ActualitésAnimaux domestiquesLe calvaire de Riya devant la Justice

Coeur sur Pattes25 janvier 20269 min

Ce vendredi 23 janvier 2026, notre association ainsi que nos homologues parties civiles ont porté la voix de Riya devant le Tribunal correctionnel de Saint-Etienne. C’est la première fois que sa souffrance a été au centre des débats. A l’ouverture de l’audience, l’avocat de Mme N., accusée de maltraitance et de sévices graves sur Riya, demande que l’irrecevabilité de la plainte soit prononcée. Elle relate la course contre la montre pour contacter la propriétaire – injoignable – et emmener la chienne chez un vétérinaire. Elle termine par la lecture des souffrances de Riya décrites par un certificat vétérinaire : prolapsus vaginal, abattement, déshydratation etc. Elle souligne les auto-mutilations que Riya s’est infligées. Mme N. a été absente 19 heures et ne s’est pas aperçue de la disparition de Riya. Prévenante, elle dit néanmoins avoir laissé une litière pour que Riya fasse ses besoins. Mme N. réfute toute maltraitance. En effet, ses chiens sont identifiés ; or, ceux qui maltraitent leurs animaux ne les font pas identifier. En l’espèce, aucune proposition de remboursement des frais engagés pour la vie de Riya n’a été faite par Mme N., seul un torrent de dépôts de plaintes s’est abattu sur Diane. L’avocat de Mme N. demande donc 5 000 € de dommages-intérêts pour celle-ci, en affirmant que c’est Diane « qui a commis des actes de cruauté sur ce chien. Le verdict est attendu le 16 février 2026 à 13 h 30.

Vendredi 23 janvier 2026, notre association ainsi que nos homologues parties civiles ont porté la voix de Riya devant le Tribunal correctionnel de Saint-Etienne. C’est la première fois que sa souffrance a été au centre des débats. Pour rappel, Diane, notre présidente, a été condamnée en première instance puis en appel pour vol de chien alors que sans son intervention, la jeune chienne serait aujourd’hui décédée. Un pourvoi en Cassation est en cours.

A l’ouverture de l’audience, l’avocat de Mme N., accusée de maltraitance et de sévices graves sur Riya, demande que l’irrecevabilité de la plainte soit prononcée. Selon lui, deux imprécisions justifient l’annulation pure et simple du procès ; imprécision sur la date des faits et imprécision sur le lieu où ceux-ci ont été commis. Il invoque ensuite un « mélange de reproches » qui conduirait la prévenue à méconnaitre la raison de sa présence devant Madame la Juge. Enfin, il conteste non seulement la recevabilité de notre association à se porter partie civile – notamment au regard de nos statuts – mais il avance également que Diane ne serait pas la présidente de Cœur sur Pattes.

Maitre Beal-Cizeron, qui intervient à nos côtés depuis le début de l’affaire, prend alors la parole et conteste point par point les arguments soulevés par son confrère. Elle appuie tout d’abord son propos par les certificats vétérinaires fournis qui attestent de l’état de Riya lors de son sauvetage puis balaie l’argument selon lequel Madame N. ne comprendrait pas ce qui la conduit devant le Tribunal correctionnel. En effet, la prévenue a fait l’objet de plusieurs convocations au cours desquelles elle a dû s’expliquer sur l’état de Riya. Elle souligne que la maltraitance et les actes de cruauté sont corrélés avant de démontrer que les parties civiles sont fondées à intervenir dans ce procès pour défendre Riya. Les pièces administratives fournies attestent que Diane est bien la présidente de Cœur sur Pattes. La demande d’irrecevabilité et de nullité est versée au dossier. Cependant, Maitre Béal-Cizeron fait savoir au Tribunal qu’elle « n’apprécie pas la démarche intellectuelle de son collègue ».

