L’association ÉTATS SAUVAGES lance un appel au financement citoyen pour soustraire un isolat exceptionnel du Haut-Jura à une exploitation forestière imminente.
L’association de protection de la biodiversité ÉTATS SAUVAGES lance une campagne de financement participatif afin d’acquérir et de sanctuariser définitivement une parcelle de 11,7 hectares de forêt nichée au cœur du massif du Haut-Jura. Elle fait appel aux donateurs pour acquérir et sanctuariser un site exceptionnel dans le cadre du projet Jura Sauvage.
Située au sein d’un territoire de plus en plus morcelé par les infrastructures et les activités humaines, cette forêt d’altitude constitue un isolat de biodiversité indispensable à la faune montagnarde.
Un sanctuaire écologique d’altitude au relief karstique
Suspendu entre 850 et 1 100 mètres d’altitude, ce site escarpé au relief karstique et au climat rigoureux constitue un véritable sanctuaire écologique naturellement préservé des pressions humaines. Sa futaie ancienne, dominée par le mélange du Sapin pectiné, de l’Épicéa et du Hêtre, abrite une flore exceptionnelle à l’image de la Buxbaumie verte, une mousse protégée au niveau européen et strictement inféodée au bois mort. Cet écrin forestier très humide sert également de refuge à un cortège faunistique d’une valeur patrimoniale inestimable, abritant notamment le Lynx boréal, le Chamois, plusieurs espèces de chiroptères d’intérêt européen ainsi que le Grand Tétras, un galliforme en déclin critique particulièrement sensible au dérangement.
Pourquoi sanctuariser nos forêts en libre-évolution ?
La France abrite dans ses forêts 20 % des espèces menacées d’Europe, et leur disparition s’accélère sous l’effet conjugué du changement climatique et des modes d’exploitation intensifs. Façonnés et rationalisés par l’humain, la majorité des massifs forestiers n’offrent plus qu’une place infime au sauvage.
Laissées en libre-évolution, nos forêts sont pourtant plus résilientes et capables de mieux se défendre face aux menaces actuelles (sécheresse, maladies, incendies). Autre fait important : un quart de la biodiversité forestière dépend des vieux arbres et du bois mort pour survivre. Si la mise en place d’îlots de vieux bois progresse en forêt publique, ce n’est pas une approche valorisée en forêt privée. Ces dernières représentent pourtant les trois-quarts du domaine forestier français, constituant un espace de protection hautement stratégique.
Mécanisme de la campagne : chaque euro citoyen sera doublé
Actuellement mise en vente, cette forêt est directement convoitée par un exploitant forestier local dont le projet est d’y réaliser la coupe du peuplement présent depuis plusieurs décennies. Pour contrer cette menace et préserver ce bien commun précieux, l’objectif est de réunir 30 000 €. Par l’intermédiaire d’une campagne de crowdfunding soutenue par le fonds Fraternité pour Demain qui met en œuvre un dispositif d’abondement : 1 € donné = 2 € reversés au projet, dans la limite de 10 000 € collectés. Les dons récoltés permettront de réaliser l’achat des parcelles, d’honorer les frais de notaire et surtout, d’imaginer un autre avenir pour cette forêt sauvage.
Par le soutien des donateurs, l’association ETATS SAUVAGES pourra acquérir une neuvième forêt au sein de son projet Forêt Sauvage et mettre en place une nouvelle réserve. Via le mécanisme de la réduction d’impôt, 66 % d’un don de particulier et 60 % d’un don d’entreprise est défiscalisable.
Lien de la campagne : https://fraternitepourdemain.org/crowdfunding/public/jura-sauvage
A propos de L’association ÉTATS SAUVAGES
Fondée en juillet 2019 et reconnue d’intérêt général, l’association ÉTATS SAUVAGES est un collectif citoyen qui œuvre pour la préservation de la biodiversité en France métropolitaine et le renforcement des liens positifs entre l’humanité et la nature. Mêlant vulgarisation scientifique et actions de terrain, l’association a mené en près de 7 ans des campagnes de sensibilisation qui ont touché plus de 95 000 personnes.
Son action phare repose sur l’acquisition de parcelles forestières privées pour les sanctuariser en libre-évolution. Depuis 2021, l’association a acquis plus de 63 ha dans le Cantal, les Vosges, la Normandie, l’Aveyron, l’Hérault, les Deux-Sèvres et l’Ile-de-France. 8 réserves forestières pour le vivant ont ainsi déjà été créées depuis le lancement du projet. Le projet Jura Sauvage ambitionne de devenir la 9e réserve de ce réseau d’ilots de sénescence en pleine expansion.





5 commentaires
Balanche
29 juin 2026 à 7h25
Bonjour
Pour s engager il serait bon de connaître le numéro de la parcelle cadastrale et la commune. 30 000 euros pour 11 ha c est vraiment peu. J aimerais me rendre compte du potentiel environnemental de cette parcelle.
Mb
Sam
28 juin 2026 à 8h22
J’habite à côté du Risoux. Comme vous le dites vous même, le changement climatique va inexorablement détruire la biodiversité.
Les hommes gérants la forêt du Risoux, de leur côté, ne sont pas devenus fous en coupant depuis maintenant deux ans de grandes quantités de bois: c’est l’explosion de la présence du bostrich qui assèche mortellement mais inexorablement les arbres qui impose une telle campagne d’abbatage.
Vous considérez qu’il vaut mieux préserver ces arbres secs sur pied ? Ok. Donc si un incendie venait à se produire, vous serez donc présents pour venir l’éteindre, financer les propriétaires qui auront perdus leurs biens, et compter le nombre d’animaux morts qui n’auront ou s’échapper…
Vouloir préserver la nature, je suis tout à fait d’accord avec ça.
Se donner bonne conscience en créant des projets contreproductifs n’apportera rien de plus qu’ennuyer les habitants locaux…
Ah oui, et de les mettre à accessoirement en danger si un incendie de grande ampleur venait à surgir.
Ducret Pascal
29 juin 2026 à 16h08
C’est tellement bien dit👏
Gaston F.
26 juin 2026 à 14h45
encore un désastre annoncé…
A chaque fois qu’un lieu veut être “sanctuarisé”, c’est la biodiversité qui disparait. Les exemples ne manquent pas, le dernier en date : en Espagne où un territoire a été coupé de l’activité humaine, résultat: surpopulation de sanglier et destruction total de toute la petite faune au sol, des oiseaux nichant au sol, etc.
L’intention est louable mais les méthodes sont déconnectées, on nous vend une belle histoire, de promesses qui n’ont jamais été tenue (Valfanjousse, château de verdon,..) et au passage on vous prend un peu d’argent!
La protection de la faune passe obligatoirement par de l’activité humaine qui régule, aménage, entretien.
Anguenot
27 juin 2026 à 14h51
Ne seriez vous pas chasseurs par hazard ?