Elections régionales : questions posées à Guillaume Prevel, Parti animaliste

Savoir Animal14 juin 202115 min

Guillaume Prevel est délégué régional Ile-de-France du Parti animaliste, candidat aux élections régionales des 20 et 27 juin 2021 sur la liste « Pouvoir vivre en Ile-De-France »

Vous êtes impliqué depuis plusieurs années dans le combat animaliste, d’où vous est venu cet engagement pour les animaux ?

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été entouré d’animaux, chiens, chats, colombe, et même lapins. Tous ces animaux sont entrés dans ma vie suite à des cas de maltraitance ou par l’intermédiaire de personnes qui ne pouvaient ou ne souhaitaient plus s’occuper de leur animal de compagnie. Hormis une colombe que mes sœurs avaient trouvée sous une voiture après le passage d’un cirque dans ma commune, tous mes compagnons furent des animaux à quatre pattes. Les aimer a été naturel pour moi car je vivais avec eux et nous avons grandi ensemble.

Je suis devenu végétarien à l’âge de 15 ans quand j’ai compris que mon alimentation était la source d’une souffrance, cela a été un déclic, du jour au lendemain j’ai cessé de manger des animaux.

Mon engagement a ensuite été surtout associatif et j’ai commencé progressivement le militantisme actif au tout début des années 2010, quelques années après la création de l’association L214.

L’engagement politique quant à lui, est venu beaucoup plus tard car je ne me retrouvais dans aucun parti politique, tant la question animale était absente de leur programme, se limitant souvent dans le meilleur des cas, à quelques lignes aux contours flous.

Justement pourquoi faites-vous de la politique ?

Rien de bien naturel pour moi, j’étais très loin de m’engager en politique et d’être candidat un jour, mais le destin en a décidé autrement et je le prends aujourd’hui comme un devoir. La naissance du Parti animaliste en 2016, auquel j’ai adhéré immédiatement, a été pour moi une  sorte de révélation, car je me suis dit qu’enfin la question animale allait être défendue sur le terrain politique et que grâce à cet outil nous allions pouvoir porter les revendications des associations animalistes et faire évoluer plus rapidement les lois qui touchent le monde animal.

De fait, je me suis porté candidat en 2017 aux élections législatives pour le Parti animaliste dans la 12 ème circonscription des Hauts-de-Seine. J’ai été agréablement surpris de l’accueil qui m’a été fait. Les électeurs attendaient un parti centré sur la cause animale et ma conviction a été alors renforcée, il fallait continuer à peser sur le débat politique, afin d’obliger les autres partis politiques à se saisir de ces questions.

En 2019, le score « surprise » et historique du Parti animaliste aux élections européennes a marqué un tournant, et les autres partis politiques ont commencé à nous prendre au sérieux et ont compris qu’il fallait dorénavant compter avec nous et avec la cause animale.

Pourquoi vous présentez-vous aux élections régionales ?

Notre présence à ces élections est une véritable chance pour faire avancer la cause animale au niveau régional. Ne pas être candidat aurait été à mon sens une erreur, il nous faut être présent pour donner de la visibilité à la question animale. Si nous obtenons la victoire, nous obtiendrons une délégation à la condition animale grâce à laquelle nous comptons agir durablement sur toutes les problématiques qui se rapportent à la cause animale.

Que pensez-vous apporter en cas d’élection pour le bien-être animal en Ile-de-France ?

Dès le début de la mandature, par exemple, nous instaurons pour tous, au moins une fois par semaine des repas végétariens/végétaliens dans tous les lycées franciliens avec une option végétalienne quotidienne. Notre objectif est de parvenir à deux repas végétariens/végétaliens par semaine à la mi-mandat. Cette démarche sera accompagnée d’explications auprès des élèves afin de les sensibiliser sur le caractère éthique et durable du végétarisme.

Nous arrêterons également toutes les subventions directes et indirectes et de promotion aux spectacles générateurs de souffrances envers les animaux, comme les cirques ou les montreur d’ours par exemple.

Afin de protéger les animaux sauvages nous développerons et soutiendrons un réseau de centres de soins dans toute la région, nous subventionnerons également les associations de protection animale et un budget conséquent leur sera attribué annuellement. Pour garantir la sécurité des citoyens et des animaux nous résilierons les autorisations de chasse sur les terres appartenant à la région.

L’aménagement du territoire est aussi une occasion d’agir, les régions étant en charge du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SDRIF), dont les transports font parties. Pour favoriser la migration naturelle des animaux sauvages, les infrastructures devront respecter la migration des animaux (installations anti-électrocution, corridor écologique, crapauducs…)

Soutenez-vous toutes les associations de protection animale ?

A titre personnel, j’aurais tendance à dire oui, mais je ne les connais pas toutes dans le détail et je me limiterais donc à celles dont je me sens proche ou dont les revendications se rapprochent des nôtres. L214, Paris Animaux Zoopolis, One voice sont des associations avec lesquelles nous travaillons régulièrement. Nos combats se rejoignent et le monde associatif est intimement lié à la politique, nous nous retrouvons d’ailleurs régulièrement sur le terrain, lors de manifestations. Les associations nous interpellent et pointent notre regard sur des problématiques précises, que nous portons ensuite sur le terrain politique, c’est un travail en commun vers le même objectif, améliorer le sort des animaux.

Vous appuyez-vous sur les associations pour vous faire une opinion ?

Les associations sont des lanceurs d’alerte, leur expertise, leur compétence est une aide importante pour nous éclairer sur certains points, sur beaucoup de sujets elles m’ont apporté des informations sur des problématiques que je ne connaissais pas ou peu. Je  les écoute, et me renseigne de mon côté pour compléter mes connaissances sur des sujets spécifiques. Notre travail est complémentaire car nous portons la voix des sans voix.

Guillaume Prevel

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Photo © Enrico Eusebi

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La rédaction - Savoir Animal

Il y a un commentaire

  • Noëlle CHORON

    7 juillet 2021 à 17h19

    L’intérêt pour la cause animale me surprend toujours avec bonheur, tant j’ai connu l’indifférence dans ce domaine. Je viens de découvrir Guillaume Prevel et lui souhaite le succès.
    Pour ma part, je suis vieille et trop malade pour militer. Néanmoins scientifique de très bon niveau, j’ai soutenu la cause animale en demandant la limitation de l’expérimentation animale en tant que Secrétaire Générale pendant 18 ans, puis Présidente éphémère d’une association en Ile de France. Cela étant dit uniquement pour entretenir le moral des défenseurs de la cause animale : il existe une armée de l’ombre, loin d’être farfelue.
    Indépendamment de cela, l’amitié -durable- avec des animaux m’a beaucoup apporté dans des moments difficiles tels que le divorce ou la maladie.
    Bon courage donc à une génération qui prend la relève !

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