L’audience s’ouvre sur le rappel des faits par Madame la Présidente du Tribunal correctionnel. Elle revient sur le funeste jour où Riya est trouvée par Diane dans un local à poubelles. Elle relate la course contre la montre pour contacter la propriétaire – injoignable – et emmener la chienne chez un vétérinaire. Elle termine par la lecture des souffrances de Riya décrites par un certificat vétérinaire : prolapsus vaginal, abattement, déshydratation etc. Elle souligne les auto-mutilations que Riya s’est infligées.

Madame la Juge veut entendre la prévenue. Mme N. est mère de famille, sans emploi. Elle indique avoir eu plusieurs chiens et affirme ne les avoir fait reproduire que trois fois en dix ans. Combien de chiots ? Elle ne sait pas vraiment si c’est dix ou treize. Elle dit « avoir droit » à ce que sa chienne ait une portée de chiots par an. Elle affirme ne pas avoir d’élevage et souligne que ses chiens sont inscrits au LOF[1]. A la question du Tribunal qui lui demande de s’expliquer sur les faits, elle explique avoir sorti Riya de son enclos pour la mettre dans le garage, et puis finalement non, ce n’est pas un garage mais une salle de jeux située au sous-sol de la maison. Elle constate le prolapsus, applique de la vaseline puis quitte son domicile à 17 heures, ce samedi 8 avril 2023. C’est l’appel de Cœur sur Pattes, le lendemain vers midi, qui lui apprendra que son chien n’est plus là où elle l’avait laissé mais se trouve pris en charge par un vétérinaire après avoir été récupéré dans un local à poubelles. C’est tout. Le traitement à partir de vaseline doit être appliqué toutes les trois heures. Mme N. a été absente 19 heures et ne s’est pas aperçue de la disparition de Riya. Prévenante, elle dit néanmoins avoir laissé une litière pour que Riya fasse ses besoins. Nous rappelons que Riya est un chien. Comment explique-t-elle l’état de déshydratation et l’auto-mutilation ? « On ne peut pas tout savoir », avance-t-elle, avant d’ajouter qu’elle s’était rendue au chevet de son père qui rencontrait un problème de santé. Madame la Juge la renvoie à sa responsabilité sur Riya : il lui appartenait de s’assurer de la santé de sa chienne et de répondre à ses besoins en dépit des circonstances. Mme N. réfute toute maltraitance. En effet, ses chiens sont identifiés ; or, ceux qui maltraitent leurs animaux ne les font pas identifier. Comme chacun le sait. En outre, elle serait titulaire de l’ACACED[2]. Elle dit ne plus avoir d’animaux actuellement, un de ses chien est décédé et elle a confié l’autre à sa sœur car elle va déménager et ne peut plus s’en occuper. Elle veut pourtant récupérer Riya. Son discours est souvent virulent, parfois impoli et Madame la Juge la reprend plusieurs fois pour lui rappeler la tenue qu’elle se doit d’avoir au sein d’un tribunal.

Maitre Béal-Cizeron interroge Mme N. : « Qui est Noka ? » Elle ne sait pas. L’avocate s’étonne alors que ce chien soit identifié à son nom et lui rappelle qu’il est le géniteur de 107 chiots. La prévenue répond alors du tac-au-tac qu’il s’agit d’inséminations. Précision curieuse pour celle qui la minute d’avant ne voyait pas de qui il s’agissait. Notre conseil poursuit en questionnant sur le tarif des chiots vendus et s’étonne que la photo de Riya apparaisse à plusieurs reprises sur Internet pour la vente de chiots mais avec des numéros d’identification différents. Elle demande ensuite à Mme N. qui est M. S. qui répond qu’il s’agit d’une personne avec qui elle s’est associée dans le cadre des gestations de sa chienne. L’avocate revient sur la visite de la SPA, en juillet 2022, à la suite d’un signalement qui fait état de cages disposées au sous-sol et mentionne la présence de nombreux chiots et de chiens adultes en mauvais état.

