ActualitésPolitique & AnimauxSandra Krief : « Le temps de la condition animale est venu »

Amandine Zirah9 juin 20225 min

Conseillère municipale de Grenoble et candidate pour le Parti animaliste aux élections législatives, Sandra Krief s’est dite déterminée à porter ses idées à l’Assemblée nationale. Pour « Savoir-Animal », elle rappelle l’importance de faire porter la condition animale en politique.

Vous vous présentez aux élections législatives dans la 3e circonscription de l’Isère pour le Parti animaliste. Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous engager ?

La condition animale est la lutte sociale la plus oubliée voire la plus dénigrée en France. Au total, 577 députés vont être élus et mon rôle est de défendre la condition animale au niveau national comme je le fais localement. Cette thématique mobilise et émeut tout le monde.

Le Parti animaliste est transpartisan. Il promeut une évolution de société avec des valeurs universelles qui ne sont ni de droite ni de gauche et qui appartiennent à tout l’échiquier politique. Il n’existerait pas si tous les partis politiques s’étaient honnêtement emparés de la condition animale. Nous avons un moyen d’action très important au niveau législatif. Nous devons avancer et c’est pour cela que je me présente. J’y crois.

Quel bilan tirez-vous du dernier quinquennat ?

Il n’y a eu aucune avancée sincère et réelle, simplement beaucoup de promesses. Le gouvernement mis en place aujourd’hui s’annonce encore pire pour la condition animale. Le ministre nommé à l’Agriculture est chasseur et a, d’entrée de jeu, alloué 400 millions d’euros à la filière de l’élevage. Aucun secrétariat d’État ni de ministère consacré à la condition animale n’a été créé. Toutes les mesures les plus urgentes à porter à ce sujet ne seront pas prises en compte pendant ce mandat. Et ce, malgré les attentes grandissantes. Au total, 80% des Français attendent de réelles avancées, qu’ils soient animalistes ou pas, et le gouvernement continue de faire la sourde oreille.

Le Parti animaliste présente cette année 421 candidats dans toute la France alors qu’elle en comptait 147 lors des législatives de 2017. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

Le nombre de candidats a évolué en même temps que le nombre d’adhérents. Comme disait Gandhi, on n’arrête pas une idée dont le temps est venu et le temps de la condition animale est enfin venu. L’urgence est de faire porter la condition animale en politique et de façon sérieuse. Faire sauter le poids des lobbys à coups de pied-de-biche ne sera pas simple mais il ne faut pas lâcher. Nous n’en sommes qu’aux prémisses.

Chaque minute, c’est 2 400 animaux qui sont égorgés. C’est une aberration au niveau éthique, écologique et sanitaire. Ce n’est pas trop tard pour revenir en arrière malgré les milliards de morts qu’on aura provoqués. La population va changer d’elle-même sa façon de consommer. L’information est aussi très importante. Je crois vraiment en la médiatisation de la cause animale, c’est cela qui sauvera les animaux. Il faut continuer à en parler. D’ici quelques dizaines d’années, ce sera une vieille histoire.

Je suis optimiste. Pour preuve, le score qu’on avait obtenu lors des législatives 2017 était déjà très important malgré le manque de financement et le peu de médiatisation de notre parti. Aux européennes, le Parti animaliste avait également recueilli un chiffre plus que respectable, 2,2% des voix.

Si vous êtes élue députée, quelles sont les grandes thématiques pour lesquelles vous vous battrez bec et ongles ? Quels sont celles au cœur de vos priorités ?

Au total, trois millions d’animaux terrestres sont abattus chaque jour. Si je suis à l’Assemblée nationale, je travaillerai à l’abolition de l’élevage intensif avec interdiction immédiate d’extension des élevages existants. Et d’ici 2027, à la réduction de la production des protéines animales de 50% avec bien sûr, un accompagnement des éleveurs et des agriculteurs pour une végétalisation des terrains agricoles. J’œuvrerai également à abolir la chasse et la corrida. Enfin, je souhaiterais que les personnes âgées ne soient plus séparées de leur compagnon de vie lorsqu’elles entrent en Ehpad. C’est une aberration. Les animaux, souvent trop vieux ou malades, ne seront donc plus abandonnés et ne finiront pas dans les fourrières ou euthanasiés. J’y travaille au niveau local, je sais que c’est faisable.

Ce sera également l’occasion de parler de la crise hydrique qui se profile. Pour rappel, il faut 7 000 litres d’eau pour produire une entrecôte. Nous sommes portés sur la condition animale mais nous faisons aussi de l’écologie, peut-être plus que les autres partis politiques.

Qu’avez-vous envie de dire à celles et ceux qui n’ont pas encore fait leur choix ou qui comptent s’abstenir de voter ? Quel est le message que vous souhaitez faire passer ?

Je suis la candidate de la condition animale à 100 %. C’est l’ADN de ma formation politique. Notre programme y est consacré entièrement. Il faut que la population nous permette d’exister pour porter la voix des animaux. Ne soyons pas dupes. Les autres formations politiques ne le feront pas avec la ferveur et la sincérité de notre parti politique. J’ai un réel doute sur la véracité de leurs propos et sur les mesurettes qu’ils envisagent de porter. C’est purement électoraliste.

Il faut vraiment se mobiliser. Il faut oser, se jeter à l’eau et nous faire confiance. Les élections législatives sont l’occasion pour toutes les personnes qui attendent des évolutions de transformer leurs paroles en actes. Nous sommes les seuls à pouvoir porter la condition animale au niveau politique.


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Amandine Zirah
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