Le GRAAL (Groupement de Réflexion et d’Action pour l’Animal) est l’association française qui a créé en 2005 le concept de réhabilitation des animaux de laboratoire. Suite à la diffusion du rapport en réponse au bilan de la concertation préalable, élaboré par le CNRS sur le projet lié au centre de primatologie[1], l’association a décidé de dénoncer ce projet, déjà critiqué par de nombreuses instances et associations dont le COMETS[2], le propre comité d’éthique du CNRS.
Une tribune pour la réhabilitation de ces animaux
En effet, elle désire dans cette tribune[3] mettre en avant un volet de cette étude largement laissé dans l’ombre : la retraite de ces primates non-humains qui, quoique notifiée dans le rapport du CNRS, n’y est pas prise en compte de façon cohérente. Cet agrandissement verra sans doute le jour malgré les nombreuses oppositions, mais le futur s’annonce sombre pour ces animaux qui ne bénéficieront certainement pas d’une retraite bien méritée après l’expérimentation. Et si le GRAAL monte ainsi au créneau pour dénoncer ce fait, c’est en constatant que son travail de réhabilitation est cité par le CNRS, alors même que l’association n’a pas été consultée pour la retraite de ces animaux.
Or la retraite d’un animal de laboratoire ne s’improvise pas, notamment concernant les primates non-humains : les lieux d’accueil sont rares, les démarches administratives lourdes, et surtout cette retraite à un coût. Le GRAAL estime à 60 millions d’euros le coût global de la retraite des 1800 individus prévus par ce nouveau centre, une base de calcul tirée de ses réhabilitations déjà réalisées (180 primates en 20 ans).
Certes le centre se propose « d’offrir une retraite » dans leurs propres locaux à certains de ces animaux, mais la vie de ces derniers ne sera guère améliorée par rapport aux conditions de détention pendant les procédures, et, surtout, les mêmes limites d’accueil et de coûts y seront rencontrées. Nulle part dans ce projet n’apparaît une estimation de ces coûts et encore moins l’ébauche d’un financement.
Ce projet interpelle d’autant plus que d’autres pays européens diminuent l’utilisation des primates non humains dans l’esprit des 3 R, au contraire de la France.
Des propositions concrètes
Alors quelles solutions pour financer ces futures retraites de primates et plus largement la retraite de tous les animaux de laboratoire ? Car la charge financière pèse sur les structures d’accueil le plus souvent exclusivement ainsi que sur les associations.
Le Graal, par le biais de cette tribune, demande que des décisions fortes soient prises à cet effet :
- qu’un fonds national soit créé et dédié à la retraite des animaux de laboratoire
- que chaque démarche de financement d’une procédure inclue un volet budgétaire, associé à une énonciation claire du nombre d’animaux éligibles à la réhabilitation
- et enfin que l’animal de laboratoire acquière un statut légal d’animal de travail, eu égard « aux services rendus » sans son consentement…
Le regard de la société change et est en demande de clarté devant l’expérimentation animale. Il est grand temps d’accompagner ce changement, ce n’est qu’une question d’éthique et de respect de la vie.
[1]https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2026-02/ROU%20CNP_R%C3%A9ponse%20CNRS%20bilan%20garant%20CNDP.pdf
[2]https://comite-ethique.cnrs.fr/avis-du-comets-utilisation-danimaux-a-des-fins-scientifiques-questions-ethiques-et-recommandations/
[3]https://www.graal-defenseanimale.org/2026/06/01/humains-non-humains-une-retraite-pour-tous/
Crédit photo ©Les Terres de Nataé

Association GRAAL
Réhabilitations d'animaux issus de laboratoires






