Pourquoi j’ai rejoint le collectif Abolissons la Vénerie Aujourd’hui

Laura15 octobre 20203 min

Photo : Cédric Porcia 

Déjà petite, je subissais la Vénerie qui venait me terroriser devant chez moi ou chez mes voisins, sur la route le samedi sur le trajet qui me rendait au centre d’équitation… jusqu’à me faire pleurer de tristesse avant de me rendre sur mon lieu de travail. Je me rappelle encore de ces images, surtout de celle d’un cerf apeuré et prit au piège dans un jardin entouré de chiens de vénerie, je voulais descendre de la voiture pour le sauver mais j’étais malheureusement impuissante.

C’est ce sentiment d’impuissance depuis plusieurs années que je comble aujourd’hui en étant membre du collectif AVA. Dans ce collectif, je m’y retrouve complétement par la volonté de stopper définitivement la Vénerie avec une approche totalement pacifiste. J’ai rencontré des personnes formidables qui comprennent ce que je ressens et toutes ces personnes m’ont beaucoup apporté.

Mes impressions sur le terrain

Nous ne sommes pas les biens venus je peux le comprendre, mais est-ce vraiment utile de nous insulter et de nous menacer ? Voire d’en venir à la violence physique ? Après tout, je n’ai pas vraiment été surprise, la chasse à courre pour moi est cruelle, ceux qui la pratique ne peuvent qu’être ainsi.

Mon rôle sur le terrain ? Suivre la chasse à courre, filmer ce qui s’y passe pour informer les citoyens français, intervenir si les chiens vont sur la route (ce qui arrivent à chaque fois), soutenir les habitants qui eux aussi n’en peuvent plus et aimeraient retrouver la paix autour de chez eux, les informer de leurs droits et les aider.

Pour ma part, à chaque fois, je vois ce sentiment d’impuissance dans leurs yeux et j’aurai aimé moi aussi qu’on me rassure, que l’on m’aide et que l’on me soutienne quand j’en avais besoin à l’époque.

Notre rôle n’est absolument pas d’entraver la chasse à courre, de violenter les chasseurs, leurs chiens et leurs chevaux… d’ailleurs une charte AVA a été mise en place car nous accueillons toutes les personnes qui souhaitent soutenir cette cause de prêt ou de loin, ceux qui veulent venir sur le terrain sont briefés avec beaucoup de sérieux. Le collectif AVA rappel à chaque fois à ses membres que nous sommes un mouvement pacifiste.

Être au milieu de cette chasse d’un autre temps… Oui d’un autre temps, le temps où l’humain ignorait que toutes les espèces animales étaient dotés de sentiments similaires. Aujourd’hui il y a une réelle prise de conscience et ces chasseurs la nient totalement. C’est dur évidemment d’être au milieu de scènes de tortures, je contiens mes larmes, je veux paraître forte, je ne veux pas montrer ma faiblesse mais au fond de moi je hurle de douleur. Cela doit cesser, nous ne pouvons pas faire comme si rien ne se passait dans nos forêts.

Parfois, je croise des familles le samedi, ils sont sur le chemin des chiens et des cavaliers. Ils sont déçus de ne pas pouvoir se balader tranquillement dans la forêt, profiter de la nature, de la sérénité et du calme. Nous sommes là aussi pour les informer et les aider, ces familles, qui travaillent la semaine et qui ne peuvent même pas prétendre à une simple balade en forêt.

Pour terminer, je voulais revenir sur la scène qui s’est passé à Compiègne le samedi 19 septembre de cette année, nous sommes arrivés les premiers devant le cerf écroulé sur le trottoir entouré des chiens de Vénerie… si AVA n’avait pas été là, peut-être que ce cerf aurait été abattu sur le trottoir à la vue de tous, y compris des enfants comme cela a été le cas en cas 2017 à Lacroix-Saint-Ouen. Pour tous ces dires, je suis fière de faire partie du collectif AVA et viendra le jour où nous réussirons tous ensemble à abolir la chasse à courre.

Militante du collectif Abolissons la Vénerie Aujourd’hui