Numéro 23Animaux apprivoisés ou tenus en captivitéJungleVet Guyane : soigner, relâcher, et défendre une éthique de la faune sauvage en Guyane

Junglevet Guyane15 avril 20265 min

JungleVet Guyane est un centre de soins pour la faune sauvage, indépendant, bénévole et à but non lucratif, engagé depuis 2018 dans la prise en charge d’animaux sauvages blessés, affaiblis ou en détresse sur l’ensemble du territoire guyanais.

L’association a été fondée par Amandine Saïd, professeure, et Thomas Groues, vétérinaire, deux passionnés de faune sauvage confrontés à un constat alarmant concernant la prise en charge des animaux en Guyane. Face aux carences existantes et aux dérives observées sur le terrain, ils ont choisi d’agir et de proposer des solutions concrètes et éthiques, avec un objectif clair : sauver, soigner et, surtout, relâcher les animaux dans leur milieu naturel.

À une époque où la notion de « conservation » est parfois réduite à une faune maintenue derrière des vitres, JungleVet a fait le choix de remettre l’animal au centre de toute décision, en défendant une conservation qui se joue avant tout sur le terrain, au plus près des individus et de leurs habitats.

Chaque prise en charge est guidée par une pensée simple : l’animal est considéré comme un individu, un être vivant à part entière, et non comme une espèce utile, visible, prioritaire ou non.

Les actions menées n’ont de sens que si elles servent la vie sauvage et, lorsque cela est possible, le retour à la liberté.

Depuis sa création, JungleVet Guyane a pris en charge plus de 1 400 animaux sauvages.

Du pian au puma, aucune hiérarchisation n’existe dans les prises en charge : chaque vie compte, indépendamment de son « statut », de sa « rareté » ou de « l’intérêt » qu’elle pourrait représenter en captivité. L’objectif premier demeure la liberté et le retour à la vie sauvage, et non une conservation d’apparence, déconnectée du vivant et de son milieu naturel.

Lorsque le retour à la liberté est définitivement compromis, le travail ne s’arrête pas.

Dans la continuité éthique de cet engagement, une partie refuge a été créée : Jungle K’tish. Ce refuge, lui aussi à but non lucratif et entièrement bénévole, accueille des animaux sauvages non relâchables, pour lesquels un retour à la vie sauvage n’est plus possible. Ce site, intégralement dédié aux animaux, n’accueille pas de visiteurs, ne réalise pas d’échanges, achats ou ventes d’animaux sauvages. Les individus accueillis ont déjà trop souffert de l’activité humaine et méritent une vie paisible.

Le nom Jungle, qui revient dans le nom des deux associations, n’a pas été choisi au hasard. Il est un hommage à une loutre néotropicale, victime d’un système où, trop souvent, les animaux passent après les intérêts des hommes. Son histoire incarne ce que ces deux associations refusent : que la captivité, l’exploitation ou l’indifférence deviennent des destins ordinaires.

JungleVet Guyane et Jungle K’tish existent pour que d’autres animaux n’aient pas ce destin.

Au-delà du soin, JungleVet Guyane s’engage activement pour faire évoluer le cadre administratif et réglementaire de la protection de la faune sauvage en Guyane, dans un contexte où le trafic d’animaux sauvages ne cesse de s’intensifier.

Territoire français d’Amérique du Sud, la Guyane abrite une biodiversité parmi les plus riches au monde, avec une faune terrestre et aquatique d’une diversité exceptionnelle. Cette richesse en fait un département particulièrement exposé au commerce illégal de la faune sauvage.

Sur le terrain, il est régulièrement constaté des failles dans la prise en charge institutionnelle, des confusions entre les rôles des différentes structures, ainsi que des fusions et stratégies de communication trompeuses qui entretiennent l’ambiguïté entre soin, refuge et exposition, et ouvrent la porte à des dérives inacceptables.

Ces pratiques ne placent pas l’intérêt de l’animal au premier plan. Face à ces dérives, JungleVet Guyane a fait le choix assumé de ne pas se taire, de sensibiliser et d’alerter.

L’association assume pleinement un rôle de veille, de sensibilisation et de dénonciation, lorsque les pratiques observées s’éloignent des principes éthiques, de la réglementation et des objectifs réels de protection du vivant.

Sensibiliser le public, alerter les autorités compétentes et interpeller les acteurs concernés fait partie intégrante de l’engagement de JungleVet Guyane. Parce que protéger la faune sauvage, ce n’est pas seulement soigner les conséquences, mais aussi s’attaquer aux causes.

À travers JungleVet Guyane et Jungle K’tish s’affirme une approche exigeante et cohérente de la protection de la faune sauvage, fondée sur l’éthique, la responsabilité et la transparence.

Dans un territoire où la biodiversité est exceptionnelle mais particulièrement exposée aux pressions humaines et au trafic, ces structures rappellent que la protection du vivant ne peut reposer sur des effets d’annonce ou des solutions de façade.

Soutenir JungleVet Guyane et Jungle K’tish, c’est agir concrètement pour la protection de la faune sauvage en Guyane. En suivant les associations sur les réseaux sociaux, chacun peut mieux comprendre les actions menées sur le terrain, relayer les messages de sensibilisation et participer à faire évoluer les pratiques. Chaque soutien, chaque partage et chaque regard porté sur le travail accompli contribuent à défendre une approche éthique, indépendante et respectueuse du vivant, pour que les générations futures puissent continuer à observer la faune sauvage dans son milieu naturel et pas uniquement derrière des vitres.


Junglevet Guyane
Site Web |  Autres articles

Centre de soin pour la faune sauvage

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Nous vous suggérons