ActualitésAnimaux sauvagesDéplacer un problème ne résout rien !

CAP Loup27 juillet 20263 min

Le 10 mai dernier, en Seine-Maritime, des chasseurs avaient trouvé une louve capturée dans un piège à renards. A la demande des Jeunes Agriculteurs et malgré l’indignation des Associations de Protection de la Nature, l’Etat décidait de relâcher quelques jours après l’animal équipé d’un collier GPS sur l’Arc Alpin. La semaine dernière, cette louve a été tuée par un lieutenant de louveterie, dans le cadre d’un tir de défense autorisé par l’Etat, alors qu’elle n’avait causé aucun dommage aux élevages.

A l’époque, le relâcher de cette louve issue d’un croisement génétique italo-alpin et germano-polonais, une rareté dans notre pays, nous avait imposé de réagir :

En toute illégalité, l’État transplante une louve d’un département à un autre…

En effet, l’Etat allait ne pas suivre la voix du bon sens et encore plier sous la force de lobbyings agricoles par une absurdité écologique ; quand on connaît un tant soit peu la biologie de l’espèce.

Equipée d’un collier GPS par les agents de l’Office Français de la Biodiversité, afin de mieux comprendre ses déplacements et ses agissements, la louve avait donc été transplantée dans la Drôme le 14 mai. Cette pratique aurait au moins eu l’avantage d’apporter d’autres connaissances scientifiques sur le comportement des loups. Cependant, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (à nouveau…), levaient leurs boucliers pour s’insurger contre cette décision, et réclamaient l’abattage de l’animal. Ils déposaient une plainte contre l’Etat afin de « dénoncer cet acte, considéré comme irresponsable ». Dans la nuit du 16 au 17 juillet dernier, cette louve a été finalement tuée dans le cadre de la protection des troupeaux, et sous autorisation préfectorale, par un tir de défense dans le département des Alpes de Haute-Provence.

Dans un article publié dans La Provence ce dimanche 19 juillet, l’OFB apporte des précisions sur les dernières semaines de cette louve après son relâché. Elle avait parcouru près de 500 kilomètres, explorant 4 départements (la Drôme, l’Isère, les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence). Elle « s’était principalement nourrie de proies sauvages, notamment de jeunes cervidés, de chevreuils, de jeunes sangliers et de renards. »

L’OFB déclare que « Les données collectées grâce au collier de suivi mettaient en évidence une bonne capacité d’adaptation de l’animal, et confirmaient l’absence d’impact sur les activités d’élevage. » Précisant que « durant toute la période de suivi, la louve n’avait causé aucun dommage aux élevages. »

Après une aberration écologique, nous sommes devant une aberration politique.

Au départ, l’Etat a fait le choix d’écouter et de satisfaire un syndicat agricole minoritaire, les Jenes Agriculyeurs, en déplaçant ce qu’il considérait être « un problème ». La sagesse, et le courage, aurait été de vouloir le résoudre en tenant des positions fermes et logiques de porter encore et toujours la cohabitation apaisée, aussi par la protection affirmée des troupeaux ! Le tir, lui, ne peut être que le signe cuisant d’un échec collectif !

Cette louve aurait dû être relâchée à l’endroit de sa capture, afin qu’elle poursuive son existence dans le territoire qu’elle avait naturellement choisi.

Les Associations de Protection de la Nature réunies au sein de Cap Loup envisagent de déposer une plainte contre l’Etat pour « destruction d’une espèce protégée ».

Photo d’illustration – Crédit : Patrice Raydelet


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