A l’issue des questions à la prévenue, Maitre Béal-Cizeron entame sa plaidoirie. Ce week-end de Pâques du 9 avril 2023, Riya est laissée seule pendant 19 heures alors qu’elle souffre d’un prolapsus. Ce week-end prolongé correspond à la date d’anniversaire de Mme N. et elle avance l’hypothèse que celle-ci est partie s’amuser pour le fêter en laissant sa chienne enfermée sans aide alors qu’elle est en souffrance – elle émet des doutes sur l’hospitalisation du père de Mme N. dont il n’y a aucune trace. Elle doute également du fait que Riya ait été enfermée au sous-sol : elle pense que la chienne a été laissée dehors et qu’elle s’est enfuie. Qui aurait pris soin de Riya si Diane n’était pas intervenue à la suite d’un SOS lancé sur les réseaux sociaux ? En ce week-end de Pâques, Diane a abandonné activités familiales et loisirs pour secourir Riya et lui sauver la vie. Maitre Béal-Cizeron décrit la souffrance, l’intense détresse de Riya, que de nombreuses personnes ont tenté d’approcher. Sans succès. C’est Diane qui y parviendra, à force de paroles rassurantes et de gestes doux. Elle renvoie Madame la Juge aux photos de Riya prises ce jour-là, difficilement regardables : « S’il y a la vue, il n’y a pas l’odeur » pestilentielle en raison du prolapsus infecté. Elle fait état de l’acharnement de Mme N. envers notre présidente qui a pour objectif de se poser en victime pour masquer la maltraitance envers Riya. Une personne sincère et de bonne foi aurait remercié Diane d’avoir sauvé la vie de son chien. En l’espèce, aucune proposition de remboursement des frais engagés pour la vie de Riya n’a été faite par Mme N., seul un torrent de dépôts de plaintes s’est abattu sur Diane. Enfin, elle revient sur l’absence d’enquête de la part du Parquet et sur le rapport de la SPA qui a signalé Mme N. à la DDPP[3] pour qu’une enquête soit également ouverte au niveau préfectoral. L’enquête n’a jamais été ouverte. La SPA de Saint-Etienne a également sollicité l’aide de la gendarmerie.

Maitre Béal-Cizeron demande le remboursement des frais engagés pour Riya par Cœur sur Pattes. Ils s’élèvent à 8 000 €. Elle demande également que Riya soit confiée à notre association et qu’une interdiction définitive de détenir un animal soit prononcée à l’encontre de Mme N.

L’avocate de la SPA nationale, partie civile, s’inscrit dans la plaidoirie de notre avocate. Elle considère que Mme N. est incapable de s’occuper d’un animal et d’assurer son bien-être. Elle demande la saisie des animaux que détiendrait toujours Mme N. et que l’interdiction définitive d’en détenir soit prononcée à son encontre. Au titre des dommages-intérêts, elle demande 2 000 € pour le préjudice subi.

Puisque le Parquet fait savoir qu’il se rangera à la décision de Madame la Juge, il n’y aura pas de réquisitoire. On passe donc directement à l’avocat de Mme N. pour le mot de la fin. Il renvoie à l’absence de qualification des faits et demande d’emblée un classement sans suite : « On ne démontre rien ». Puis, il lance une salve d’arguments ad hominem à l’endroit de notre présidente. Elle a l’habitude, nous aussi. Elle se serait « approprié ce chien » et s’emploierait à « faire des vues sur les réseaux sociaux » pour « faire pleurer et financer ses procédures ». Elle « manipule pour instrumentaliser » et tenterait de « jeter en pâture Mme N. » En toute logique, il demande donc 5 000 € de dommages-intérêts pour celle-ci, en affirmant que c’est Diane « qui a commis des actes de cruauté sur ce chien ». Comprenne qui pourra.

Verdict le 16 février 2026 à 13 h 30.


[1] Livre des Origines Françaises, pour les chiens de race dont la généalogie est confirmée.

[2] ACACED : Attestation de Connaissance pour les Animaux de Compagnie et d’Espèces Domestiques.

[3] DDPP : Direction Départementale de la Protection des Populations, service de l’Etat en charge notamment de la protection des animaux.


Coeur sur Pattes
Autres articles

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.