ActualitésAnimaux domestiquesRespect de l’animal : un devoir de civilisation et d’éducation

Chantal Girot29 août 20255 min

Les 30 et 31 août 2025, se déroulera une course de vaches landaises dans le cadre d’activités intervillages de plusieurs communes de Haute-Saône et du Territoire de Belfort, organisées par la commune d’Errevet (70).

Un titre racoleur, à connotation grossière, ridiculisant l’animal.

L’affiche « Les vachettes en folie », nous présente un paysan d’humeur folâtre, tout sourire, chapeau de paille et tenue de couleur verte, courant, visiblement en compétition, légèrement décalé, avec une vache au regard hagard, dans un décor bucolique.

Nous pourrions pousser plus loin l’analyse lorsque l’on sait que l’expression « être en folie » signifie « être en chaleur, réclamer le mâle… »

Présentation d’un goût douteux !

– Le transport d’animaux par un producteur de spectacles de courses landaises provenant de Saint-Martin de Hynx (40) à Errevet (70) soit une distance entre les deux départements de 989 kilomètres, ajoutée au confinement, à la fatigue et au stress d’un long voyage,

– Un divertissement exigé de ces animaux, face à des humains se livrant à des sauts et des écarts, forçant la vache à un combat qu’elle n’a pas choisi,

– Une mise en lumière de toreros, par l’instrumentalisation de l’animal mettant en avant la domination de l’homme sur l’animal.

La loi du 16 février 2015, consacre le statut d’être vivant doué de sensibilité à l’animal, transposé dans le code civil à l’article 515-14.

Dans le sport violent et suranné, qu’est la course landaise, l’animal est malmené, il est difficile de concevoir que sa sensibilité soit prise en considération.

Comment peut-on affirmer par ailleurs, que l’animal s’amuse, personne ne peut penser à sa place à moins de considération anthropomorphique.

Revenons sur l’article 521-1 du code pénal.

Premier alinéa : « Le fait sans nécessité, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende »

L’article dispose en son alinéa 4 : « Lorsque les faits ont entraîné la mort de l’animal, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende. »

Ainsi, la vache née de taureau de combat, dans une course landaise n’est pas mise à mort dans l’arène , mais ce n’est pas pour autant qu’elle ne subit pas des actes de cruauté.

Qu’est-ce que la cruauté et où commence -t-elle ?

Revenons maintenant sur l’expression « courses de taureaux » telle qu’évoquée dans ledit article de loi à l’alinéa 11 :

« Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. »

Même si l’expression « course de taureaux » signifie en espagnol corrida, dans le droit français l’expression employée est bien course de taureaux .

Seuls sont autorisés à cette pratique, les départements où il y a tradition locale ininterrompue

En conséquence, d’une part, les différentes pratiques tauromachiques existantes sont susceptibles de commettre des actes cruels envers les animaux qu’ils utilisent pour des spectacles. Ainsi, l’article précité s’applique à tout ce qui se nomme « course de taureaux », y compris les courses landaises , cette pratique qualifiée de sport, n’étant qu’un avatar de corrida, sans mise à mort. D’autres part, et si l’on s’en tient au texte de loi dans sa forme, les courses de taureaux représentent un délit dans notre région et sont soumises à des sanctions pénales.

Que vont devenir ces vaches lorsqu’elles ne seront plus productives dans l’arène ?

Soit elles iront directement à l’abattoir ,

Soit, et dans le meilleur des cas, elles deviendront à l’âge adulte de futures reproductrices de taureaux de combat.

Savez-vous comment sont sélectionnées les bonnes reproductrices ?

Elles sont testées dans l’arène pour leur agressivité et leur combativité . Si elles ne donnent pas satisfaction elles vont directement à l’abattoir.

Jusqu’à leur dernier souffle, exploitées , après avoir servi à la gloire de l’humain.

A l’heure où la sensibilisation au respect de l’animal est rendue obligatoire dans les établissements d’enseignement, par la loi du 30 novembre 2021, quelle honte et quel paradoxe pour les communes concernées, complices d’une telle exploitation ! Quel bel exemple de brutalité à donner aux enfants qui seront présents à ce spectacle, avec leur famille, à quelques jours de la rentrée scolaire.

Le lien vers la pétition est ici


Chantal Girot
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Co-fondatrice et Présidente de D.A.B.
Titulaire du D.U de droit animalier de l’Université de Limoges

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