Le 17 octobre 2026, un nouveau Salon du chiot doit se dérouler à Saint-Etienne. Dénoncés par l’ensemble des acteurs de la protection animale qui refusent cette marchandisation des animaux alors que les refuges débordent et refusent des prises en charge – faute de place et de moyens financiers –, ces salons foisonnent sur le territoire français. Achats impulsifs, ventes insensées, facilités de paiement, certificats d’engagement signés par Internet : tous les signaux sont au rouge pour conduire à des drames pour les animaux.

Naissance d’un projet
Le 18 octobre 2025, un Salon du chiot se tient au Parc des Expositions de Saint-Etienne. Dès 14 heures, une soixantaine de militants se met en place, issus de onze structures qui se sont retrouvées pour informer le public sur les implications de ces salons. Les tractages vont se poursuivre pendant tout l’après-midi aux abords du bâtiment et sur le boulevard d’où arrive le public. En fin de journée, un petit groupe se retrouve autour d’un café. Au cours des discussions, plusieurs personnes évoquent l’idée de créer un contre-événement pour mettre en avant les laissés pour compte qui languissent dans les refuges ainsi que tous ceux qui prennent soin d’eux et répondent à leurs urgences, parfois vitales. L’idée du Salon de l’adoption vient de naître.
De l’idée à la mise en œuvre
Le projet est gardé au chaud dans les esprits et dès l’élection du nouveau maire de Saint-Etienne, Régis Juanico, la mairie est interpellée sur ce sujet. La réponse est sans détour : la municipalité s’oppose aux Salons du chiot et sa position est identique à celle des associations de défense des animaux. Dès octobre 2025, des élus d’opposition – aujourd’hui dans la majorité – avaient déposé deux questions écrites sur le sujet lors d’un Conseil municipal. Dans la capitale du Forez, la programmation du Parc des Expositions est confiée à un prestataire externe par le biais d’une délégation de service public (D.S.P.) signée par l’ancienne équipe municipale. Pour le Salon de l’adoption, la mairie est donc sollicitée pour un partenariat. Une réponse positive est apportée en quelques jours et la Ville se met à la disposition des associations sur le plan logistique pendant qu’élus et services municipaux se mobilisent pour passer au peigne fin le contrat de D.S.P. Plusieurs rendez-vous ont lieu avec la municipalité pour organiser l’événement et faire le point sur les avancées des travaux juridiques auxquels les associations apportent leur contribution. Enfin, le jeudi 17 septembre 2026, le nouveau maire de Saint-Etienne annonce publiquement que le Salon du chiot 2026 sera la dernière édition stéphanoise. Clap de fin.
Un travail de l’ombre fondamental
Une victoire remportée pour les animaux prend davantage de temps qu’une publication sur les réseaux sociaux. C’est le fruit de centaines d’heures de travail réalisées par des gens de l’ombre qui fournissent l’essentiel du résultat. Parallèlement aux échanges avec la mairie, un travail de fourmi se réalise pour contacter les associations, les conférenciers, les artistes et les commerçants qui viendront animer le salon. Une vingtaine de personnes s’activent régulièrement pour bâtir cet événement : un travail silencieux fondamental qui s’étale sur des mois pour que, le temps d’une journée, les invisibles soient mis en lumière. Invisible, le chien qui désespère de trouver un foyer caressant. Invisible, le chat qui traine la misère de son abandon dans les recoins d’une cave sordide. Invisible, le lapin abandonné à côté des poubelles qui finira sous les crocs d’un chien. Invisibles, les bénévoles pour qui temps libre signifie plonger dans la détresse des animaux. Pendant ce temps, les Salons du chiot poursuivent leur tour de France sous les projecteurs de leurs campagnes de communication. Le législateur est attendu pour mettre un terme au consumérisme appliqué aux animaux.

Catherine Martin
Co-présidente de l'association Agora



