversifier l’activité des arènes, ce qui était l’ambition affichée.

Pour tenter de sauver les corridas, le maire évoque leur possible organisation en régie municipale afin de les soustraire à la TVA.
Autrement dit : faire porter aux contribuables biterrois le coût direct de l’organisation de corridas déficitaires — acheter des taureaux, rémunérer des toreros, absorber les pertes, le tout avec l’argent public !

C’est d’autant plus scandaleux que les corridas n’intéressent qu’un public biterrois très restreint. En 2020, Robert Ménard lui-même affirmait : « L’aficion biterroise, c’est 300 personnes ».

Le COLBAC rappelle qu’un récent rapport de la Cour des comptes met en lumière l’absence de retombées économiques démontrées de la corrida pour la collectivités.

Les propos du maire posent par ailleurs un grave problème démocratique. En déclarant qu’il n’abandonnera « ni le rugby ni la tauromachie, n’en déplaise à leurs ennemis », il qualifie de fait comme « ennemis » les citoyens opposés à la corrida.

Être opposé à la corrida est une opinion légitime, légale et largement partagée. Les personnes qui s’y opposent ne sont ni des adversaires de la ville ni des ennemis de quiconque : ce sont des citoyens, des administrés et des contribuables à part entière, exerçant un droit légitime d’expression dans le débat public.

La démocratie locale suppose le respect du pluralisme des opinions. La contestation de la corrida ne peut être disqualifiée par des qualificatifs clivants ou insultants (« ennemis », « pingouins », « pisse-froid », « emmerdeurs », etc.) profondément inappropriés dans la bouche d’un élu de la République.

Le COLBAC appelle le maire de Béziers à mesurer la portée de ses propos, à respecter l’ensemble des concitoyens quelles que soient leurs convictions au sujet de la tauromachie espagnole, et à garantir une utilisation responsable de l’argent public. Dans un contexte de contraintes budgétaires pour les collectivités, chaque euro doit relever de l’intérêt général, et non de l’acharnement à maintenir une pratique coûteuse, cruelle et controversée.

Crédit photo : COLBAC


Sophie Maffre-Baugé
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Présidente de l'association Colbac

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