ActualitésPlus dure sera la chute…

Claire Starozinski28 décembre 202072 min

En France et en Espagne, la tauromachie rencontre une crise sans précédent avec l’annulation de la quasi-totalité des ferias.  On le sait, depuis plusieurs années, la fréquentation des arènes est en baisse constante.

En 2019, le quotidien El País revenait sur le rendez-vous estival du Pays basque espagnol et évoquait Bilbao comme « une prestigieuse feria taurine, victime de l’abandon et de la lassitude ». En d’autres termes, quelque 4 000 spectateurs sont perdus chaque année.

Avec plus d’un million de visiteurs, la municipalité nîmoise se dit satisfaite de la fréquentation de la feria. Elle y voit un succès populaire dû aux animations proposées hors corridas, avec un bémol de taille : la baisse du public des arènes. Jugez plutôt : jusqu’en 2013, pour la Pentecôte, il y avait 9 corridas, puis 8 en 2014, et 7 depuis 2015.

En 2020, la Covid-19 a précipité la chute, privant les aficionados de la quasi-totalité des corridas. Les ferias ont été annulées et les mois phares de la saison (août et septembre) ont été marqués par l’absence de corridas, hormis dans 15 villes, au lieu de 62 habituellement. Même les jauges restreintes n’ont pas empêché la fuite des spectateurs. La première corrida des Vendanges, à Nîmes, a été un fiasco. Avec un quota de 5 000 personnes, les gradins contenaient moins de 3 000 amateurs de festivités sanglantes !

Le marasme s’est également fait sentir chez les éleveurs, contraints de conserver leurs charges fixes pour nourrir leurs bêtes, entretenir leurs terres et payer le personnel. Les abattoirs n’ont jamais autant fait fortune avec des centaines de taureaux sacrifiés au prix de la viande, c’est-à-dire 10 % de leur prix initial. Pour venir en aide aux éleveurs de taureaux et de chevaux de Camargue, le Conseil régional d’Occitanie a mis en place une aide mensuelle de 2 500 € par manade et 1 000 € pour un élevage de chevaux.

Aussitôt, les clubs taurins et l’adjoint nîmois à la tauromachie ont exigé la même subvention pour les « éleveurs de taureaux de combat et entreprises de chevaux de picadors, acteurs vitaux de nos traditions ». Sans sourciller, Carole Delga, présidente de la Région, a précisé que les fonds concernaient uniquement les élevages camarguais, et non pas les corridas, au grand dam du mundillo.

La tauromachie rencontre une crise sans précédent. Avec l’évolution de la pandémie et le manque de visibilité pour 2021, les lendemains s’annoncent douloureux pour nos adversaires.

D’autant que l’Assemblée nationale nous donne une occasion unique de pouvoir enfin engager un débat officiel sur la corrida dans l’Hémicycle et faire abolir la barbarie des arènes… Le site, mis en place par l’Administration, nécessite que les signatures soient authentifiées par un dispositif fiable, sinon n’importe qui pourrait signer plusieurs fois.

Or, beaucoup ne mesurent pas la portée de cette démarche et rechignent à utiliser le dispositif sécurisé FranceConnect. Pourtant le risque est nul, contrairement à n’importe quelle autre plate-forme. Sans un soutien massif, nous n’atteindrons jamais le nombre suffisant de signatures. Nous devrons alors attendre encore de longues années avant de voir la corrida abolie…

Claire Starozinski
Site Web | Autres articles

Présidente de l’Alliance Anticorrida

7 commentaires

  • Francine Cordier

    7 janvier 2021 à 11h47

    Cette pratique est basée sur la lâcheté et le sadisme. C’est une horreur totale qui banalise la torture gratuite. Elle doit être immédiatement arrêtée

    Répondre

  • SAPIA

    29 décembre 2020 à 23h07

    Torturer, malmener, priver de soins et/ou nourriture sont des délits et injustices sur toute la planète. Comment peut-on laisser des groupes de gens le faire et le regarder impunément ? Aucune dérogation ne doit être tolérée à la pratique de ces actes immondes.

    Répondre

  • DEVOS Mary

    29 décembre 2020 à 22h19

    Il faut supprimer toutes les corridas en France et en Espagne. Cettte boucherie ignoble sur des animaux sans défence et en plus quand les corridas y mettent aussi des pauvres chevaux dans le circuit dont on a bouché les oreilles afin que ceux n’entendent rien, mis du produit dans les yeux afin qu’ils aillent au combat sans méfiance.
    IL FAUT QUE CELA S’ARRETE. LA SOCIETE DOIT PROGRESSER ET ARRETER LES BARBARIES DES SOIT DISANTES TRADITIONS. L’ETRE HUMAIN DOIT AVOIR PLUS DE RESPECT ENVERS LES ANIMAUX.

    Répondre

  • Yvoz

    29 décembre 2020 à 11h30

    Stop au massacre

    Répondre

  • Anxe

    28 décembre 2020 à 23h30

    Il fut une époque ou des hommes étaient jetés aux lions, ou l’on applaudissait lors de combats de gladiateurs, ou des femmes que l’on disait des sorcières étaient brûlées sur un bûcher, ou l’on exécutait des gens publiquement… Il faut abandonner les traditions barbares afin que la société progresse. StopCorrida-StopSpécisme

    Répondre

  • BERROUIGAT MYRIAM

    28 décembre 2020 à 10h30

    C’est une tradition atroce et barbare

    Répondre

  • Sibille

    28 décembre 2020 à 6h59

    Il faut quecela s arrête !!!!!!!!

    Répondre

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.